Vendredi 2 octobre 2009
Il y a eu toutes ces années où je me demandais ce que je faisais là, et pourquoi j'y étais, et de quel droit d'abord.
Celles qui ont suivi, où j'aurais préféré crever plutôt que d'avoir eu à naître. Balançant à la moindre occasion que "j'avais rien demandé".
Et puis les années d'ombres derrière lesquelles je me cachais, demandant à mon psy "à quoi bon" ?
Celles où je me suis oubliée dans l'hyperactivité, parce que c'était somme toute bien plus confortable.
Les années où je me suis plu à croire que la vie c'est merveilleux, la preuve, ma toute petite.
Enfin, merveilleux, chez les autres surtout. C'est bien, les autres, ils sont plein et on peut toujours faire quelque chose pour eux. Ne serait-ce qu'un sourire, un mot gentil... et voir naître une couleur, une étincelle...
Tout en regardant sombrer son beau navire à la moindre trace de nuage à l'horizon. Et sans une larme - on a appris à se tenir.
J'ai 35 ans aujourd'hui et il m'est toujours aussi douloureux de vivre. Enfin, de temps en temps. Ce qui change, tout petit peu par tout petit peu, c'est la nature et la longueur de ce que je mets entre deux temps. Avec l'intensité de mes battements de coeur, au fil de mes gammes, majeures comme mineures.
Et si je trouve toujours qu'il est épuisant de vivre, je me surprends enfin à en jouer, aussi. A me dire que c'est quand même moins pire qu'avant.
Et que certains jours, je suis bien contente de les avoir vécus. Me surprendre à savourer un souvenir comme un grain de raisin bien sucré, la larme à l'oeil et le sourire imbécile accroché.
Et l'instant d'après me regarder avec indulgence, un peu, en pensant à me préserver, à poser aux autres les limites qui sont miennes pour mieux continuer.
Comme si j'avais envie de me ménager.
Comme si ça pouvait durer encore longtemps, cette foire.
Comme si j'étais pas loin de le souhaiter...



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