almodovar

Publié le par Caco

Depuis quelques semaines, mes lundis soirs sont habités des films de Pedro Almodovar. J'aime ses couleurs, ses ambiances, je reconnais la vie comme il la décrit. Je m'attache à ses femmes. A la fois proches et inaccessibles, faillibles et entières, sages et déjantées. J'ai l'impression que cet homme aura passé son temps à observer et restituer chacune de nos déchirures, et chaque menue reprise qu'on aura dû opérer pour continuer de vivre. Et c'est comme si j'avais, un instant au moins, été chacune d'elles. Dans ce que j'ai pour habitude de nommer "d'autres vies" – pas si lointaines que cela en fait, à peine quelques petites années, des vies dans lesquelles moi, je n'étais pas "autre".

Ainsi, ces femmes m'habitent… il m'est d'autant plus troublant de les voir s'aimer, se consoler, se laisser découvrir et se déchirer. Le tout dans une grande scène bigarrée et mystérieusement orchestrée, un chaos qui finit par se révéler édifice là où on veut bien lui donner du sens, une souffrance qui se révèlera belle, à l'endroit où un voile se laissera soulever.

J'ai l'impression qu'il nous dit que la réalité est crue, sévère, impitoyable… Et que le sens de nos vies est beau parce que bordé de notre humanité.

... A moins que ce soit de notre féminité ;)

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@tom 28/09/2007 07:09

D'Almodovar je n'ai vu que deux films: Tout sur ma mère, que je n'ai pas du tout aimé. Je n'y ai pas cru, je devrais dire.Et puis j'ai vu Volver, et là j'ai été transporté, ému, enthousiasmé. Et je retrouve dans ce que tu dis des choses que j'ai ressenties en voyant ce beau film

Caco 29/09/2007 18:35

Pour ma part, je suis tombée dedans avec Talons Aiguilles. A l'époque, la guerre entre ma mère et moi battait son plein. Et ce film... non seulement il m'a bouleversée, mais en plus j'ai découvert avec stupeur que ma mère l'avait adoré aussi. Ainsi donc elle et moi partagions encore quelquechose. Et quelquechose de profond, à en croire l'émotion que ce film déclenchait en elle. Y voyait-elle aussi l'expression de notre déchirure, l'immensité de mon désarroi ? Aujourd'hui encore je crois qu'elle était incapable de cela, elle qui était rongée par ses démons, harcelée par ses échecs... Mais enfin, ce film l'avait touchée. Comme d'autres, du même réalisateur... C'est aussi son mystère à elle que j'approche quand j'en visionne un.Dois-je préciser que j'ai adoré Tout sur ma mère ? ;)(Quant à Volver, ce fut fut LA sortie ciné de ces 4 dernières années ! Nous ne fûmes pas déçus :) )

Ingrid+7 28/09/2007 00:44

D'abord il m'a attachée,  matador, je suis allée jusqu'au fond des ténèbres (quel trip!), et je suis souvent allée avec lui, au bord de la crise de nerf.J'adore!

Caco 29/09/2007 18:25

Bienvenue ici Ingrid :)Matador, je ne l'ai pas vu ! Je vais aller le t*l*charg*r de ce pas tiens... Merci !

Lise 26/09/2007 14:06

Tes mots sont si justes, encore une fois, Carole :-)Pour ma part, j'ai découvert ses films quand j'étais étudiante. A l'Entrepôt, lieu que j'aime beaucoup (http://www.lentrepot.fr/).J'ai été impressionnée par la force de ce qui se passait dans ces appartements à grosses fleurs sur les murs, dans ces vies parfois déglinguées mais toujours belles, même dans le pire. Quelle bouffée d'oxygène !J'en ai revus certains, ou découverts d'autres, les années suivantes. Je n'ai jamais été déçue

Caco 26/09/2007 22:34

Je ne connaissais pas l'Entrepôt.Jamais déçue, non plus... y compris en les revoyant ! :)Bises !

Nono5606 25/09/2007 22:12

De notre humanité ET de notre féminité!Toutes deux d'octobre! Et j'suis également amatrice des films d'Almodovar (j'en ai mis une ligne sur mon blog il y une douzaine de jours), Merci Arte pour les redif et vivement le prochain au cinéma!

Caco 26/09/2007 22:33

Les deux sont-ils dissociables ? ;)Quel beau mois, n'est-ce pas !? :)