un samedi avec elle
Ca, c'était le matin...
Peu après nous avons déjeuné dans une véranda baignée de lumière et qui nous offrait le spectacle des dernières feuilles d'automne que le vent emportait. Et puis il y a eu une longue et savoureuse sieste à deux. Enfin la finalisation du grand sapin de bambou, celui qui a pris place dans le salon, et aussi la confetion de tout ce qu'on va lui accrocher aux branches. Avec tout ça on a presque laissé filer l'heure du bain... Il a fallu courir joyeusement après le défilé des routines du soir pour les rattraper, une par une. Jusqu'à arriver devant la traditionnelle histoire, et qu'elle choisisse encore l'imagier français-occitan. Je désigne les images, elle les nomme, et j'ai pour consigne d'applaudir mais doucement, sans faire de bruit, parce qu'à l'heure du coucher, on modère nos débordements d'enthousiasme. Surtout les siens, hein. Je crois qu'elle est en train, mine de rien, de m'apprendre sa deuxième langue.
Et voilà que demain approche. Je feuillette les photos de notre presque-passé, organisant la maison pour le prochain lever. Regardant bien chaque trace du jour au milieu du vaste bazar qu'elle a consciencieusement semé. Comme pour en garder une impression figée sur la rétine, pour les autres jours. Ceux où la fatigue, où les désaccords, où la grisaille... On a connu ce soleil-là et j'espère que c'est sous ses auspices qu'on va continuer de vivre.
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