Mardi 20 mars 2007
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18:32
Aujourd'hui, tout s'est déroulé comme si nous travaillions tous les deux, l'Homme des bois et moi, à l'extérieur du foyer : lui en stage, moi en atelier.
C'est la première fois que cela nous arrive depuis ma reprise d'études fin 2005 (pour 4 mois de suivi des cours).
J'avais organisé au préalable la garde de ma fille : journées complètes à l'école, repas à la cantine. Je l'avais préparée à ça aussi (revenir pour la sieste à l'école - la 'antine c'est son rêve absolu, pas besoin de plus de préparation que ça ;) ).
2 jours par semaine pendant quelques temps, cela permet une acclimatation en douceur à un rythme de travail.
(Pensais-je innocemment.)
Premier jour : on m'apprend hier que l'institutrice de ma fille est malade, pour toute la semaine. Qu'elle ne sera remplacée que lundi après-midi et jeudi matin.
Le reste du temps, les enfants sont mis devant la télévision (vous lisez bien).
Bien sûr, nous avons choisi une autre solution et donc attendu le soir et le retour de l'Homme (et de la voiture) pour traverser le département et poser notre fille à ma mère, puis revenir à la maison pour enfin dîner avant de tomber de fatigue.
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Je suppose que les parents qui travaillent sourient tristement en me lisant. Je suppose que c'est leur galère quotidienne que je décris.
Je revois aussi la mine compatissante de ceux qui suivent l'atelier avec moi. Des hommes et femmes occupant précédemment des postes de cadres. A 70h par semaine, en moyenne. A la question "Comment avez-vous fait ?", il m'a été répondu, en vrac :
C'est ma femme qui a élevé les enfants.
Deux mariages, deux divorces.
Ma fille hurlait les jours où elle me voyait rentrer du travail : elle ne me reconnaissait pas.
Un jour j'en ai eu marre, j'ai pris 1 an de congé sabbatique pour pouvoir connaître mes enfants.
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L'Homme des bois et moi sommes deux travailleurs qui aiment ça : participer à notre façon (la plus "propre" possible) à l'édifice de la société, donner, recevoir, mettre en oeuvre, construire, rencontrer, suivre, finaliser, essayer, proposer, recommencer...
Mais depuis Mamzelle, nous nous sommes rendus à l'évidence : ce système parque les enfants (c'est-à-dire son avenir) dans des conditions inadaptées à leurs besoins les plus élémentaires : séparations précoces, collectivités bondées, service public-sévice public (désolée, j'apparente l'enfermement de 30 enfants de moins de 5 ans dans une classe devant une télé, à de la maltraitance).
Je vous assure que lorsqu'elle est née, je suis tombée des nues. Je n'ai pas pu retourner travailler. C'est donc nous qui nous sommes adaptés, en restant auprès d'elle, hormis ces 4 mois de cours, une séparation qui s'est d'ailleurs mal passée. Là elle a 3 ans, l'âge soi-disant béni de la rentrée à l'école, celui où les petits se tournent vers les autres, libérant le temps de leurs parents.
Le moment idéal de reprendre le travail !?
Tu parles ! Je me demande même s'il arrivera un jour. Dans ces conditions, je commence à douter !...
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(Je vous laisse, j'ai 100 km à parcourir pour aller chercher ma fille. Je vous souhaite une soirée sereine ! et pardon d'être si peu présente chez vous, et sur certaines boîtes mail... c'est la course ces derniers temps.)
vos mots