fallait pas l'énerver


Mardi 23 juin 2009 2 23 06 2009 21:57
Une pause, le moment de faire une, voire deux choses qui me tiennent à coeur. Je commence un dessin pour Mamzelle - en ce moment, je m'essaie aux fées et aux princesses à colorier, pour notre plaisir partagé. Et je décroche le téléphone, une maman de l'école avec qui j'aime discuter, et qui a franchi quelques-unes des barrières de ma féroce timidité. On discute, on s'interroge, on partage, on rigole. Tout va bien. La princesse sourit sur mon dessin, je lui plante un décor de rosiers. Et puis au détour d'une anecdote, sans prévenir, voilà les mots d'amitié qui se froncent. Ses questions qui vérifient, puis qui accusent "Non mais tu te rends compte !?". J'acquièsce. Décision provisoire, je sais ce que je sens, où est ma place, celle de chacun. Son ton qui prend son pli professionnel d'éduc spé pour commencer de me faire la leçon. Moi qui aiguise mon verbe. Qui la raille ouvertement "Tu devrais appeller la DDASS !". Mon trait sur le papier qui se crispe. Les délicats pétales de mes marguerites, à peine sortis et déjà tout froissés. Enfin, son jugement. Clair, précis. Un jet de pierre en pleine tête. J'ai brutalement interrompu la conversation. Son jugement, quel qu'il soit, je le respecte : il ne m'appartient pas, à elle d'en faire ce qu'elle veut. Mais il ne regarde qu'elle, et je refuse qu'elle me le hurle tout en se bouchant les oreilles. Je n'accepte de rendre de comptes à personne d'autre qu'à ma fille (et peut-être un jour à son père mais il y a encore du travail). Nous sommes passées à autre chose, mais je n'ai plus eu l'énergie de terminer mon dessin, douchée de la vague de reproches que je n'ai pas vu arriver, brisée en pleine déferlante créative par le raz-de-marée des reproches séculaires. Parce que ça m'est revenu d'un coup, j'avais presque oublié - je ne suis qu'une mère indigne, qu'on me pende haut et court !
J'accepte pourtant de réfléchir à ce que je fais. Je me penche sur mes décisions, avant, pendant, après. J'évalue, je teste, je m'adapte... Ca fait 5 ans et quelques, et si je n'ai jamais prétendu être une mère irréprochable, si je n'ai jamais tu mes difficultés, je dénonce une fois de plus les violences que l'on se permet de perpétrer sur les mères. C'est comme si depuis Dolto et Alice Miller, on avait intégré qu'il faut pas faire du mal aux enfants. Mais que fait-on aux enfants quand on lamine leur mère ? quand on participe de la méfiance ancrée dans tant de regards, quand on laisse s'échapper des réflexions qu'on tairait peut-être devant un débile mental, quand on dévalorise, quand on soupèse chaque réaction par le menu, quand on balance ses déjections verbales sur quelqu'un qui, somme toute, n'a rien demandé à personne !?
Pas touche aux enfants, les taper c'est mal, leur crier dessus c'est pas bien du tout.
Haro sur les mères, ça nous défoulera, à la place !
Après tout, c'est pour le bien de leurs enfants...
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 03 2009 10:19
Et voilà.
C'est ce qui se passera aussi pour nous quand les gouvernements successifs de notre pays auront fini d'étouffer notre système de Sécurité Sociale. Et ça fait longtemps que le train est sur les rails. Derrière chaque exonération de charges sociales se cache un acquis social en déroute. Si je prends mon exemple, j'en suis à presque 2 ans de CAE : l'Etat rembourse à l'asso qui m'emploie, une bonne partie des charges sociales qui pèsent sur mon poste. Ces "charges" qui n'y "pèsent" donc plus me priveront d'une bonne partie de mes indemnités de chômage si mon employeur ne parvient pas à transformer l'essai et à pérenniser mon poste. Au lieu donc de toucher environ 80% de mes 600 euros mensuels actuels, j'en toucherai tout juste 300.
Personne ne m'a jamais prévenue des risques de ces exonérations. J'aurais donc pu rester dans l'ignorance la plus complète, souscrire un petit prêt pour je-ne-sais-quoi, ne pas prendre ce risque en compte dans le calcul de mon budget, donc dans le choix de mon logement, etc. Et me retrouver (et ma famille avec) fort dépourvue quand la bise serait venue !
Dans le milieu associatif, les emplois aidés viennent suppléer au délitement des subventions publiques. Ce sont donc tous nos acquis sociaux qui font les frais de ce que le système de répartition ne veut plus redistribuer. C'est-à-dire qu'on tape l'argent de ceux qui en ont le plus besoin. Et le pire, si on veut entreprendre, associativement ou pas, c'est qu'on ne peut pas passer à côté de cette aberration.
C'est ainsi que tous les jours ou presque, je recueille des témoignages de personnes accidentées de la vie qui ne pensent pas valoir plus qu'un pauvre contrat aidé temporaire à temps partiel et au SMIC horaire, ou d'étudiants qui pour financer leurs études s'inscrivent d'abord à une foule de petites formations qui leur permettront l'espoir de s'offrir le loyer d'une chambre de bonne en donnant des cours de gym le soir, en conduisant des ambulances la nuit et en travaillant dans des centres de loisirs pendant les vacances, ou de personnes âgées et gravement malades qui ne peuvent plus se payer une nuit d'hôpital...
Mais ça pourrait être pire, pas vrai ! D'ailleurs aux Etats-Unis...
Merci Bergere de nous avoir conté ta mésaventure. J'espère que ton doigt est bien guéri !
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 09 2007 21:23
Une réflexion maladroite, et patatras. Je sens mon visage se fermer, mon ton se durcir. Sans que je puisse entraver leur marche, les souvenirs trop frais, trop douloureux, ressurgissent. Je scande mes doléances, défends ma position, aligne mes sacrifices.
L'une chante et me caline, l'autre ouvre des yeux écarquillés.
Il se fait d'un coup un peu tard pour reconnaître mes mérites.
Pendant que la soirée poursuit son cours, la colère se dilue. A l'arrivée, une pensée pour les poètes maudits : lorsque je mourrai, on me regardera, peut-être ?


