Samedi 26 avril 2008
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Après un déjeuner frugal dans un bateau à quai (de la Dorade), sur une Garonne pleine, lisse et vivante, nous avons avisé une station de "vél'ô"... et copieusement bataillé avec la borne pour enfin enfourcher chacun une docile et robuste monture. Nous avions le regard d'un touriste à combler, un itinéraire fut donc brossé. Papa partit en tête et nous emmena suivre le fil des ruelles. Du Capitole à Saint-Sernin, je raconte à celui qui n'est pas d'ici l'histoire de Saint-Saturnin. Puis les rares notions d'architecture médiévale qui me restent, lambeaux de mémoires d'écolière, à propos de la basilique Saint-Sernin. Un petit tour de la place, le charme discret des terrasses et les couleurs de ce monument, l'un des plus jolis que je connaisse, et nous repartons sur le ruban sombre de la rue d'Alsace-Lorraine. Cette artère, auparavant fleuve de voiture qui séparait la ville en deux aussi bien que la Garonne, est devenue piétonne par l'entremise de l'ancien Maire de la ville. Un homme qui aura tout donné à Toulouse, et qui s'est ramassé aux dernières élections municipales. Les voies de l'électorat sont impénétrables...
Pour l'heure, les cyclistes cohabitent en paix avec les promeneurs, les façades des commerces sourient, les arbustes plantés dans des pots multicolores côtoient des jeux pour enfants. Le contraste avec l'ancien paysage est tellement saisissant ! Des musiciens se font un boeuf à l'ancien arrêt de bus, celui qui arborait le plus de couleurs et de numéros de la ville. Les bruits des hommes murmurent, là où les automobiles hurlaient. On marche, ou on roule, doucement, là où tout hâtait...
Nous bifurquons vers la place Wilson, où le flot de voitures reprend, mais une après l'autre, ce qui change radicalement son allure. Notre évolution se voit mise à mal rue Saint-Antoine du T, pour cause de surpopulation de piétons sur le pavé. Place Saint-Georges, nous n'avons même pas l'occasion de lever les yeux de notre roue avant. Fuyons vers le quartier des antiquaires !
C'est la bonne pioche.

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Nous nous rafraîchissons quelque peu à une fontaine des abords de l'église Saint-Etienne puis nous repartons dans l'ombre courte des ruelles désertes. On se fond dans les briques orangées, au hasard d'un intinéraire sinueux, sous le linge qui sèche aux balcons. Des arbres nous saluent d'une branche nonchalente. Des fleurs juste écloses embaument. On va au Jardin des Plantes.
Mais vite fait. Les manèges n'arrêtent que des regards nostalgiques : qui a des enfants trop grands désormais, qui a laissé Mamzelle à GrandMamie, qui a sa grande fille juchée sur un vél'ô juste derrière lui...
Puisque c'est comme ça, on va faire les touristes au Boulingrin. Séance photo kitsch dans les fleurs devant la fontaine. Non, on ne se marie pas m'sieur l'agent, on est juste en famille et ça nous met l'humeur en fête tout pareil !

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Le Canal du Midi et ses berges aménagées - mais ça fait combien de temps que je suis partie, moi !? Ils n'ont pas chômé les urbanistes...
On médite un peu devant l'eau tranquille et on file au musée avant qu'il ne ferme.
Ensuite nous irons à la Halle aux Grains, reconvertie depuis des lustres - c'est à dire juste avant que je ne m'exile - en salle de concerts. Un dernier tour, un petit Monaco en terrasse, et nous prenions sur le chemin du retour, remplis des belles couleurs de ma ville d'ô, d'eau, de Oh !... et le soleil planté dans le coeur.

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