Sur la plage. Il n'y a personne autour. Seuls les grains de sable se soulèvent au gré des rafales. Je me ramasse un peu plus sur moi-même. Mes yeux
partent au loin.
Je vois... Les volutes de l'écume. Même sur cette plage abandonnée, dans ce décor gris et beige, pas un instant ne ressemble au précédent, et le suivant surprendra encore. Circonvolutions,
courants, tourbillons. Rien n'est figé, je tremble. Et ferme mes yeux.
J'entends... Le vent et les vagues. Un mariage improbable, à quelques encâblures de la grève. Des échos de leur vie commune échouent à mes oreilles. Les chuchottements humides de l'eau qui se
retire, ses doux grondements lorsqu'elle carambole. Tentative de rythme toujours épuisée. Les rafales fortes et courtes se succèdent, aiguillonnant les courants. La mer n'en finit pas d'essayer
d'obéir aux caprices du vent.
L'attente immobile se fait insupportable, je me lève et secoue mes vêtements des grains de sable qui sont venus s'y nicher. Je vais marcher un peu. Accompagner de mes pas le temps qui passe. Ça ou
autre chose... L'angoisse continuera de déferler dans ma tête, elle écrasera mon corps de ses rouleaux et me tordra consciencieusement, jusqu'au sanglot. Je serai sur la plage ou ailleurs, debout,
en marche. Offerte aux moments et à leurs fascinantes évolutions. Ça ou autre chose...
En te relevant, tu n'auras pas vu que j'étais assise derrière toi, grelottant des mêmes mots, prise dans l'étau de cette inéluctable solitude... Doucement, mes pas s'emboîteront dans tes empreintes et je passerai mon bras sous le tien... Alors, soudain, nous courrons en fredonnant Donna...
J'ai retrouvé les effluves de nos courses folles dans les vapeurs d'un thé. "La vie de Bohème". La plage s'est illuminée d'un soleil radieux, de douces couleurs sont nées du gris, le sable s'est réchauffé encore un peu et la mer a soudain ri... Puis le mirage s'est évanoui. Ma Cécile. Ma si précieuse, ma trop lointaine Cécile...
réponse de : Caco (site web)
le: 08/03/2008 10:49:46
réponse de : Caco (site web)
le: 08/03/2008 10:50:07
Sur la plage abandonnée Coquillage et crustacés ... Le train m'emmènera vers l'automne Retrouver la ville sous la pluie Mon chagrin ne sera pour personne Je le garderai comme un ami ... Mais aux premiers jours d'été Tous les ennuis oubliés Nous reviendrons faire la fête aux crustacés De la plage ensoleillée
J'ai une plage d'hiver, une ville illuminée, et un chagrin partagé entre amis... Bises Muriel
réponse de : Caco (site web)
le: 08/03/2008 10:52:16
Ou peut-être jour une vague plus grosse, plus forte, emportera cette angoisse au large comme un mauvais souvenir évanoui.
Amicales pensées, ma Caco.
(magnifique, ta photo en noir et blanc ! Il me semble toucher chaque grain de sable, sentir sa texture sous mes pieds)
commentaire n° : 4
posté par :
Lise
(site web)
le: 08/03/2008 09:28:35
Merci Lise. Pieds nus sur le sable ? Je te laisse à ta promenade ;) Je t'embrasse
réponse de : Caco (site web)
le: 08/03/2008 10:53:37
Intéressantes nos deux approches différentes de la plage...toi, l'oeil de la photographe (talentueuse ), moi, celle de la poète .;;. ( cf mon poème sur St malo dans mon blog...)
Alors, soudain, nous courrons en fredonnant Donna...
"La vie de Bohème". La plage s'est illuminée d'un soleil radieux, de douces couleurs sont nées du gris, le sable s'est réchauffé encore un peu et la mer a soudain ri...
Puis le mirage s'est évanoui.
Ma Cécile. Ma si précieuse, ma trop lointaine Cécile...