mues

Publié le par Caco

La chute inexorable des températures et un petit tour à une bourse aux vêtements (pas celle de Cécile, malheureusement !) a fini par me décider : il fallait ressortir des cartons les derniers vestiges de notre garde-robe, ces quelques pièces qui ont héroïquement survécu au Grand Désencombrement.

Il y avait cette jupe en laine de grande marque, datant de mes dernières soldes. J'étais alors étudiante, et je me souviens que le seul problème que je n'avais pas, à quelque chose près, était l'argent disponible sur mon compte en banque. Il y avait aussi cette cape en laine châtaigne dont je n'arrive pas à me défaire, parce que Cicia me l'a offert le jour de mes 20 ans. Et ce pantalon de grossesse si bien taillé, qu'il faudrait que j'essaie quand même sans le ventre qui devrait aller avec ! Je l'avais oublié, mais j'ai gardé ce pull bleu marine à franges, souvenir du froid canadien. Et aussi ce pull-poncho aux tons chauds acheté à Tours et que je n'ai presque jamais mis...

Et puis, il y avait mes vestes. Presque toutes noires. Coupe impeccable. Je me suis souvenu les avoir gardées dans la crainte de devoir retourner allécher le recruteur ou attirer l'oeil du décideur... Je me suis revue dedans, un peu engoncée, et mon image dans le miroir qui ne trahissait pas cette gêne que mon dos supportait tout au long de la journée...
On me rappelle parfois l'allure que les tailleurs me donnaient. L'harmonie formé par mon apparence physique et ce style vestimentaire.
Oui mais... Ces considérations me passent si loin au-dessus de la tête que je n'en vois que les volutes de fumée qui en marquent la trajectoire. Par contre je me souviens avec précision de ce que vivait l'être emprisonné dans son tailleur et dans son bureau, le regard rivé à son écran géant. En préparant mes tableaux de bord, je me donnais l'impression d'accéder à la cabine de pilotage et d'apercevoir tout ce qui se passait dans l'Entreprise. J'imaginais l'horizon, la beauté des étoiles et l'ivresse des changements de cap.
Dans la réalité de ma fonction, je brassais juste des chiffres, en robot perfectible et non rentable. Ce qui m'importe le plus, ce qui m'est personnellement nécessaire, j'en étais privé : le terrain. Les humains.


J'ai soigneusement plié chacune de mes vestes, et je les ai empilées dans une housse que j'ai rangée à plat dans un placard. Qu'elles dorment enfin du sommeil du juste.
Longtemps, longtemps...

Publié dans un pas après l'autre

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Le Chat qui Pete 17/10/2007 14:16

Je n'ai pas gardé mes costumes de mon temps de consultant parisien faut-être-classe-quand-on-va-chez-le-client. Mais en ouvrant mes cartons dans mon nouveau chez moi j'ai retourvé mes cravates. De la rigolote décontractée à la griffée très habillée.Avec les bottes et la faucheuse, ça devrait le faire non ?(accessoirement, j'aime beaucoup l'expression Grand Désencombrement)

Caco 17/10/2007 21:14

Avec les bottes et la faucheuse, ça devrait le faire non ?Je t'y vois très bien :D (enfin...)Tu me rappelles qu'en rangeant mes vestes, j'ai croisé les ex cravates de l'Homme des bois - et cette interrogation : mais qu'est-ce qu'on va en faire ?!

Apprentie 15/10/2007 11:37

Voilà un cycle fermé on dirait! :-)

Caco 15/10/2007 23:00

Oui, en effet :)Et pas n'importe lequel... Il m'aura fallu près de 5 ans de travail pour le boucler, celui-là !

C?cile 14/10/2007 21:12

Alors, jean-baskets ?!J'ai hâte de voir ça !

Caco 15/10/2007 22:58

Pas tout le temps, non ! Oh pis tu verras bien ;)

Agnès 14/10/2007 20:28

Laisse mamzelle les exorciser, plus tard. J'avais bien fait une tenue néo-gothique du smocking de mon père. Comme il détestait les uniformes, je ne pouvait lui rendre plus bel hommage.

Caco 14/10/2007 20:58

Hey, Agnès ! Contente de te voir de retour... :)Très bonne idée que voilà, je les mettrai avec les tenues de soirée et autres robes de cocktail que j'ai déjà remisées pour elle... Merci :)