paysage intérieur - mes journées citoyennes

Publié le par Caco

Je change un peu de registre, parce que j'ai beaucoup de mal en ce moment à vous dégoter une vraie photo de "Cacolendrier" (©Cécile). Il faut dire que le lundi comme de plus en plus d'autres jours, mon temps est grignoté par mes toutes nouvelles toutes belles responsabilités. Je vous raconte vite fait : il était une structure d'insertion et de médiation sociale (entre autres) au milieu d'un quartier dit sensible. C'est-à-dire avec des taux de jeunes au chômage frôlant les 50%, et des sans diplômes (même pas le Brevet) à la pelle. Ajoutez à cela des tours à casier en guise d'habitations et un enclavement croissant du quartier, et vous obtiendrez une jolie poudrière où pourtant il fait encore bon se prélasser le soir au crépuscule, seule avec un appareil photo. La preuve :

quartier2.jpg

Le miracle tient bien sûr à ceux qui se démènent depuis des années sur le terrain, employés et bénévoles.
Sauf que c'était sûrement trop beau, l'Empereur local a décidé qu'un bon sabordage lui éviterait un contre-pouvoir potentiel... Eh oui, une association c'est aussi, surtout, un formidable outil citoyen, et déjà, ça, chez un précurseur de la droite décomplexée, ça peut ne pas passer. Alors on sort l'artillerie lourde. Cassez-les tous, dieu reconnaîtra les siens !
J'aimerais tant pouvoir ajouter que je schématise pour les besoins de l'exposé, que je caricature pour accrocher mon auditoire (au fait, z'êtes toujours là !?) mais la triste, la cruelle, l'insupportable réalité c'est que ça arrive vraiment, tout comme ça.

quartier1.jpg

Alors aujourd'hui, comme tous les soirs ces temps-ci, après avoir fait tout ce que j'ai pu, c'est-à-dire pas grand-chose, je m'offre un crépuscule dans l'objectif. Et des tours de pédale acharnés, ou une marche à l'allure un peu forcée. Et le parfum du chèvrefeuille, et les lueurs hésitantes dans les allées. Et les airs de guitare qui vous surprennent, et les familles multicolores au pied des HLM.
Et je digère le jour, et je cueille l'espoir du demain. Il paraît qu'on en aura besoin.

*

Hier chez Cécile on contemplait
un bel arbre... Et on passait mardi chez Mema une journée sous la pluie - hourra !!

Publié dans les yeux ouverts

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n-talo 29/05/2008 09:21

mes voisins sont si calme

Caco 30/05/2008 06:20


Laisse-moi deviner... Poules, moutons ? ;)


mirza 27/05/2008 12:36

Tu me fais découvrir avec tes images des choses que je ne vois ps avec mes yeux, et j'aime ça. Et quand en plus les images viennent soutenir cette histoire que j'imagine mais de loin, sans la connaître, c'est encore mieux. Parce que la vie est là, malgré tout ça. Je t'embrasse, et je te souhaite plein de force pour résister au courant.

Caco 28/05/2008 22:31


Merci à toi de tes encouragements... Ce qui est paradoxal c'est que je n'ai pas du tout le sentiment de résister au courant, au contraire ! Je me laisse porter par les
évènements (jusqu'alors on n'a rien maîtrisé, et c'était dur) et par les convictions qui m'animent. La puissance du groupe fait le reste. J'ai l'impression que c'est l'autre partie qui nage à
contre-courant. Et ce malgré l'issue probable de la situation. Parce que je nous sens justes, dans nos objectifs, dans nos démarches, dans notre quartier. C'est aussi simple que ça ;)


Marie Alster 27/05/2008 08:31

J'aime beaucoup beaucoup ce billet! Engagé et poétique... J'enrage moi aussi devant la casse organisée en place depuis un an; le social, la culture, l'éducation... Et je me demande à chaque nouvelle annonce jusqu'où il faudra aller pour que les français relèvent la tête et disent NON... Mais pas chacun pour soi, pas les profs pour les profs et les pêcheurs pour les pêcheurs: tous ensemble pour faire revenir un peu d'humanité!

Caco 28/05/2008 22:20


La division aide bien les régents, c'est clair !
Peut-être nous retrouverons-nous solidaires quand on aura tous le nez dedans ?


Cécile 27/05/2008 00:02

Comme j'aimais ressortir le soir, quand les oiseaux volent plus bas, plus vite et que leurs cris semblent plus fort parce que le jour s'endort avec la vie...Merci pour ce joli petit tour avec toi et ces confidences sur tes journées...Comment ça, on n'est pas toutes les deux ?  ;)Mon arbre, tu pourras le trouver à Pékin, dans le jardin du temple de Confucius, à droite après la grande porte rouge, derrière la glycine qui embaume la cour...

Caco 28/05/2008 22:18


Merci pour tes mots, ma Cécile...
(C'est la porte rouge aux traces de dents !? ;) )