Mercredi 13 juin 2007
Le changement de rythme est vécu différemment par chacun des membres de la famille. Soi-disant que tout doit aller bien lorsque les parents s'épanouissent, que ce soit à la maison ou à l'extérieur. Soi-disant que la vie est simple, qu'elle enrichit au lieu de tout engloutir. Soi-disant que le temps arrange les choses, que tout se tasse, soi-disant que les enfants grandissent, soi-disant qu'on grandit aussi à leur contact...

Je vais vous dire... j'ai entendu des confidences, j'ai vu les impasses des autres, leur souffrance, leur chemin de ronces parce qu'il faut bien avancer, parce que dans certaines situations on n'a plus d'autre choix... C'est mon tour aujourd'hui, et depuis quelques années, je ne puis que cheminer, écorchée la moitié du temps, de cette souffrance indicible. Taboue. Barbelés et camisole.

Certains avancent qu'on ne regrette jamais le choix d'accueillir un enfant. C'est difficile de ne pas avoir tort lorsqu'on se risque à une telle généralité : il suffit qu'un seul jour, une seule personne vérifie son contraire, pour que l'édifice si suffisant s'écroule comme un vulgaire chateau de cartes.
Il est autorisé d'avoir des rapports difficiles avec les autres, qu'on les ait choisis ou pas. On trouve toujours une oreille compatissante. Qu'un tiers vous accuse lorsque vous hurlez de souffrance, et il sera taxé de cruauté, d'indifférence, de manque de coeur... Sauf si vous êtes une mère et que vous souffrez de votre relation à votre enfant. C'est à croire qu'on les choisit, qu'on les instaure, ces relations, et qu'on les maîtrise suffisamment pour en assumer l'entière responsabilité....
Ça ne tient pas...
Alors aujourd'hui je me risque à évoquer les difficultés que je rencontre avec ma fille. Tant pis pour les critiques, les flèches, les cailloux, les mots qui font mal... Les rares autres fois où je me suis confiée (cela n'est-il pourtant pas précieux, quelqu'un qui humblement se confie ?), j'en ai tellement pris dans la figure et dans le ventre... Vous pouvez y aller, certaines zones sont devenues insensibles.

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commentaires (27)   
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Commentaires

Oh, non, je ne jouerai pas de la dague sur les blessures que même le temps ne peut panser.
Non, je ne te jetterai pas la pierre.
Non, je ne te fuierai pas.
Parce que nous sommes deux à faire s'effondrer le château de cartes de la vie parfaite...
Du soi-disant bonheur du voisin..
commentaire n° : 1 posté par : cécile (site web) le: 13/06/2007 12:47:00
Merci Cécile...
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:21:28
Je ne suis pas sûre de tout comprendre, mais je me permets de t'embrasser, comme une grande soeur en souffrance. J'ose croire qu'ici nous sommes honorés de ta parole.
commentaire n° : 2 posté par : Pistil (site web) le: 13/06/2007 12:59:59
Je comprends que cela soit obscur... Ça m'est difficile d'expliquer la situation, parce qu'une partie de l'histoire ne m'appartient pas complètement. Cela me gêne de parler de Mamzelle sans son accord, quoi.
Je suis touchée par tes mots Pistil. Je te serre fort contre mon coeur.
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:42:22
Comme si c'était toujours l'île enchantée d'avoir des enfants !
Ce serait ça qui serait inquiétant !!!
Mais il y a beaucoup d'amour entre vous, c'est cela qui compte.
Bon courage.
Isolde, qui n'en a pas, aimerait en avoir, et du coup guette chez les zotres comment ça se passe ;)
commentaire n° : 3 posté par : isolde (site web) le: 13/06/2007 13:01:24
Comment ça se passe chez nous ? Ben c'est pas brillant :/
Pour l'Homme des bois, ça va à peu près, dans l'ensemble. Pour moi, c'est de difficile à très ardu, aux confins du supportable - et au-delà. Entre deux traversées du désert, quelques oasis. Nous venons d'en quitter une, la plus longue que j'aie connu depuis sa naissance (environ 7-8 mois).

