une tous les cinq ans

Publié le par Caco

Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit. C'est une drôle d'heure, ou un drôle de jour, à moins que ce soit le fait de replonger à cette heure-là ce jour de la semaine ? Toujours est-il que la conjonction de la date, de l'heure et de l'évènement me conduisent invariablement à cette sensation amère de non-sens. J'aurais pu choisir un autre moment. Après ces cinq ans, comment ai-je pu encore ressentir le manque et ses affres, à ne pouvoir différer ce geste tant de fois répété, qu'il est resté machinal, comme ancré dans mon corps ?
Nous sortions d'une répétition, et je terminais un week-end assez souriant pour me faire oublier la semaine grisâtre qui l'avait précédé. (Voyez, mardi, par exemple, cela aurait paru plus logique, après cette réunion désastreuse, ces mots malheureux et la porte qui se referme en claquant... mais non, j'ai bien eu une petite pensée coupable, je l'avoue, mais pas l'intention de la mettre à exécution.)
Dimanche soir après la répétition, rien n'aurait pu anticiper mon geste insensé, ce mouvement du poignet vers Alex qui sortait son paquet, son regard surpris, ses yeux navrés qui prolongeaient un "Non..." secoué de la tête... Mon regard en réponse, la moue de ma bouche. Le scénario muet s'est reproduit encore une fois, puis le frottement du briquet m'a offert ma première taffe depuis cinq ans.
Il n'y a pas idée de se remettre à fumer un dimanche soir, sous une lune ronde, alors qu'on sort d'une répétition de théâtre... Mais comme on ne sort jamais réellement des filets d'une ancienne addiction, je crois que je me suis prise au piège de mes tentatives d'évasion, de cette confiance en ma résistance qui s'est tissée après les premières semaines de sevrage, et du quotidien répétitif. J'ai baissé la garde sans m'en apercevoir, et je fumais avec délices une clope râpeuse qui allait me tatouer cette odeur honnie entre toutes pendant plusieurs heures.
Je ne suis pas fière de moi. C'est pourquoi cette fois, j'ai décidé en pleine conscience de la date à laquelle je m'autoriserai à replonger mes doigts dans un paquet et à porter leur butin à mes lèvres.
Ce sera dans cinq ans, un dimanche, et à minuit.

(Amorce 9 par Samantdi du Sablier du printemps.)

Publié dans les mille et une...

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Isabelle ! 24/06/2008 02:48

Tu sais où le trouver   ;-)

Isabelle ! 23/06/2008 00:13

Hem… "peut-être", oui.Ben tant mieux   :-)Je n'y manquerai pas… en attendant — qui sait ? — que tu puisses le faire toi-même    ;-)

Caco 23/06/2008 21:29


Rah, oui, ça serait bien ça :)


Isabelle ! 14/05/2008 03:29

Okéééééé… j'y suis, cette fois   :-):-oEt bientôt peut-être en images.À l'efficacité hélas bien moindre que les produits qui te sont proscrits   :-/Je m'en vais de ce pas le remercier d'avoir exaucé ma requête   ;-)

Caco 23/05/2008 00:58


;)

Chouette ! J'ai hâte de voir peut-être :)

Je m'en doute bien, oui... Cela dit, je n'y croyais pas, mais c'était quand même efficace.

Tu le salueras de ma part ? Je suis un peu loin, là... ;)


Isabelle ! 05/05/2008 03:39

Au s'cours… chuis toujours perdue :-o"icelle"… c'est ta maman à toi ???Ce qui est chouette, c'est qu'il y en a toujours un pour nous surprendre au détour du chemin :-)Ainsi vendredi après-midi, en marchant vers la mer dans une alternance de dunes et de pinèdes, j'ai fini par me retrouver en larmes.Parce que la fraîcheur de l'air… la caresse du soleil… le chant des oiseaux… la fragrance des pins…Autant dire un suave cocktail où s'entortillaient tant de mes lointains souvenirs… et les émotions qui allaient de pair.Ces larmes-là me font me sentir vivante, toujours…;-)Je me rappelle à présent des contre-indications :-/Est-ce de la Delb*iase que tu prends ?Ouf… puisse cet élan se poursuivre, alors !Merci pour tes vœux…Commencées dans un printemps frileux et achevées dans un semblant d'été, elles le furent, en effet.As-tu senti glisser sur toi la douceur du Gulf Stream… puisqu'à à ta façon tu fus du voyage ? ;-)

Caco 05/05/2008 21:21


Ma Maman à moi a un Amoureux, oui :)

Jolie scène que j'ai aimé parcourir à dos de tes mots, dis donc...

Je prends du Magn*-B6.
L'élan est faiblard, mais fidèle, à cette heure !

J'en reviens pas que cette semaine soit déjà terminée :o
Comme si le temps s'accélérait pendant les ponts de mai !
Je confirme, le Gulf Stream nous a apporté de doux effluves ! :)


Isabelle ! 28/04/2008 01:17

Bon… et alors c'est qui, "L'Amoureux" ?Un "vrai" ou un qui vit de l'autre côté de ta plume ?[Les guillemets s'imposent, puisqu'évidemment je ne saurais croire que l'un est moins "vrai" que l'autre  ;-)  ]J'adore tous ces souvenirs sensoriels…Sans doute parce qu'ils mettent ma tête au repos   :-)Ah ! L'est-on jamais trop ?   :-D:-oPourquoi cette contre-indication ?As-tu été voir du côté de la spiruline (+ acérola), des oméga 3 ou du pollen (frais, parce que sinon… beeuuurrrrkkkkk !!!) ?Pourvu que tes vacances te permettent de te régénérer autant que possible…

Caco 28/04/2008 18:32


En fait c'est l'Amoureux de Maman et l'Amoureux ;) (donc celui d'icelle !)
Sorti de son contexte, le mystère plane, c'est sûr...

Oui, les souvenirs sensoriels ont des racourcis que j'aimerais aussi emprunter plus souvent !

Peut-être pas ! ;)

Le chlorure de magnésium m'est contre-indiqué depuis le début (depuis que je le connais au moins) pour cause de lésions rénales. Les contre-indications des comprimés que je prends semblant moins
drastiques, ils me sont permis.
Merci pour ces pistes... je retourne bientôt à Toulouse normalement, où je pourrai m'approvisionner à moindre coût en remèdes naturels :)

Les vacances ont aidé. Je ne suis pas dans une forme olympique, m'enfin, ça va fichtrement mieux quand même ;)
Et je t'en souhaite de bonnes à mon tour !! :)