apprivoisement

Publié le par Caco

En gravissant l'escalier extérieur, les doutes me revenaient. Et si elle n'était pas là, finalement ? Et si j'allais perdre mon temps ? Heureusement, notre récente rencontre avaient démenti les premières impressions, ces nombreuses conversations téléphoniques qui ne nous avaient pas apporté grand-chose d'agréable.
Malgré cela, je n'avais pas confiance.
La petite porte d'entrée s'ouvrait sur une vaste salle. Des restes de décors de scènes agrippaient un mur entier, jusqu'au plafond immense. Les tomettes cirées inégales supportaient quelques palettes, vestiges démontés d'une scène miniature pour élèves intimidés.
Elle était là, comme le clama sa voix claire, depuis une autre pièce. Encore plus grande, encore plus encombrée : deux étages de portants couraient tout autour. Du clinquant au fané, du sage à l'excentrique, costumes de fête ou des champ, offraient leurs tranches à mon regard. Au milieu de la pièce, de grandes planches sur trétaux, et d'innombrables boîtes d'accessoires ou de boutons : nous sommes dans les coulisses, apparemment.
C'est là qu'après une visite commentée, nous nous installâmes devant un café. Occupant nos mains à l'une des tâches urgentes à entreprendre, laissant nos mots se délier et nous raconter. L'une en cascades de phrases, m'offrant autant de bouts de sa vie, l'autre toute en silences et questions brève - ma position de repli lorsque je ne suis pas encore tout à fait à mon aise.


Parce qu'une quasi-inconnue qui m'offre avec son café la chaleur de ses mots, et me transmet en une paire d'heure la passion de son métier et quelques-unes des plaies de sa vie de femme, c'est un cadeau tellement beau et inattendu que quelquechose en moi se cabre... pour s'incliner juste après et caresser des yeux celle dont jusque dans ma sauvagerie, je reconnais des bribes.

Nous nous sommes croisées cet après-midi, au travail. Je ne suis toujours pas à mon aise sous son regard clair et son sourire franc...

Que je lui renvoie, pourtant, presque à mon insu - tout naturellement.

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C�cile 19/09/2007 23:56

Pour moi, c'est du noir, 72 %  !

C�cile 19/09/2007 22:21

Bien sûr que t'es cap !! On parie ? (une tablette de chocolat !)

Caco 19/09/2007 22:40

Tenu ! ;)

C�cile 19/09/2007 14:46

Si elle se livre ainsi à toi, c'est que tu la mets en confiance, malgré toi... mets-toi en confiance aussi et laisse-toi porter... Tu verras, ça fait un bien fou !

Caco 19/09/2007 21:49

En suis-je seulement capable ? Je vais essayer...

mirza 19/09/2007 08:02

Ça, ça me rappelle les débuts de ma relation avec une amie. Dès la première seconde, elle avait lu en moi à livre ouvert, jusque dans les recoins le plus sévèrement cachés. C'était troublant, je ne savais pas quoi faire. Et puis je me suis laissée apprivoiser, petit à petit.

Il y a des rencontres comme ça, où l'on a l'impression de ne pas avoir de prise sur leur déroulement, alors que bien sûr que si, en réalité.

Caco 19/09/2007 21:48

Chouette perspective que tu m'ouvres là ;)En effet j'ai la sensation bizarre que même si je voulais la détester (nos premiers contacts.. hum !) je n'y parviendrais pas. A moins que je ne trouve qu'elle me ressemble trop pour que je puisse m'attacher à elle. Très très étrange tout ça ;)