Mais il y a nombre de familles où ça se passe mille fois mieux. En apparence en tous cas...
Oui, l'amour c'est indispensable, c'est notre ciment... mais ça ne suffit pas, là :(
Merci de tes mots, Isolde. Ils font du bien :)
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:32:53
Comme si tout était merveilleux derrière les portes closes...
De quel droit te jetterais-je la pierre ?
Je t'embrasse fort

Lise
commentaire n° : 4 posté par : Lise (site web) le: 13/06/2007 13:04:52
Merci, Lise...
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:44:04

Bonjour Caco,

je trouve que tu es courageuse d'écrire ce genre d'article et de ce fait cela fait de toi une personne très franche et entière. Tu ne te ments pas et tu ne ments pas aux autres. Je préfère lire des articles comme celui ci plutôt que des articles où les mamans disent que tout est parfait tout va bien alors qu'en fait il y a souvent des souffrances derrières ces belles paroles. Du coup elles se mentent et mentent tout court. 

Moi, je n'ai pas d'enfant et je n'en veux pas. Ce qui ne veut pas dire que je n'aime pas les enfants au contraire. J'adore les enfants ... des autres, avec les ennuis les soucis en moins. Surtout que la vie est assez dure de nos jours je ne veux donc pas me la compliquer encore plus. 
Et bien tu vois, moi, de dire ça dans tes commentaires je risque de me faire traiter d'inhumaine et tout et tout et bien je l'assume car mon bonheur je le trouve avec mon homme et mes deux ptites minettes et bien sûr avec les enfants qu'il y a dans mon entourages.
Oulala, j'ai dévié le sujet sur moi, c'est pas bien !

Sache que je t'approuve et ne te blame absolument pas pour de telles confidences.  Au moins en le disant haut et fort tu évites la frustration que cela peut entraîner lorsque l'on cache ce genre de sentiments. Trop de mamans se cachent derrière la réalité.
Bisou, bonne journée et une ptite caresse pour la minette ! j'espère qu'elle va bien ^^

commentaire n° : 5 posté par : Kerta (site web) le: 13/06/2007 13:44:22
Merci de ta franchise Kerta.
En la matière, je crois qu'il n'y a pas un choix plus humain, moins égoïste, plus honorable qu'un autre.
Belle va bien, enfin je crois, je ne m'en suis pas trop occupé aujourd'hui (à part refaire les niveaux dans les gamelles). Là elle joue avec un lacet de ma chaussure ;)
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:37:07
Ce n'est pas un hasard si seul ton blog (+ 1) figure sur le mien... Parce que, comme Kerta, j'ai beaucoup de mal avec les textes tirés de "l'île aux enfants". Tu en es encore plus humaine, Caco, et ce courage de dire est une grande preuve d'amour. Parce que tu vois les choses, tu ne tais pas les blessures... Tu les montres même.
(Mais peut-être cherchais-tu un troll ?? Bon je t'envoie ma soeur !)
Personne ne te jugera. Il y a bien longtemps que les mères ne lisent plus Laurence Pernout.
Mamzelle ne sait pas comment tu aimerais être... ou comment tu aimerais l'aimer. Elle sait que tu es sa maman. Elle sait que tu es là. Elle sait qu'elle regard tu portes sur elle. Elle sait que tu es là, malgré ton éventuel désir d'être autre... ou ailleurs.
commentaire n° : 6 posté par : cécile (site web) le: 13/06/2007 14:05:16
La plupart des gens jugent, c'est ainsi, j'ai fini par accepter ce constat, et en retour je m'efforce de décortiquer mes propres jugements, lorsqu'ils surviennent.

(Ailleurs, oh oui...)

Enfin, voici une annonce officielle, claire et sans détours :

BLOGUEUSE RECHERCHE TROLL POUR PASSER SES NERFS A MOINDRE FRAIS !
Réponse rapide et efficace assurée.

