dans la nouvelle école

Publié le par Caco

Dans la nouvelle école, il y a une cour en herbe et en cailloux. Quant il pleut, ça fait de la boue. Du coup, les parents laissent une paire de bottes par enfant. Il y a un vrai bac à sable avec des bordures en bois. Et aussi, cette année, les enfants de la petite classe réaliseront un jardin des senteurs, dans un coin.

Dans la cour, des papas s'attardent le soir en venant chercher leurs enfants. Certains prennent parfois le temps d'une partie de ballon prisonnier. De temps en temps, un animateur du CLAE passe distribuer les gateaux confectionnés la veille par les enfants.
Dans l'entrée, on s'informe avec les panneaux d'affichage, on note la date de la prochaine réunion, on prend son courrier dans son casier : chaque famille en a un. En se dirigeant vers le couloir, on peut voir des oeuvres, elles ont été réalisées lesquelles par les enfants, laquelle par un papa, une maman...

Dans la nouvelle école, il y a trois classes, de la toute petite section au CM2. Sur le mur des manteaux et des cartables, sont affichés les visages que les enfants ont peint en tout début d'année. Mamzelle s'est représentée avec une grande mèche "marrone" qui lui recouvre les yeux. Je suis émue à chaque fois que mon regard se pose sur son premier auto-portrait...

Dans la nouvelle école, il y a un réfectoire bruyant pour les deux classes des plus grands. La classe des petits le traverse deux fois par jour pour se rendre dans ce qu'ils nomment pompeusement le "restaurant" - en fait c'est la bibliothèque, le reste du temps, et le midi, elle devient restaurant ! Le réfectoire mérite pourtant qu'on s'y attarde : voyez un peu ce gigantesque avion de carton, n'est-il pas d'un beau rouge éclatant ? Les parents qui se sont proposé de le fixer dans le ciel de la pièce ont dû bien s'amuser, n'empêche. D'autres ont accroché aux cimaises les toiles encadrées de maîtres en herbe. Des scènes aériennes réalisées l'année dernière, je suppose.

Les portes qui s'ouvrent depuis le réfectoire sont toujours ouvertes : la cuisine, où on peut s'arrêter boire un café si vous n'êtes pas encore tout à fait réveillé, et le bureau, si vous avez quelque chose à vérifier, un document à taper et à distribuer, c'est le moment !
Dans la nouvelle école, on vous dit rapidement la journée de l'enfant, au moment de partir. A-t-il dormi, tout mangé ou boudé ses camarades ? Avant l'heure de se quitter, on se regroupe pour dire si la journée a été belle, mitigée ou orageuse. Solelh, nivol, auratge ?
Dans la nouvelle école, on écoute les parents aussi. Et pour cause : ce sont des parents qui l'ont créé et d'autres parents qui là gèrent à présent. Alors on se réunit, on parle de tout ce qui touche à l'école (pédagogie, projets, manifestations, organisation, communication, sécurité, maintenance, agréments...). On pose les problèmes, on envisage les solutions proposées par chacun, on délibère, on vote parfois, si un consensus ne se dégage pas de lui-même.

La nouvelle école, elle est comme un grand arbre aux couleurs des petits qu'il a vu pousser, avec des branches solides de bienveillance et de bonnes volontés, qui frémissent de joie de voir les ailes des calandrons se déployer.

Publié dans les yeux ouverts

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

@tom 20/10/2007 05:00

Elle a l'air sympa cette école. Ca donnerait presque envie d'y retourner... C'est une école occitane?

