Un matin, tôt, partir. Espérer qu'il fera beau aussi un peu plus loin vers l'ouest. Somnoler dans un train au prénom d'un
autre siècle, répondre à la voix mécanique annonçant le terminus, et taquiner du bout des pieds les rues de la grande ville.
Une grande ville c'est toujours plein de surprises. Ça vous arrange une clarinette bancale le temps d'une discussion, ça vous joue un bout du film de votre vie, de ceux qui resteront gravés
quelque part, sous quelques couches de taire, ça vous pelotonne sur un banc népalais pour partager un repas d'amis... Ça vous
fait courir à la fin, parce que ses charmes sont peu compatibles avec une horloge qui tourne. Ça vous offrira un cadeau d'au-revoir, en vous plaçant en face d'un tandem souriant et loquace.
Parce que cette fois, je lui ai dit au-revoir, à ma ville. Le coeur en fête et le pas léger. Retrouver mon ailleurs adopté, cette terre au doux parfum d'humidité, ce port amarré au pied de la
vieille montagne qui fait mine de déferler, pour de faux, pour de rire. Une contrée que je pourrai quitter sans angoisser parce qu'au terminus du train au nom désuet, je suis sûre de toujours
trouver cette ville où je me souviens trop bien de... Le trajet vers elle sera désormais joyeux, je sourirai de mes sursauts,
ses murs vont redevenir chaleureux, son ciel bienveillant, et ses suprises me feront revenir, une fois, deux fois, cent fois. C'est qu'on en a des souvenirs à s'offrir, elle et moi...
*
une photo de chez moi
la prochaine fois je vous rapporterai un peu de Toulouse, promis :)
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Je t'embrasse