;)
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:25:53
Sans connaître ton histoire, et sans voulloir asséner mes vérités, Je crois que l'on est toute dans le même bateau, que l'on veuille se l'avouer ou non; Nos enfants sont des êtres à par entière, et les découvrir, vivre avec et les aider à s'épanouïr est difficile. 

Et c'est d'antant plus difficile que, comme on le dit avec mon homme quand on essaye de dédramatiser par l'ironie: "ya pas de service après vente ?". Il faut bien avancer. 

Après, chacun(e) apprivoise la situation à sa manière. Certain(es), selon leurs histoires personnelles et surtout selon l'enfant, s'en sortent mieux que d'autre. Je ne suis pas une adepte de Freud mais il y a une chôse qu'il disait "quoi que vous fassiez, de toute manière vous fairez mal". Ce n'est pas prendre au pied de la lettre, mais l'esprit y est.

Je crois comprendre ceux que tu veux dire par "les jours difficiles", et aussi par rapport au regard exterieur . Et c'est sur que de ne pas pouvoir en parler, rend les chôses encore plus difficile. 

Je ne peux donc pas t'aider, juste t'assurer de mon soutien si par hazard tu en avais besoin.
commentaire n° : 7 posté par : Mema (site web) le: 13/06/2007 14:49:03
Oh oui j'en ai besoin... Et il est là... Merci Mema. Je pense chacun des mots que tu as écrits. Le partage est... salvateur ?... réparateur ?... Bref : un grand merci à toi :)
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:48:13

Et le bonheur des enfants, ne justifie pas le malheur des parents. 
Ils font leur vie, et nous devons faire la notre...
L'équilibre...précaire...
Et non, je ne me permettrais pas de te juger.
Bises

commentaire n° : 8 posté par : Mema (site web) le: 13/06/2007 14:56:01
Là encore, je me retrouve dans tes mots...
Bisous Mema
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:48:52
tu connais des familles sans difficulté relationnelle parents-enfants ? Je crois que c'est un peu le lot de tout le monde, à un moment donné. Et il est des périodes où ces difficultés sont plus difficiles à supporter, à accepter, à vivre...
Je ne peux pas parler au nom de tes autres lecteurs, mais non, je ne te jetterai pas la pierre...
Je chercherais plus à t'écouter et te réconforter. Je te tiens la main, serrée.
commentaire n° : 9 posté par : Emmanuelle (site web) le: 13/06/2007 20:30:25
Je connais des familles qui n'affichent que bonheur et sérénité en ce qui concerne leur parentalité.
Ton écoute est un baume au coeur. Merci Emmanuelle...
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:39:30
Dommage que je n'écrive plus parce que j'aurais pu raconter le soir où j'ai plaqué les quatre neveux de mon troll à l'heure du dîner pour partir... "ailleurs"... enfin, juste pour faire quatre fois le tour du pâté d'immeubles, à l'heure où les parents courent pour retrouver leurs chers petits... Je me suis trouvée bien bête en tournant... et encore plus en rentrant ! Et là, j'ai découvert qu'ils étaient en train de préparer le dîner : le grand coupait des rondelles de concombre avec la peau, puis les recoupait en quarts... qu'il faisait alors éplucher au deuxième... pendant que la troisième lavait les tomates... Comme le dîner n'était pas prêt, je leur ai dit "qu'est-cequ'on mange, j'ai faim, mooooi !" en parfaite mère indigne de l'être et je suis repartie faire un tour ! Et à mon deuxième retour, je les ai trouvés en train de se demander si c'était bien ça que je mettais pour faire la vinaigrette : c'était du produit-vaisselle...
Ouaiiiiiiiiiiiiis !!! J'ai réussi à te faire sourire !!!
Message envoyé au troll des bois... Tu ne seras pas déçue, tu verras ! Il est unique...
Quand est-ce qu'on part Ailleurs ???
commentaire n° : 10 posté par : cécile (site web) le: 13/06/2007 21:38:59
Tu aurais pu nous raconter tout ça, oui... mais au fait tu l'as fait ! L'anecdote est savoureuse, je t'en remercie :)
Comment ça tu as prévenu le "troll des bois" ?!