Caco 21/10/2007 22:17

Tout à fait ! :)

biche 19/10/2007 12:41

bonjour, je réponds un peu tard… Alors, une Bressola, c’est une école « d’immersion » en langue catalane, c’est une école laïque, privée, ou l’on paye selon ses revenus, c’est une école ou l’on accueille les enfants comme des « personnes »…Les Bressolas sont suffisamment libres entre elles, pour que chaque équipe fabrique sa propre dynamique pédagogique.Dans notre Bressola, on pratique la verticalité (mélange d’âges des enfants, en principe 3 niveaux), on intègre des enfants « différents », les enfants se prennent en charge les uns les autres, on pratique beaucoup  l’auto évaluation, (chaque enfant tente de savoir ce qu’il sait, ce qu’il lui faut améliorer, là ou il peut apprendre aux autres) … le contraire de l’esprit de compétition…Dans notre Bressola, les parents ont naturellement une place, très variable: certains sont très présents, d’autres moins. Nous avons une association indépendante de l’école, dont le but est d’assister l’équipe selon ses besoins…. Ça va du bricolage, aux réunions de réflexion pédagogique ouverte à tous, (enseignants et parents ) , en passant par l’organisation des fêtes …  Mais dans notre Bressola, il y a aussi un jardin potager…et surtout, surtout, dans notre Bressola, c’est super sympa, tendre, gai et inventif, et il fait bon s’y retrouver.Alors, c'est vrai, je trouve tout ça vraiment génial... peut -être que peu à peu, ça va influencer les autres écoles ?ouf! j'en ai beaucoup dit !! bonne journée à vous, 

Caco 19/10/2007 14:19

Merci Biche ! :)Il y a des similitudes, nous avons aussi une association "parallèle" pour l'organisation des manifestations, notamment. Je me rends compte en te lisant que j'ai mille et une choses à découvrir sur le fonctionnement de l'école... c'est passionnat ! :)Merci encore !

n-talo 19/10/2007 08:50

mes petites sont grandes, j'ai révée d'une pareille école pour elles quand elles été petites, elles parfois souffert à l'école : il n'y a pas de place pour la liberté de chacun à l'école publique !je suis heureuse pour mamzelle

Caco 19/10/2007 14:16

...Des bises, Nath.

Aventurine 18/10/2007 17:43

Génial ! Comme j'aimerais enseigner dans une école comme celle-là. Mais je me suis renseignée, les places sont chères et réservées aux gros barèmes, c'est à dire aux instits' qui ont beaucoup d'ancienneté. Cela dit, on peut faire du très bon travail ailleurs, il y a parfois des équipes formidables dans des écoles classiques. Comme toi, je rêve d’une société dont les priorités sont l’éducation et l’environnement. On en est loin mais quelques-uns essayent tout de même. On ne construit rien sans idéal et si je le répète souvent, c’est parce que j’en suis persuadée ! Je ne te laisse pas beaucoup de commentaires, Caco, car je suis très occupée, mais je te suis, de loin, et j’apprécie toujours autant ta prose. Je t’embrasse.

Caco 19/10/2007 06:38

Ah !? Elles sont jeunes pourtant les instits "chez nous".Je sais qu'il y a des équipes formidables parfois, j'en ai entendu parler... et je vous lis, toi et Agnès, et ça alimente mon optimisme ;)Oh ! J'ai oublié de parler des actions écolo de l'école !Alors voilà :Dans la nouvelle école, l'électricité provient d'un fournisseur garantissant une énergie renouvellable. On peut apporter le repas "maison" des enfants. Plusieurs mangent bio, c'est rigolo.Je me suis portée volontaire pour gérer les stocks de produits ménagers. Ma monomanie des produits écolos va encore pouvoir s'exprimer (et personne ne pourra râler, parce que je suis bénévole, moi, madame !) ;)Je sais, Aventurine... Moi aussi en ce moment, je suis absente un peu partout. Il y a un temps pour tout :)Je t'embrasse.

Nono5606 18/10/2007 13:48

J'viens de rattraper mon retard... Que de belles photos, que de beaux textes, quelle belle expérience le Land-Art...Et puis l'école pour finir... En Bretagne, cetaines écoles DiWan (à priori un peu le même système...) ont du fermer pour des questions de nombre, de financement, de gens motivés, c'est bien dommage...Quand on peut transmettre aux enfants de si bonnes valeurs...

Caco 19/10/2007 06:33

J'ai l'impression que le spectre de la fermeture hante toutes les petites structures... même publiques :(Alors les associatives, tu parles...Aux premières loges pour les suppressions de postes... :(