A l'heure où les larmes montent, je retrouverai mon blog et le silence, et mon tchaï me sera servi sur un plateau, avec une petite soucoupe pour recueillir ses excès.
Et si je vous racontais plutôt des petites histoires ?
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Lundi 2 juillet 2007 1 02 07 2007 22:18
De temps à autres, des visiteurs indésirables tentent de s'immiscer sous la tente, qui arborant un nouveau-produit-dont-t'as-jamais-entendu-parler-mais-dont-tu-as-besoin-en-fait, qui pour laisser quelques lettres censées composer un commentaire ("cool" ou "chouette blog" voire "je ne comprends pas"...) avec en guise d'adresse un site qui veut vous vendre je-ne-sais-quoi...
Quant aux personnes qui se cachent derrière le prénom affiché, rien ne perce.
Enfin, je suis sûre que vous voyez à quoi je fais allusion.

Mon remède indien contre ce genre de mauvaise herbe c'est d'attraper la pousse à la base en tirant bien pour que les racines viennent. C'est-à-dire que je supprime sans préavis les commentaires à vocation publicitaire. Jusqu'alors je gérais cette petite pollution dans mon coin, sans en avertir qui que ce soit. D'une part parce que prévenir ceux qui ne reviendront pas de toute manière, ne dissuadera pas les prochains qui n'iront pas lire jusque-là. Et aussi parce que je ne voudrais pas avoir l'air de me justifier : il est indubitable que dans cet espace, je fais ce que je veux, et il me semble stérile de polémiquer à ce propos. En outre, ce serait leur faire trop de publicité...

Les récupérations en tous genre me donnent la nausée, et ce n'est pas pour rien que j'ai choisi un hébergeur qui respecte ceux qui ne veulent pas voir leurs pages défigurées par des annonceurs. J'informe donc mes aimables lecteurs que s'ils voient des commentaires disparaître, c'est qu'ils étaient plus qu'incitatifs à la consommation de tel produit ou service, et que bien que j'aie une grande confiance dans leur jugement critique, la publicité, surtout cachée, chez moi, ça coince un peu aux entournures !

