Je dois ralentir l'allure de mes pas et tempérer les exigences de mes projets. Réfléchir avant de prendre la voiture et prévoir
les aides dont je vais devoir m'entourer dans les jours qui viennent. Diminuer le nombre de mes sorties même si je crève d'envie d'y être. Regretter amèrement ces forces qui me fuient et me
laissent tout juste bonne à fixer le mur face à mon lit. Savourer le sommeil lourd et les songes lents, sourire au réveil qui m'en extrait, à la belle journée qui s'annonce. Se lever avec un
vertige qui rappelle que tout va encore aller trop vite, supplier Mamzelle de ne pas, ne pas, ne pas, non, pas aujourd'hui, par pitié. Penser à l'allure de mes pas, et recommencer depuis en haut à
gauche ce petit billet de malade qu'en a marre d'avoir l'impression d'être toujours en train de se remettre, de couver ou de subir les aléas de sa pauvre petite santé.
vos mots