Moi je rêve toujours du fin fond de l'Amérique Latine. Dans la steppe, sur un plateau balayé par le vent et battu par le soleil, là où il n'y a plus d'adresse.
Certains jours, les pires, je me vois partir acheter du pain, et ne jamais revenir. Recommencer ailleurs, seule, seule, seule... qu'au moins à la fin d'une journée de m* de ma vie de m*, je puisse être sûre de pouvoir dormir en attendant le lendemain, qui sera peut-être, l'espoir sera permis, un autre jour.
Je n'avais jamais raconté ça qu'à l'Homme des bois avant ce soir. Un grand soir il faut croire :°/

Maman aussi a eu droit à la confidence.
Merci Maman de m'avoir appelé, de t'être inquiétée de nous, de moi, de m'avoir écoutée, d'avoir proposé de garder Mamzelle quelques jours...
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 21:57:11
Ce n'est pas sur le chemin de la boulangerie que ce désir m'assaille... Mais plutôt sur celui de l'école. "Et si"... vient me caresser, comme hier soir, quand j'ai fermé ma porte. Une espèce de saut dans le vide. J'y pensais depuis quelque temps. C'était du pile ou face, cap ou pas cap... Je m'éloigne de plus en plus pour voir quel goût ça peut avoir la liberté, ne rien devoir à personne et souffrir de la solitude, au bout d'un long moment d'isolement.  En tournant, autour de mes fenêtres, m'est bien sûr venue l'idée d'aller plus loin... Mais j'ai vraiment eu peur de ne pas revenir. Alors, pour éviter d'être tentée, il vaut mieux que je ferme les portes...
Mon ailleurs... c'est juste ailleurs.
commentaire n° : 11 posté par : cécile (site web) le: 13/06/2007 22:12:44
...
Ne plus te lire là-bas, c'est aussi vivre une solitude... Pour moi en tous cas.
Nous avons simultanément commenté l'une chez l'autre, juste à l'instant... Je suis émue, parce que je ne sais pas quand cela pourra se reproduire...
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 22:20:45
Je t'ai croisée sur la route mais tu ne m'as pas vue !!

(As-tu reçu mon mail ? parce qu'une certaine funambule pourrait témoigner que je ne suis pas très douée avec les adresses... forcément, quand on est maladroite !)

Je peux ? Alors je t'embrasse.

Pas de souci pour mon troll : il manque tellement de courage qu'il n'est pas dangereux ! Il est tapi de honte depuis plusieurs jours...
commentaire n° : 12 posté par : cécile (site web) le: 13/06/2007 22:34:21
Tu peux... :')
Je viens de lire ton mail... :)
réponse de : Caco (site web) le: 13/06/2007 22:45:18
Je connais une femme à qui il est arrivé de ne pas rentrer du travail, alors qu'elle avait fini, parce qu'elle savait que si elle attendait encore un peu, ses enfants seraient couchés et qu'elle ne les verrait pas ce jour-là. Parce que c'était au-dessus de ses forces.
Je connais une femme a qui il est arrivé de faire semblant de dormir afin que ce soit son homme qui se lève quand des hurlements perçaient la nuit. Parce que c'était au-dessus de ses forces.
Je connais une femme à qui il est arrivé de lever les yeux au ciel "Put*ain c'est pas vrai ! Encore !" quand l'un de ses enfants chutait lourdement par terre et se mettait à pleurer de douleur et qu'il allait encore falloir relever, consoler, calmer. Parce que c'était au-dessus de ses forces.
Je connais une femme a qui il est arrivé de se demander si la maternité n'était pas qu'une longue abnégation. Parce que c'est au-dessus de ses forces.

Cette femme... c'est moi.
Parfois.

