Mardi 23 juin 2009
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Une pause, le moment de faire une, voire deux choses qui me tiennent à coeur. Je commence un dessin pour Mamzelle - en ce moment, je m'essaie aux fées et aux princesses à colorier, pour notre
plaisir partagé. Et je décroche le téléphone, une maman de l'école avec qui j'aime discuter, et qui a franchi quelques-unes des barrières de ma féroce timidité. On discute, on s'interroge, on
partage, on rigole. Tout va bien. La princesse sourit sur mon dessin, je lui plante un décor de rosiers. Et puis au détour d'une anecdote, sans prévenir, voilà les mots d'amitié qui se froncent.
Ses questions qui vérifient, puis qui accusent
"Non mais tu te rends compte !?". J'acquièsce. Décision provisoire, je sais ce que je sens, où est ma place, celle de chacun. Son ton qui
prend son pli professionnel d'éduc spé pour commencer de me faire la leçon. Moi qui aiguise mon verbe. Qui la raille ouvertement
"Tu devrais appeller la DDASS !". Mon trait sur le papier
qui se crispe. Les délicats pétales de mes marguerites, à peine sortis et déjà tout froissés. Enfin, son jugement. Clair, précis. Un jet de pierre en pleine tête. J'ai brutalement interrompu la
conversation. Son jugement, quel qu'il soit, je le respecte : il ne m'appartient pas, à elle d'en faire ce qu'elle veut. Mais il ne regarde qu'elle, et je refuse qu'elle me le hurle tout en se
bouchant les oreilles. Je n'accepte de rendre de comptes à personne d'autre qu'à ma fille (et peut-être un jour à son père mais il y a encore du travail). Nous sommes passées à autre chose, mais je
n'ai plus eu l'énergie de terminer mon dessin, douchée de la vague de reproches que je n'ai pas vu arriver, brisée en pleine déferlante créative par le raz-de-marée des reproches séculaires. Parce
que ça m'est revenu d'un coup, j'avais presque oublié - je ne suis qu'une mère indigne, qu'on me pende haut et court !
J'accepte pourtant de réfléchir à ce que je fais. Je me penche sur mes décisions, avant, pendant, après. J'évalue, je teste, je m'adapte... Ca fait 5 ans et quelques, et si je n'ai jamais prétendu
être
une mère irréprochable, si je n'ai jamais tu mes difficultés, je dénonce une fois
de plus les violences que l'on se permet de perpétrer sur les mères. C'est comme si depuis Dolto et Alice Miller, on avait intégré qu'il
faut pas faire du mal aux enfants. Mais que fait-on aux enfants quand on lamine leur mère ? quand on participe de la méfiance ancrée dans tant de regards, quand on laisse s'échapper des réflexions
qu'on tairait peut-être devant un débile mental, quand on dévalorise, quand on soupèse chaque réaction par le menu, quand on balance ses déjections verbales sur quelqu'un qui, somme toute, n'a rien
demandé à personne !?
Pas touche aux enfants, les taper c'est mal, leur crier dessus c'est pas bien du tout.
Haro sur les mères, ça nous défoulera, à la place !
Après tout, c'est pour le bien de leurs enfants...
Je t'embrasse gfort
lise
D'autant que, bravo à elle, ça n'a rien résolu, j'ai juste un peu moins confiance... en elle !
Mille bises
Tu as eu raison !
Reste indigne, c'est farpait ;)