mi-vacances

Publié le par Caco

Le calme règne quelques heures avant d'imposer le pesant silence. Quelques heures en suspension où l'on chasse les grains de poussières tapies derrière les jeux échappés de leurs boîtes, où l'on cuisine enfin à son rythme des plats pimentés, où l'heure de l'apéro s'étend jusque tard, où l'on parle d'elle pendant des soirs, où l'on ne modère plus sa voix ni ses éclats de rire, et où l'on fume dans le salon.
Quelques heures à classer les petits papiers découpés, à nettoyer le nouveau bureau déjà peint en mauve au feutre à doigt, à refaire le lit, à ranger les petits vêtements qui grandissent dans les alvéoles blanches, à réfléchir à ce rideau qui allongerait les grasses matinées, à prévoir le classeur à coloriages et à passer un dernier coup de balai avant que le manque soit trop fort et qu'il me chasse de la chambre claire sous la mansarde.
Et puis après, on laissera la lumière s'engouffrer dans les vélux, histoire de compter au pied de l'escalier, combien encore de couchers de soleil avant que Mamzelle revienne ? On s'abstiendra de monter là-haut, où les doudous ne dorment plus et où les poupées ne dansent guère, dans cet endroit déserté de ses histoires. Tous ces témoins de la vie joyeuse qu'on se fait à trois, soudain figés, vidés, effrayants. Les pans tranchants des boîtes à souvenirs qui me coupent les doigts, qui me saignent le coeur.
Encore quelques heures...

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n-talo 19/02/2009 09:09

d'habitude, c'est les enfants qui comptent les dodos avant que reviennent les parents ...mais je te comprends oh combienbisebonne fin de vacances

Caco 24/02/2009 21:37


Merci de vos mots


Cécile 15/02/2009 20:03

J'imagine cette balance cruelle entre la liberté et l'absence... J'imagine...