Plein de chaudoudoux Caco
commentaire n° : 13 posté par : KaMaïa (site web) le: 13/06/2007 23:54:10
Mes forces ne sont pas grand-chose non plus. Pourtant j'en ai déplacé, des montagnes...
Tu sais quoi ? Hier soir, après la conférence que j'organisais, je suis allée traîner dans les chemins champêtres, ceux devant lesquels je passe en trombe d'habitude, un peu frustrée de ne pouvoir en attraper les lignes, la luminosité... Bref j'ai traîné, exprès, pour arriver un quart d'heure après le coucher de ma fille. Cet espace de liberté, j'en ai eu un besoin viscéral, et c'est la première fois que j'écoute mon besoin avant celui de ma fille...
Je crois que je prends soin de moi, je crois que je lâche-prise, je crois que j'accepte de n'y rien pouvoir, parfois...

(Heureusement que le Papa est  prêt à prendre le relai, aussi.)
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 20:42:28
Quand je te disais que tu ne le trouverais pas ici ton troll des bois Caco ??!!
Et en plus, on va toutes se révéler très humaines, tu vas voir !!

(KaMaïa... Moi aussi, je fais semblant de dormir... et en plus, je mets des boules Quiès... "euh, ben, non, j'ai rien entendu cette nuit !!
Mais cela n'étonnera personne : ma réputation est déjà faite !!)
commentaire n° : 14 posté par : cécile (site web) le: 14/06/2007 00:07:39
Ah mince ! ;)
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 20:43:27
Les jours difficiles toutes les mamans en ont.
La certitude de ne pas s'en sortir, de ne pas être à la hauteur de ses esperences. Penser faire mal alors que l' ont fait juste ce que l'on peut. Faire ce que l'on peut c'est mieux que de baisser les bras, même si nous sommes maladroites.
Seule une maman sait ce qu'il y a de bon pour son enfant. Alors les conseils, les reproches, les soit disant bien pensant...
On nous vente la maternité comme un bonheur absolut pour chaque femme, on ne nous previent pas de ses épines.
J'ai deux petits garçons de 2 et 3 ans, je me surprend certain jour à pleurer de fatigue, à ne plus savoir comment faire devant telle difficulté. Je pense que c'est le lot de toutes mamans, celles qui disent le contraire, je doute de leur sincerité!
Courage. Tu es pleine d'amour.

commentaire n° : 15 posté par : LOWE (site web) le: 14/06/2007 00:23:19
Merci de ton commentaire Lowe.
Deux tout-petits... j'en ai la tête qui tourne. Courage à toi aussi...
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 20:47:33
Ohh KaMaïa! J'ai l'impression de lire des lignes que j'aurais pu écrire....(sauf pour la nuit. Mon homme est une tombe alors je le secoue - le frappe?-  pour qu'il se lève)
commentaire n° : 16 posté par : Mema (site web) le: 14/06/2007 09:55:01
(Le mien aussi dort... comme une bûche. Et je le réveille, aussi... Hum ! ;) )
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 20:48:30
Bonjour,

Je parcours ton blog depuis quelques temps, en silence.
Et ce que je lis aujourd'hui me fait réagir.

En deux mots, nous avons adopté une petite fille il y a quelques mois. Et loin des "c'est merveilleux ce que vous faites", "comme elle est mignone", "qu'est ce que vous devez être heureux", il y a non seulement le quotidien de parents avec les corvées et les joies, mais surtout les bouleversements qu'un enfant induit.

Un enfant ravive forcément de veilles blessures, demande, exige et appuye là où ça fait mal.

Quelques jours après son arrivée, nous nous sommes demandés si nous n'avions pas fait la plus grosse bêtise de notre vie en nous lançant dans cette aventure. Aujourd'hui ça va bien, très bien même, mais elle est une personne à part entière, avec ses besoins, ses désirs, son histoire.

Et nous aussi.

Alors non, je ne jette pas la pierre, et surtout pas aux parents qui ont le courage de dire que parfois les enfants on a envie de ne plus en avoir envie.

