C'est un petit jardin coquettement enfoncé entre quelques appentis et une maison, dans le fond, que l'on devine douillette. A gauche des petites
marches, sur un mur nu, un pied de passiflore accueille les arrivants. A droite, contre le puits, une table de jardin d'antan peinte de vert et agrémentée de fleurs de rouille. Derrière le
puits, en hauteur, un discret potager s'entoure d'une haie où les chats de la maison aiment à se cacher, les jours de grandes réunions. Au-dessus de nos têtes, des guirlandes de fanions courrent le
long des loupiottes colorées. Et éteintes, pour l'heure : celle du goûter.
Le froid piquait déjà lorsqu'on disposa les trois gateaux sur leur piédestal de carton. Les convives gardaient les mains enfoncés dans leurs poches. Les décolletées frissonnaient doucement. La
musique s'est invitée pour nous réchauffer.
La toute jeune trentenaire gardait ses grands yeux écarquillés de la surprise que tous lui avaient réservée. Ceux qui l'ont mise au monde, ceux qui l'ont vue grandir, ceux qui l'ont apprivoisée
plus tard, l'homme de sa vie et les siens, dont nous faisons partie.
Le vent soufflait le vert fagot de bougies que son Il avait confectionné. Tous les yeux brillaient. On redevient toujours un peu enfant devant un bouquet de bougies...
Les flashes ont crépité, les mains ont applaudi, les coupes se sont levées. Les fruits de la passion, sous leur nappage de chocolat blanc, ont ravi les papilles.
Alors que le soleil se couchait derrière les arbustes, un feu a commencé à crépiter et les lampions ont coloré le fil de nos conversations. Dans mon coin, il était question de rendu photographique,
de films argentiques, de température de la lumière... Je me serais volontiers emparé de quelques clichés, mais...
Et puis la nuit est arrivée, juste quand je n'avais plus froid. Nous sommes tout de même partis après nous être promis de nous revoir bientôt. Mots fragiles dans le froid de novembre. Elan du
coeur, brise-glace du temps qui passe. Et qui n'en finit plus de nous séparer...
vos mots