dans la voiture /2

Publié le par Caco

Je n'en menais pas large, quand même. Je savais qui j'allais revoir. Que j'avais réussi à éviter pendant de longs mois. Mais là il était temps, je le savais, le sentais et accueillais positivement cette occasion de repartir, pour voir. Il n'empêche... Je n'en menais pas large.

Alors quand il m'a proposé de faire un détour pour aller jusqu'à un point de vue, j'ai vite acquiescé. C'est ainsi que nous avons quitté la nationale et ses gentils virages larges, dans la vallée, pour grimper dans la montagne, la forêt. Des bras de brume avaient somnolé tard dans les branches à moitié dénudées. Les rouges de cet automne tardif se mélaient aux gris. Un seul regard sur le côté suffisait à vous plonger dans cette atmosphère forestière si évocatrice.

Et on tournait, et on montait. "Je ne pensais pas que c'était si loin". A la limite de plusieurs "pays", pourtant, on devait y contempler deux confins, deux berceaux : les Pyrénées et la Méditerranée.

Et pendant que la route continuait de sinuer, le répit qu'elle m'accordait me détendait... Je repensais à ce qui avait fait ces derniers jours, ces dernières heures. Les messages reçus comme des cadeaux... l'amitié si forte qu'elle se riait des distances, la présence malgré l'éloignement, l'affection enveloppante sans les doigts pour s'effleurer.

Une esplanade se présenta à nous, surplombée par des rochers debouts. Nous sortîmes pour gravir les marches. Sous le ciel pur et le soleil limpide, c'est le vent froid et piquant qui nous fit ployer. Nous allâmes tout de même jusqu'au bout, pour voir, bien sûr. Des petits humains comme nous, en plus courageaux, avaient posé là une table d'orientation. L'on voyait les cîmes, d'un blanc immaculé... mais cette fois, pas les flots. Le temps de voler trois photos à l'immensité, à la beauté sauvage et rude, et les fragiles êtres que nous sommes courûmes nous réfugier dans la tiédeur de la voiture.

On est repartis aussi vite. C'est pas un temps pour sortir, pas un environnement où l'on s'attarde... La route mit plusieurs heures à nous descendre au niveau de la mer... de l'amer, de la mère, qu'importe. Je me sentais forte. Il est des amitié qui vous forgent. Ça va tout de suite mieux, lorsqu'on se confronte aux immensités.

 

 




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Muriel 03/01/2008 22:49

Je me sens minuscule à te lire ...

Caco 04/01/2008 19:04

Je me souviens m'être sentie toute petite, aussi...(Tes pas d'encre sur ces terres si peu foulées me touchent beaucoup, le sais-tu ? :) )