Merci à toi !
commentaire n° : 17 posté par : Le Chat qui P�te (site web) le: 14/06/2007 11:25:37
Je suis heureuse de découvrir tes mots, ici et chez toi...
Moi aussi, je te remercie :)
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 20:51:41
Au contraire, il faut oser dire parfois que tout n'est pas rose avec les enfants, même les siens, et qu'on aimerait vivre autre chose ailleurs. Le poids de la société est trop normatif et étouffant sur les "ce-doit-être-comme-ça", "vous-devez-faire-ça sinon vous êtes un monstre !". Piétine allégrement les images d'Epinal, pique une bonne colère de temps en temps, lit tranquillement un livre quand tout s'emmêle. Tu as ta vie à vivre aussi quoi !
commentaire n° : 18 posté par : lydiel (site web) le: 14/06/2007 13:00:37
Cette obligation sociale à la perfection, au bonheur, et à une certaine norme pré-établie, je ne l'ai jamais, jamais ressentie aussi fort que dans mon vécu de mère. Un truc de dingue, qui semble se transmettre de génération en génération, complètement irraisonné, complètement absolutiste.
Pas étonnant que je me rebelle ;)
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 20:55:52
Bonjour Caco,
Je comprends et respecte ton silence sur les détails de tes difficultés relationnelles avec ta fille, mais je le regrette car j'aurais aimé en savoir plus. Non par voyeurisme mais par réel souci de comprendre comment et pourquoi cela arrive. Je suis une jeune mère (pas si jeune ;-) ), ma fille a un an, et je peux dire que pour l'instant, c'est une relation sans nuages. Bien sûr, je vis aussi ce que décrivent certaines ici, fatigue, ras-le-bol, agressivité, mais ça ne dure jamais assez longtemps pour entamer ma relation avec ma fille. Je me dis qu'il ne s'agit pas de cela dont tu parles, si?
Oui, la naissance d'un enfant ravive de vieilles blessures, pas toujours si vieilles d'ailleurs, et en ce qui me concerne, c'est en fait ma relation avec mes parents qui s'est effondrée. Aujourd'hui, je ne peux pas supporter l'idée de les voir ou de leur parler, et eux ne comprennent pas mon "attitude" qu'ils vivent comme une agression injuste voir injustifiée.
Je ne veux pas que cela arrive avec ma fille et c'est pourquoi ma relation avec elle est ma priorité. Je dois reconnaître que j'ai de la chance, car si moi je ne suis pas facile à vivre, elle l'est. Du coup pour l'instant mon combat est uniquement à mener contre moi-même et mes démons.
On sent une telle souffrance dans tes mots, comment pourrait-on te juger?
Plein de tendresse par la pensée...
commentaire n° : 19 posté par : Juliette (site web) le: 14/06/2007 16:44:01
Merci Juliette de tes mots. Je ressens, à lire tes billets, le bonheur que vous avez à accompagner Oriane. C'est bon à lire, c'est doux et limpide, comme une source :)
Comment et pourquoi ? j'ai passé une longue année à me concentrer sur ces questions. Consulté deux thérapeutes, remise en question de haut en bas et de bas en haut, changé toute notre organisation familiale...
Alors j'ai cessé de chercher à comprendre pourquoi Mamzelle ne peut accepter que son père travaille alors que sa mère reste à la maison, elle, ou pourquoi elle défie tous les calendriers pédiatriques et met un an et demi à surmonter l'angoisse de l'abandon, j'ai renoncé à saisir comment elle en arrive au comportement qui est le sien, j'ai finalement subi les crises permanentes sans comprendre ce qui clochait, pourquoi elle ne pouvait s'adapter à un mode relationnel tolérable pour moi (par contre j'ai compris comment j'en suis arrivée à subir l'intolérable, c'est déjà pas mal mais ça ne résoud pas grand-chose, au quotidien).