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Mercredi 13 juin 2007 3 13 06 2007 11:50
Le changement de rythme est vécu différemment par chacun des membres de la famille. Soi-disant que tout doit aller bien lorsque les parents s'épanouissent, que ce soit à la maison ou à l'extérieur. Soi-disant que la vie est simple, qu'elle enrichit au lieu de tout engloutir. Soi-disant que le temps arrange les choses, que tout se tasse, soi-disant que les enfants grandissent, soi-disant qu'on grandit aussi à leur contact...

Je vais vous dire... j'ai entendu des confidences, j'ai vu les impasses des autres, leur souffrance, leur chemin de ronces parce qu'il faut bien avancer, parce que dans certaines situations on n'a plus d'autre choix... C'est mon tour aujourd'hui, et depuis quelques années, je ne puis que cheminer, écorchée la moitié du temps, de cette souffrance indicible. Taboue. Barbelés et camisole.

Certains avancent qu'on ne regrette jamais le choix d'accueillir un enfant. C'est difficile de ne pas avoir tort lorsqu'on se risque à une telle généralité : il suffit qu'un seul jour, une seule personne vérifie son contraire, pour que l'édifice si suffisant s'écroule comme un vulgaire chateau de cartes.
Il est autorisé d'avoir des rapports difficiles avec les autres, qu'on les ait choisis ou pas. On trouve toujours une oreille compatissante. Qu'un tiers vous accuse lorsque vous hurlez de souffrance, et il sera taxé de cruauté, d'indifférence, de manque de coeur... Sauf si vous êtes une mère et que vous souffrez de votre relation à votre enfant. C'est à croire qu'on les choisit, qu'on les instaure, ces relations, et qu'on les maîtrise suffisamment pour en assumer l'entière responsabilité....
Ça ne tient pas...
Alors aujourd'hui je me risque à évoquer les difficultés que je rencontre avec ma fille. Tant pis pour les critiques, les flèches, les cailloux, les mots qui font mal... Les rares autres fois où je me suis confiée (cela n'est-il pourtant pas précieux, quelqu'un qui humblement se confie ?), j'en ai tellement pris dans la figure et dans le ventre... Vous pouvez y aller, certaines zones sont devenues insensibles.

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Vendredi 13 avril 2007 5 13 04 2007 22:07

Quand je travaille (comprendre quand j'exerce une activité salariée), voilà ce qui se passe :

On respecte mon activité professionnelle
Mes compétences semblent faire partie de ma personne, et paraissent naturelles et indiscutables (sauf rare cas de conflit important, ce qui ne m'est jamais arrivé)
Certains admirent, ou envient, mes responsabilités
On me parle normalement - je veux dire comme à une adulte en pleine possession de ses facultés mentales
On me fixe des objectifs à peu près réalisables, ou au moins en partie
Je peux même les négocier un tantinet
Seul mon supérieur hiérarchique se permet de mettre en doute ouvertement mon appréciation d'une situation
Il me fait ce genre de remarques en privé
Pareil s'il veut me remonter les bretelles

A part ça :

Sauf projets particuliers ou réalisations imminentes, j'ai le temps de prendre une pause pour déjeuner, et même une ou deux de plus pour un café
Mon travail peut être interrompu de temps en temps par le téléphone, une demande urgente, un ordre émanant des instances supérieurs
On se montre reconnaissant de mes investissements horaires et humains
On apprécie mon sourire, que l'on me rend
Du coup, je peux demander un service, ça passe toujours tout seul
Lorsque je suis débordée, mes interlocuteurs font en sorte d'attendre pour me demander de travailler sur les dossiers moins urgents
Je peux espérer une valorisation (quelle qu'elle soit) de mes efforts
Si cela ne vient pas, je peux manifester mon mécontentement, signer mon désaccord par un reconcement à certains sacrifices, voire même démissionner

~

Et quand "je ne travaille pas" (comprendre, quand je reste à la maison à m'occuper de la merveilleuse petite fille que j'ai conçue avec mon homme), vous savez ce qui se passe ?

