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Publié le par Caco

C'était deux jours avant, et je ne travaillais pas, nous n'avions rien de prévu - hormis d'être toutes les deux libres, quelques heures avant que ne s'impose de nouveau le carcan des horaires, des rendez-vous, des impératifs. Reprendre au temps nos envies. On ferait de cette journée ce qu'on voudrait, exactement.
Et très tôt, en ouvrant ma boîte mail, j'ai trouvé l'occasion de panser les doutes douloureux d'une Mamzelle qui avait beaucoup grandi pendant l'été. Un petit message d'appel à l'aide, un peu de travail bénévole sur les lieux de l'école pour que les enfants trouvent en arrivant des tableaux rutilants et les étiquettes à leurs prénoms bien rangées à leurs places.
Nous y sommes allées la joie au coeur, accueillies par les sourires de l'équipe enseignante, les rires de ses petites copines, et la grande fresque qu'un bataillon d'artistes en herbe a réalisé pendant l'été autour de la porte d'entrée.
Les petites ont construit leur univers dans la dòrmida, des maisons en lits au milieu des arbres à prénom, sous le nuage qui cherche son aimée. Les grandes ont briqué les bureaux, repeint le mobilier, réagencé les classes. L'esprit et le corps tout tournés vers ceux qui investiraient les lieux deux jours après, sortant de leur trousse les stylos neufs, les gommes blanches, le cahier vierge. Cet instant suspendu, le moment précis de la rentrée, immobile dans ma mémoire de petite fille remplie d'attentes, enthousiasmée et un peu craintive, aussi...
La journée a filé comme un jour d'été et c'était exactement ce qu'il nous fallait, à l'une, à l'autre, pour faire nôtre cette rentrée... Cette rentrée que l'on savait particulière, sans pouvoir vraiment l'expliquer à nous-mêmes. Sans non plus qu'on ait besoin de se le dire...
Sur le chemin du retour, terminer par les achats de matériel, puis léguer une trousse maternelle, beige et douce, les industriels ne sachant que marginalement construire des trousses à la mesure des double-décimètres. Rassembler les petites affaires flambant neuves dans le cartable à la doublure d'impatience, tout garni d'espoirs.

*
Elle nous annoncera posément, au soir de la rentrée des classes :
"Et bé moi, ce matin, je suis passée de la classe des petits à la grande section."

Et on sera fiers d'elle comme jamais...
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