Je peux te dire ce que je ressens, en revanche. Je me suis complètement retrouvée dans les témoignages de parents d'enfants "différents". Du coup j'ai cru qu'elle allait, un jour, développer un handicap, et qu'alors on comprendrait en remontant le film, pourquoi le simple fait d'évoluer dans la vie de petite fille, lui parait si difficile.
Aujourd'hui je peux juste dire qu'elle est différente des autres enfants que je côtoie, que j'ai côtoyé (et il y en a, comme il y en a toujours eu). Même si chacun est unique, il y a comme un fossé, ou plutôt un gouffre qui s'ouvre régulièrement sous nos six pieds. Et cela, il nous faut bien l'accepter...

Je suis désolée, pour tes parents :( Peut-être que de nous voir évoluer différemment de ce qu'ils ont fait, leur rappelle les échecs, les erreurs... toutes les inévitables défaillances de parents ? Une mission parfois bien difficile... Je te (et vous) souhaite que le climat s'apaise, quoi qu'il en soi.
Bises Juliette...
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 21:42:51
Maintenant je comprends mieux pourquoi tu as reçu mon email comme une bonne nouvelle... Mais je ne peux pas te laisser écrire, dire, penser que tu as une vie de m***. Comment quelqu'un qui écrit, photographie de si jolies choses, c'est-à-dire qui a tant de belles choses en elle, quelqu'un qui aime tant sa Mamzelle et son Homme des bois, peut-elle penser cela? J'entends bien que tu passes par une période difficile, mais comme tu le vois il y a des gens pour te soutenir et abonder dans ton sens. Fuerza Caco! Et si tu rêves toujours d'Amérique du sud, tu sais où me trouver ;)

Je ne crois pas avoir trouvé les bons mots, pardon (moi troll, moi pas jeune mère de famille, pas évident!), mais l'intention est là. Je t'embrasse

>KaMaïa: ton commentaire me touche beaucoup
commentaire n° : 20 posté par : @tom (site web) le: 14/06/2007 18:16:33
Les jolies choses sont aussi mes bouées, dans la tempête.
C'est quand j'ai complètement perdu pied, au printemps dernier, que j'ai investi l'écriture et la photographie. J'avais besoin de voir en gros plan les petits, minuscules, microscopiques détails qui font que la vie est toujours un peu belle, même au beau milieu du bourbier. C'était devenu vital.
Ce sont mes ressources, et je suis heureuse de les avoir (re)trouvées. Elles m'ont sauvée, et pourraient bien recommencer !

(Alors, juste là où il n'y a plus d'adresse ?! J'arriiiiiive !!! :) )
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 21:49:31
Bonsoir Caco...
Comme Juliette, je me sens assez maladroite à l'idée de commenter sans plus de détails.
Je ne me le serais d'ailleurs pas autorisé sans une "bonne raison".

J'ai mis "du temps" à apprivoiser ma fille, à me laisser apprivoiser aussi (à notre échelle, bien sûr, elle est si jeune), et j'ai eu la chance de voir le "hasard" mettre une ressource, précieuse à mes yeux au possible, sur mon chemin: le site Maman blues ( http://www.maman-blues.org/ ). Il est consacré aux difficultés maternelles (et pas seulement à la dépression post-partum).

Il m'a fait tellement de bien que je ne peux pas ne pas t'en parler...

... bizzz...
commentaire n° : 21 posté par : Mademoiselle Agnès le: 14/06/2007 22:08:22
J'y suis déjà passée, sans vraiment trouver...
C'était il y a longtemps, je vais retourner le visiter. Merci Agnès de ton passage et de tes mots :)
(On peut commenter sans raison aussi, hein...)
(J'ai toujours le sentiment que taire, c'est douloureux.)
réponse de : Caco (site web) le: 14/06/2007 22:18:14
(^_^)