Je remets tout en question et tout le temps (puisque je suis tout le temps avec l'enfant) parce qu'il faut s'adapter aux besoins d'un tout-petit et que c'est bien connu, un tout-petit ça grandit vite
Pour cela, outre les approfondissements personnels et la mise à jour de certains blocages, je dois effectuer des recherches auprès de spécialistes éclairés (une fois que je les ai repérés)
Je compulse les lectures, j'échange et je discute, au prix parfois de dévoilements douloureux
Je n'ai parfois pas le temps de manger
Une pause ? Ça s'écrit comment déjà ?
Je repousse mes limites physiques et mentales, et acquiers une résistance que je n'aurais pas cru détenir un jour
Les objectifs tacites de ma mission sont impossibles à remplir tous en même temps et sur une longue durée
Je suis tenue pour responsable de tous les cafouillages, grains de sable dans l'engrenage, pleurs, cris, maladies, bobos...
L'indulgence a disparu du vocabulaire de mon entourage, parfois même la plus élémentaire des compassions

Et pourtant,

Je deviens soudainement et assez miraculeusement je dois dire, une incompétente frappée d'irresponsabilité évidente
Mon environnement immédiat se donne donc pour mission de m'inculquer les bases de la vie, pauvre mère que je suis
On souligne bien en ma présence que les tâches subalternes comme accompagner la prunelle de mes yeux dans l'aventure de la vie, ou garantir à cette graine d'avenir le respect de ses besoins élémentaires, peuvent être déléguées à des inconnues aux compétences et motivations floues (en tous cas pour une non recruteuse)
Aux yeux de tous je suis censée être corvéable à merci dans l'enceinte de ma maison
On me parle souvent comme à une débile mentale
Les remarques sont acerbes, pleines de certitude, et toujours en ma défaveur
Elles jaillissent de préférence devant un auditoire pris à parti
Je n'ai pas le droit de me plaindre, après tout j'ai voulue l'avoir, ma fille, alors quoi !

~

Dans les faits, aujourd'hui, je retire de cette expérience la satisfaction d'être allée au bout de mes convictions. Je constate par ailleurs que je suis plus capable d'adaptation que jamais, plus sûre de moi aussi : les remises en question m'ont grandement permis de mieux me connaître - et ça sert bien, quand il faut se rendre disponible pour quoi que ce soit, et aussi pour mieux être en relation avec l'autre -, la notion de gestion du stress me fait sourire, je suis sereine quasiment en toutes circonstances.

Je me suis lancée dans ce billet sur une suggestion de Mema, et je ne savais pas que j'avais autant à dire ! Et je précise que je ne livre pas une étude comparée, mais ma seule expérience, vue par mes yeux. Par contre ce qui me paraît évident, c'est que la maternité est un atout qui permet l'ouverture à des capacités personnelles élargies, et qu'il est absurde qu'elle soit vue autrement par un recruteur.
Pour ce qui est de l'environnement, j'ai un temps cru que la vision d'un bébé peut rendre fou. Des passants venaient mettre leurs mains sur la joue de mon bébé, posé au creux de ma poitrine dans l'écharpe. Certaine digne aïeule devenait une hystérique incontrôlable à la vue de ma fille. Et non, cela ne me rassurait pas sur sa capacité à tenir ma fille dans ses bras. D'ailleurs même à 3 mois ma petite manifestait vivement son désaccord. Alors pas touche, parce que je mords.
Par contre un truc qui m'aurait rendu service, c'est qu'on me prête, de temps en temps, une oreille attentive et non jugeante. Qu'on me laisse pleurer un coup, parce que je me serais sentie mieux après. Même sans rien dire, sans se fatiguer à me chercher des solutions, surtout pas... juste être là pour entendre mon âme palpiter.
Enfin bon, je sais aussi être une lionne, après tout c'est à eux de voir.

Et aussi, je revendique le droit me plaindre de tout ça parce que tout le monde devrait pouvoir s'exprimer, quelles que soient les circonstances. Pourtant lorsque je souffrais j'en faisais part à un groupe de mamans, me sentant incomprise ailleurs.
Et j'ai fini par envoyer promener sans ménagement les conseilleurs et autres regards peu bienveillants. Ce sont des services dont je me passe, merci.

