land art /5 : le temps de créer

Publié le par Caco

Avec ce que nous avions vu, senti, entendu, ressenti...

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feuille de cornouiller, qui tient toute seule quand on la déchire
(grâce à sa sève)

Les yeux s'étaient ouverts tout grands, les dialogues s'étaient noués... et dès l'heure de la cueillette l'imagination s'était déjà mise en route.


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land-art pas fait exprès !

La journée commençait par un temps de présentation et de découvertes sous forme de jeux. Le tout en immersion dans l'environnement. On ne mesure pas toujours l'importance de s'asseoir dans l'herbe, de caresser un tronc d'arbre, de toucher un piquant, pour voir...
Une petite escale technique nous apprit l'art de concevoir un herbier des sauvages. Il vous faut des feuilles et des fleurs ramassées au gré du chemin, des petits coupons de tissu blanc (coton ou lin), une masse et un support lisse et solide (une pierre polie de préférence, ou une ardoise... ou votre carrelage !). Disposez vos feuilles sur une partie d'un coupon. Repliez-le en deux ; quelqu'un doit maintenir les extrémités du tissu pour éviter qu'il ne bouge pendant que quelqu'un d'autre tape fort avec la masse !
Certaines feuilles contiennent beaucoup de tanin (ronces, fraisier, menthe, chêne...), d'autres moins. Les empreintes qu'elles laissent seront plus ou moins marquées. Il faut maintenir le tissu sinon voilà ce qui arrive :


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brouillon d'herbier des sauvages (non fixé)
sur pigments forestiers

On a quand même un bel aperçu des couleurs, et une empreinte partielle d'une feuille de menthe. J'aurais dû prendre les beaux herbiers en photo... On voyait si nettement la structure de la feuille, ses nuances de couleurs... Mais comme souvent lorsque je suis émerveillée, j'oublie tout, y compris mon appareil photo.
Par contre, en raison du procédé "musclé", les feurs et les baies ne rendaient pas très bien. Il vaut mieux les frotter sur du papier bristol pour fabriquer une carte postale avec leurs pigments. D'ailleurs les couleurs que l'on obtient ne sont pas toujours celles qu'on aurait supposé au départ...
On peut fixer les tanins avec une solution de sulfate de fer qui s'achète tout fait en dorguerie, ou peut se fabriquer maison aussi en mettant du vinaigre blanc et quelques clous rouillés à chauffer doucement. Le liquide s'opacifie et on voit un dépôt de rouille se former au fond de la casserole. Attention, ce produit n'est pas écologique (il y a bien pire, mais bon...), ne fabriquez que la quantité que vous utiliserez, ou bien conservez le reste pour la prochaine fois dans un bocal en verre.
Pour fixer donc, il suffit de tremper l'herbier rapidement dans la solution et de laisser sécher. Les tanins noircissent, c'est moins joli à mon goût mais cela tiendra au lavage (... à vos t-shirts ! ;) ).

herbier des sauvages "fixé"
(feuille de fougère, fleur de pissenlit, baie d'automne)
seules les parties grises (la partie de la plante contenant les tanins, le cas échéant) sont fixées

 Puis ce fut l'heure du déjeuner, moment d'échange privilégié... Et seulement après, le temps de la création proprement dit. Deux groupes furent formés, le premier travaillait les ombres projetées : il s'agissait de choisir un coin de soleil, une position, et de reproduire la forme de l'ombre avec les éléments ramassés le matin.

femmechataigne.jpg
détail de la femme châtaigne

C'est dans ce groupe que j'avais choisi de travailler. Un autre stagiaire et moi nous sommes constitués en équipe. C'était très ludique, nous avons projeté l'ombre de la femme photographe... Notre attitude à nous était assez dilettante cela dit, et nous avons très rapidement préféré aller voir les autres, comparer nos regards sur leurs travaux... Et c'est ainsi que nous avons rejoint le deuxième groupe qui réalisait des mandalas.
Est-il utile que je décrive l'ambiance qui baignait le lieu où ils se trouvaient ? La dynamique toute particulière qui semblait les mouvoir et les porter ? Je crois que je vais plutôt laisser les images parler d'elles-mêmes...

 mandalas1.jpg

mandaladetail.jpg mandaladetail2.jpg

mandala3.jpg

Ces quelques idées créatives sont à la portée de tous, par tous les temps et tous les environnements.
Quelques liens pour aller plus loin ?

Nils Udo
à la manière d'Andy Goldsworthy (cairns et mur)
Franz Kracjberg, le parallèle entre la guerre et la déforestation
land-art urbain

Sur ce, je vous laisse, j'ai des bagages à préparer, les cartes mémoire de l'apn à vider, des pique-nique à prévoir... Bona fin de semana !

Publié dans atelier

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laglesine :0010: 19/12/2007 20:04

sympa ces créations !!

n-talo 23/10/2007 07:48

ça me donne envie, moi qui entend l'appel de la forêt sans pouvoir y répondrepourvupourvuqu'il fasse beau encore quelques temps

Caco 23/10/2007 23:05

Je le souhaite aussi.Des bises, Nath :)

Eeunded 22/10/2007 22:43

Un peu comme Mirza, je trouve ta première photo vraiment très belle. La macro est vraiment bien réussie ! En tout casn ton article incite à faite du Land Art...

Caco 23/10/2007 23:04

Merci Eeunded ! J'espère voir vos réalisations, un jour ! :)

mirza 20/10/2007 12:35

Magnifique, magnifique, magnifique !!! La toute première m'a conquise, je ne sais pas, j'ai eu un mal fou à m'en dégager. Au fait, j'espère que tu en as profité pour ramasser des cornouilles ? Ça fait une super confiture !

Caco 21/10/2007 22:20

Je vous remercie mesdames (et jeunes messieurs !) :)J'aime beaucoup aussi cette photo de la feuille de cornouiller. Sa texture... les filaments de sève... et puis pour une fois que je réussis vraiment une macro ! (au bout de 4 ans certaines fonctionnalités de mon apn ne sont toujours pas domptées ;) )Je ne savais pas, pour la confiture de cornouilles. Haaa... si je pouvais me promener avec toi dans la nature !Bisous :)

C?cile 20/10/2007 11:32

En direct de la porte : "Regarde (dit l'aîné au cadet), c'est super beau ce qu'elle a photographié, Caco !!"... Rien à ajouter !(je pourrais pas surfer un peu seule ??!!)