Je ne comprends pas ta dernière phrase...
commentaire n° : 22 posté par : Mademoiselle Agnès le: 14/06/2007 23:19:19
J'ai eu l'impression que tu te serais presque retenue de commenter... estimant qu'il faudrait pour cela avoir une "bonne raison" ;)
réponse de : Caco (site web) le: 15/06/2007 17:08:02
Je n'ai pas d'enfant. J'aurais pu, j'aurais dû. Ça reviendra. C'est douloureux aussi. Tes mots ici me soulagent, du coup. Je me sens un peu moins comme un vieux monstre qui a raté le truc le plus important de son existence. Alors merci Caco.
(Ah, tu t'attendais pas à ce qu'on te remercie de ce billet, hein ? ;-)
Je t'embrasse.
commentaire n° : 23 posté par : mirza (site web) le: 15/06/2007 11:25:37
Ce que tu me dis me touche, très fort... Ça te dirait, un petit e-mail de moi, ce soir ?
Je t'embrasse aussi...
réponse de : Caco (site web) le: 15/06/2007 17:09:39
Je me serais effectivement retenu (et combien) de commenter... j'ai besoin de temps pour oser, d'abord un peu, puis un peu plus ou plus du tout selon....
Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu associes (si j'ai compris) le silence avec la douleur...?
commentaire n° : 24 posté par : Mademoiselle Agnès le: 15/06/2007 17:18:05
Je vois, j'ai souvent besoin de temps aussi... ;)
Pourtant lorsque les mots se forment, il m'est douloureux de les retenir. Il arrive qu'ensuite ils me hantent, voire qu'ils me rongent. Ce blog a un rôle thérapeutique, par exemple. J'ai besoin de déposer mes mots quelquepart, au risque sinon de me bloquer sur une situation, une pensée qui tourne en rond, un malaise...
réponse de : Caco (site web) le: 15/06/2007 21:58:25
Oui !!!!
...pour le petit email :-)
(quand je tape trop vite - c'est-à-dire tout le temps - je mets "amil" au lieu de "email". J'en conclus qu'un amil c'est un email d'un ami.)
Tu as mon adresse ? Sinon tu peux la trouver sur le forum SV.
commentaire n° : 25 posté par : mirza (site web) le: 15/06/2007 18:53:46
C'est mignon, amil :)
J'ai ton adresse sur chacun de tes commentaires ;)
réponse de : Caco (site web) le: 15/06/2007 21:59:00
Bonjour,
J'ai suivi Cécile ... Quelle piplette celle-ci depuis qu'elle est partie de chez elle (et quel bonheur de la lire encore) !
J'ai fait tout ce dont KaMaïa parle avec une abnégation inimaginable pour la révoltée que je suis ! Ce n'est pas pour ça que la vie familiale est idéale et que les relations avec mes enfants sont toujours féériques. Je me suis effacée, j'ai assumé, j'ai lutté, ... et j'ai payé tout ça bien cher en tombant gravement malade, comme on dit poliment !
Alors, je n'ai pas de réponses assurées et encore moins de jugements. Tout ce que je sais, c'est que la vie en collectivité est bien difficile et que les mères ne sont pas épargnées.
Le seul espoir est que rien n'est vain. Je suis surprise parfois d'entendre mon fils (majeur maintenant) répéter mes discours à la virgule près, à ses soeurs alors qu'à l'époque, il n'en faisait qu'à sa tête ! Si ça peut donner un peu de courage ...
commentaire n° : 26 posté par : Muriel le: 16/06/2007 17:06:16
Merci Muriel... Aujourd'hui cela va beaucoup mieux : c'est dimanche, Papa est là depuis deux jours... Il a des longues journées toute la semaine, il semblerait qu'il lui manque beaucoup.
Je retrouve ma petite fille douce et aimante, ouf ! :)
réponse de : Caco (site web) le: 17/06/2007 16:52:30
comme juliette, j'entends une grande souffrance. Puisses tu un jour la guérir, pour toi, pour elle, pour vous.
commentaire n° : 27 posté par : sandra (site web) le: 22/06/2007 09:57:16
Aujourd'hui, je m'y emploie.
Merci Sandra... :)
réponse de : Caco (site web) le: 24/06/2007 21:52:42

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