Malgré tout, mon choix s'est affirmé dans ce climat, le temps que Mamzelle grandisse. Et je vais vous dire pourquoi : ce matin, nous avons laissé notre petite fleur pour la journée à des personnes dont nous ne connaissons même pas les prénoms. Ça va qu'elle a 3 ans et que nous sommes sûrs qu'elle nous le dira clairement et sans attendre, si cela ne lui convient pas...

Avant, cela nous a été impossible.

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Mardi 20 mars 2007 2 20 03 2007 18:32

Aujourd'hui, tout s'est déroulé comme si nous travaillions tous les deux, l'Homme des bois et moi, à l'extérieur du foyer : lui en stage, moi en atelier.

C'est la première fois que cela nous arrive depuis ma reprise d'études fin 2005 (pour 4 mois de suivi des cours).

J'avais organisé au préalable la garde de ma fille : journées complètes à l'école, repas à la cantine. Je l'avais préparée à ça aussi (revenir pour la sieste à l'école - la 'antine c'est son rêve absolu, pas besoin de plus de préparation que ça ;) ).

2 jours par semaine pendant quelques temps, cela permet une acclimatation en douceur à un rythme de travail.

(Pensais-je innocemment.)

Premier jour : on m'apprend hier que l'institutrice de ma fille est malade, pour toute la semaine. Qu'elle ne sera remplacée que lundi après-midi et jeudi matin.

Le reste du temps, les enfants sont mis devant la télévision (vous lisez bien).

Bien sûr, nous avons choisi une autre solution et donc attendu le soir et le retour de l'Homme (et de la voiture) pour traverser le département et poser notre fille à ma mère, puis revenir à la maison pour enfin dîner avant de tomber de fatigue.

~

Je suppose que les parents qui travaillent sourient tristement en me lisant. Je suppose que c'est leur galère quotidienne que je décris.

Je revois aussi la mine compatissante de ceux qui suivent l'atelier avec moi. Des hommes et femmes occupant précédemment des postes de cadres. A 70h par semaine, en moyenne. A la question "Comment avez-vous fait ?", il m'a été répondu, en vrac :

C'est ma femme qui a élevé les enfants.
Deux mariages, deux divorces.
Ma fille hurlait les jours où elle me voyait rentrer du travail : elle ne me reconnaissait pas.
Un jour j'en ai eu marre, j'ai pris 1 an de congé sabbatique pour pouvoir connaître mes enfants.

~

L'Homme des bois et moi sommes deux travailleurs qui aiment ça : participer à notre façon (la plus "propre" possible) à l'édifice de la société, donner, recevoir, mettre en oeuvre, construire, rencontrer, suivre, finaliser, essayer, proposer, recommencer...

Mais depuis Mamzelle, nous nous sommes rendus à l'évidence : ce système parque les enfants (c'est-à-dire son avenir) dans des conditions inadaptées à leurs besoins les plus élémentaires : séparations précoces, collectivités bondées, service public-sévice public (désolée, j'apparente l'enfermement de 30 enfants de moins de 5 ans dans une classe devant une télé, à de la maltraitance).
Je vous assure que lorsqu'elle est née, je suis tombée des nues. Je n'ai pas pu retourner travailler. C'est donc nous qui nous sommes adaptés, en restant auprès d'elle, hormis ces 4 mois de cours, une séparation qui s'est d'ailleurs mal passée. Là elle a 3 ans, l'âge soi-disant béni de la rentrée à l'école, celui où les petits se tournent vers les autres, libérant le temps de leurs parents.

Le moment idéal de reprendre le travail !?

Tu parles ! Je me demande même s'il arrivera un jour. Dans ces conditions, je commence à douter !...

~

(Je vous laisse, j'ai 100 km à parcourir pour aller chercher ma fille. Je vous souhaite une soirée sereine ! et pardon d'être si peu présente chez vous, et sur certaines boîtes mail... c'est la course ces derniers temps.)

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