un beau jour

Publié le par Caco

Il vivait une existence tranquille. Dans la douceur d'un quotidien rassurant, entouré de ceux qu'il reconnaissait depuis toujours, lui semblait-il, et sans jamais rencontrer d'obstacle à la satisfaction de ses besoins.
Dans son environnement calme et prévisible, il était juste bien. Oh, certes, l'ennui arrivait parfois à percer ses jours. On ne peut pas toujours s'étonner de tout et il n'était pas sûr de vouloir tout changer pour un peu d'inconnu. C'est inquiétant finalement, l'inconnu. Comment maîtriser ce dont on ne sait rien ? L'attente, elle, est plus facilement maniable. On l'habille de ses rêves, on y écoute le temps qui s'écoule, on s'y berce.

Pourtant, depuis plusieurs jours déjà, trois jours et autant de nuits pour être précis, il sentait que quelque chose se préparait. Les bruits semblaient plus vifs. Une pulsation, dans ce qu'il avait de plus profond, allait crescendo. Inaudible de ses oreilles pourtant si sensibles. Invisible dans son quotidien tranquille.
Ainsi, il ne dormait plus que par bribes. Il avait attendu tout ce temps un inconnu qui arrivait. Dans une joie impatiente dont il ne pensait même pas à s'étonner, son éternité allait rencontrer un premier toujours.

Il y eut des changements de rythme, des mouvements, des hurlements.
Une épreuve, un parcours
Et la fin de tous ses temps.

C'est ainsi que le miracle eut lieu et que le plus fragile franchit les portes les plus robustes, celles qui séparent l'enveloppe d'une femme des entrailles de la mère.
C'est ainsi que l'enfant naquit.

La lumière tamisée était encore assez forte pour ses yeux vierges du jour. Sur sa peau, la chaleur et la douceur. Dans sa bouche, dès qu'il l'appelait, le nectar de son cocon sacré. Il entendait des sons, aussi. Il se souvint de ce lien qui furent deux puis une multitude : il avait déjà rencontré ces voix amies. Il devinait aussi l'inédit, les promesses de couleurs, la folie du rire, la musique des mots...

C'était beau. Puissament beau. Des années plus tard il pourrait dire "trop beau", mais "trop" est un mot inconnu, dans l'éternité.
Toutefois, une éternité ayant déjà abouti, il évaluait ses risques. Histoire de ne pas en manquer une miette, il décida donc d'arrêter de dormir... ;)



Publié dans les mille et une...

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Isabelle ! 02/10/2008 03:57

366 ricochets plus tard, ce "beau jour" redevient… tien !
De toi en toi — et ainsi de suite jusqu'à "mille et une" — que ton cœur et tes rêves continuent de s'y colorier mutuellement…
Anniversantes bises     ;-)

Lise 06/10/2007 22:53

Huuum :-)

Emmanuelle 04/10/2007 20:04

je suis sous le charme. Début prometteur pour ce "mille et une..."

Caco 04/10/2007 20:48

... ;)

C?cile 03/10/2007 22:02

Tu pourrais dire merci quand on te fait des compliments, quand même ??!!

Caco 04/10/2007 20:47

:D

Apprentie 03/10/2007 12:51

Ça commence bien! ;-)

Caco 03/10/2007 19:35

;)Merci...(Ouh là je suis inspirée ce soir pour vous répondre...)