... Et qui sous ses yeux fatigués retient un timide demi-sourire : ce soir, elle dort avec Maman. Ce qui n'est plus qu'un souvenir lointain revient caresser ce soir
l'étoffe de notre nuit. Le sommeil partagé que l'on surnommait entre adeptes le cododo. Cette merveilleuse façon de partager le dernier tiers de sa vie tout
contre la respiration de son petit, cet oubli particulier qui contiendra gestes tendres et oreilles aux aguets, chaleur et songes entremêlés. Je me souviens du temps d'avant ce changement majeur
pour nos conceptions du sommeil. De nos résistances grignotées nuit par nuit par la fatigue et par la manifestation évidente de ce qu'il nous faudrait accepter comme un besoin de notre fille, tout
simplement. De l'étrangeté soudaine de nos trois corps alignés. De la peur de manquer de place, d'air, de silence. Des positions qui peu à peu se sont trouvées, des bruissements qui ne faisaient
que nous conforter dans le cocon de nos rêves, de l'abandon tranquille qui a pris le pas sur les nuits trop blanches.
Et finalement, de l'indicible lien, de cette conscience palpable de notre complétude.
A 4 ans, elle a passé maintenant près de la moitié de ses nuits sans nous. Sa place reste toujours un peu vacante, je m'endors moins sereinement, je m'inquiète un peu dans la nuit et mes réveils
sont plus soudains. L'oisillon a quitté ce nid mais les fondations sont restées. Et l'instinct de la protéger continue de planer
au-dessus de la tête du lit, ses serres crispées dans une dentelle craintive qui effiloche mes rêves.
*
Hier ¤Ju¤ lézardait entre deux nuages, et Cécile nous emmenait, d'un saut dans le temps et dans l'espace, dans une lointaine
ville où défilait son précédent dimanche... pour nous faire profiter ensuite, sur la pointe des pieds, despremières tenues d'été! Mardi, Mema partage avec nous un bout de vie de famille, unepromenade entre fillesau petit goût de fraise du jardin...
... Et Telle nous livreun écho tout en
douceur. Waouh !
Et merci...
vos mots