Si j'étais un fruit, je serais le fruit surprise du panier : de saison et local. Je changerais de saveur toutes les semaines, je serais prétexte à des remises en question culinaires, je me
prêterais à toutes les recettes et je m'effacerais sous votre palais en essayant de vous transmettre le goût de ma terre.
Si j'étais un légume, j'aurais grandi dans un petit jardin de ce genre, loin des manies pesticides et des folies d'engrais de
synthèse. Je ne comprendrais pas le sigle OGM, parce qu'un légume ne sait pas lire de toute façon. Je tremblerais, quand même, en entendant le grondement sourd des avions et les rumeurs des
moteurs, et en me souvenant des pointes de mes racines, que ces bruits n'ont pas toujours été. J'espèrerais la nichée d'escargots au coeur de mes feuilles, mais je craindrais les lièvres à la nuit
tombée.
Si j'étais un plat, je serais épicé, végétarien et peut-être même sucré-salé. A voir en fonction de qui serait prévu pour me manger !
Si j'étais un dessert, je serais léger et fruité.
Si j'étais une boisson, je serais un maté simple et vigoureux.
Si j'étais un accessoire, je serais anneau argenté.
Si j'étais une paire de chaussures, je serais bottes de sept lieux.
Si j'étais une créatrice, je dessinerais des lignes de mandalas avec des enfants des pays du sud, pour aider les pauvres occidentaux sous-développés à s'extraire de leurs vies étroites et
insensées.
Si j'étais un mannequin, je pleurerais de froid la nuit derrière ma vitrine, je tremblerais de rage d'être si régulièrement déshabillée sans égards devant les passants, je monterais un syndicat et
je ferais grève pile au moment des soldes. Ou des fêtes. Quand on y réfléchit bien, il y a une foule de moments propices à la grève pour les mannequins décroissants...
Si j'étais une égérie, je serais une muse discrète et effacée, fuyant les admirateurs de l'autre.
Si j'étais un vêtement, je serais une lourde cape de velours couleur nuit.
Si j'étais une matière je serais de l'eau. Pour sa fluidité et ses courants imprévisibles.
Si j'étais une couleur, je serais un bleu d'océan caribéen, quand il se confond avec celui du ciel.
Si j'étais un maquillage, je serais une boue colorée destinée à un rituel magique amérindien.
Si j'étais un parfum, je serais celui de la terre en automne.
Si j'étais un soin, je serais une caresse sur la joue traversée d'une larme.
Si j'étais une marque, je serais celle de l'ange.
Si j'étais une innovation, je serais... internet !!!
Si j'étais un film, je serais un Almodovar.
Si j'étais une série, je serais Heroes.
Si j'étais un livre, je serais mon dictionnaire des symboles.
Si j'étais un chanteur, je serais Matthew Bellamy pour l'éclectisme, les accents écorchés et l'émotion épidermique qu'il me transmet.
Si j'étais une chanteuse, je serais Gwen Stefani pour "Just a girl", "Bathwater" et tant d'autres.
Si j'étais un style de musique, je serais musique trad. Pour la joie contagieuse et la mélancolie lancinante.
Si j'étais une chanson, je serais "Pren-me la man" de la Talvera. Parce que j'oublie presque tout quand je danse. Cinc minutas d'eternitat...
Si j'étais un dicton : Après la pluie vient le beau temps.
Si j'étais un pays, j'abolirais mes frontières et je recyclerais les étoffes de mes drapeaux en grandes jupes pour les femmes de mon peuple, et j'en profiterais pour relancer les bals populaires,
avec orchestre dans les kiosques et sur les places des villages.
Si j'étais une ville, je serais Toulouse, multiple et voyageuse.
Si j'étais une île, je serais Cuba la créole, Cuba la joyeuse, Cuba la miséreuse.
Si j'étais une saison, je serais l'automne.
Si j'étais un paysage, je serais un lac.
~
Quelques personnes que je lirais avec plaisir, si elles voulaient se prendre au jeu de ce portrait... Thomas et son acolyte Ray, Biche, Ariane (dans les commentaires si cela vous tente... ou pourquoi pas sur
votre propre blog :) ), Nono, Zelapin, Zelda, Apprentie, Aventurine... les copines déjà citées par Lise, et les mystérieux lecteurs qui se cachent derrière
mes stats...
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