Dimanche 30 septembre 2007
En postant mon pli, je me demandais s'il arriverait à la bonne destination. L'adresse m'avait pourtant été confiée par une source sûre... Je doutais certainement plus de mon audace, et de cette étincelle qui m'avait poussée jusque-là. A me souvenir de sa date de naissance, à montrer patte blanche pour obtenir une adresse, à croire qu'un bout de papier et la promesse d'une envolée l'extirperait d'un quotidien si exigeant.
A moi, cela me suffisait. Largement. C'est ma folie, ma douce folie ordinaire. Ma plaie et ma salvatrice.
Pas sûre de la partager à ce point-là avec elle. Elle qui m'a toujours paru si sage, si douce.


Evidemment, arrivée à l'aéroport je ne la trouvais pas. Je guettais les visages à l'enregistrement. Hommes d'affaires fringants, expatriés des deux bords de l'atlantique, voyages de noces, quelques baroudeurs friqués... Mais d'elle, pas de visage. C'est au duty-free que je me souvins que je n'avais jamais voyagé seule. Mais aussi que j'avais fait pire, seule avec une petite soeur mineure à qui il n'arrive que des histoires impossibles.
De toute façon, j'ai toujours su au fond de moi que cette ville me réserverait un éventail de surprises. C'est ainsi que j'embarquai le sourire aux lèvres. Tè, si ça se trouve, elle était déjà là-bas. Les yeux dans le vague et le sourire flottant, je laissai les films des possibles se dérouler dans ma tête.
C'est alors que je la vis. Les yeux pétillants et le rire au bord des lèvres. A la fois improbable et évidente, c'était trop drôle ! Nous avons commencé à discuter, mimant les attitudes d'une voisine bruyante, simulant le scandinave, le mandarin ou l'arabe devant un stewart un peu pincé. Goûtant à l'ivresse des hauteurs, nous avons supposé ce qui nous attendait, là-bas, là où je l'emmenais, à San Francisco.

En sortant de l'aéroport, l'éblouissement. La lumière, les couleurs, les mouvements tous ascendants... la musique d'une banda, que nous suivîmes quelques rues...
Pour les détails pratiques du périple, l'une choisissait les phrases que l'autre devait prononcer. Quand le jeu menaçait de nous lasser, nous choisissions aussi une autre langue. Finalement, nous ne pûmes articuler un mot sans rire à gorge déployée. Les autochtones ont dû nous trouver sacrément barrées. (Et pourtant, là-bas, vous savez...)
Fortes de nos exploits de la journée, nous nous offrîmes de quoi nous sustenter. A San Francisco, ça veut dire des choses à manger, à boire et à respirer ! Comme si nous avions besoin de vertige, encore. Mais que voulez-vous, il nous fallait bien sacrifier à quelques-uns des clichés du voyage.
La nuit sur la plage m'apparut peuplée de grenouilles, méduses multicolores et autres feux follets. Je crois qu'on a encore parlé. Les yeux dans les étoiles, la main dans la main, nous nous sommes détachées de nos dernières heures sombres. C'est pour cela qu'elle dure si longtemps, la nuit : en rêves ou les yeux ouverts, tout ce qui s'envole de nos vies, elle l'ensevelit.


Quand l'aube a commencé à griser le paysage, un coup d'oeil à nos mines pâles et sereines nous informa que l'heure du retour pouvait sonner. Nous avions fait un petit tour de notre monde, parcouru tout un cadran ensemble. Les pieds nus et les cheveux au vent, nous avons remonté le courant. Offert nos dernières grimaces dans le dos à des douaniers bougons. Lorsque les nuages furent trop loin pour qu'on les photographies, le sommeil nous gagna, enfin.

Ça faisait tellement longtemps. J'en avais tant besoin !
Merci pour l'escapade...



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Dimanche 30 septembre 2007
Ce matin, en direct du bureau. Il y eut des danses endiablées, des beaux fous-rires et Mamzelle qui slame dans la fosse en délire...




Ha la la, quel souvenir ! :)

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Samedi 29 septembre 2007
En arrivant ici, chacun avait ses prérogatives. L'un réclamait un salon qui ne soit pas une salle où manger ni un grand terrain de jeu. L'autre voulait sa chambre bleue. Et moi, j'ai vu un doux rêve se matérialiser... et un bureau s'offrir à moi !

bureau.jpg

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Samedi 29 septembre 2007
Une grande décision s'est mûrie toute seule, depuis je ne sais quand. Toujours est-il qu'une question posée ce matin m'a permis de la formuler, m'ouvrant de nouveaux horizons. Notre quotidien avec Mamzelle est parfois difficile, et j'ai beau essayer de regarder ailleurs, l'évidence s'impose : il est probable que cela perdure. J'ai donc décidé en plein accord avec moi-même de ne plus me chercher la petite bête, de cesser de culpabiliser, et de continuer à avancer parce que c'est tout ce que je sais faire. Je souhaite commencer chaque journée en capitaine de mon navire, essayer de naviguer quels que soient les vents et la houle, pour apercevoir, peut-être, mon île. Me souvenir que je la verrai un jour, qu'elle me permettra d'accoster de temps en temps, et que si un jour je ne vois pas plus loin que la tempête qui nous entraîne, ce ne sera pas à cause de ma vue défaillante. Que cela n'empêche pas la beauté des fonds et la réalité de l'île, les soleils couchants et les fêtes sur la grève. Et que la seule victoire qui soit, c'est la sécurité de la coque et la stabilité du gréement. Et... que vogue la galère !

On reconnaît communément que le métier de parent est le plus difficile qui soit. Alors voilà. Sans formation aucune, sans avoir suivi de stage auprès de personnel compétent, on fait ce qu'on peut. On cherche, on déconstruit nos certitudes, on tâtonne, on s'en recrée d'autres, on se méprend, on cherche, on pleure, on voudrait fuir, on affronte, on essuie, on se fait mal...
Apprend-on un jour, finalement ?
On essaie, au moins...
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Jeudi 27 septembre 2007
L'hiver me paraît froid et dur. Le printemps, un feu de joie perpétuel, les jours qui rallongent et les températures qui s'adoucissent semblent indiquer que tout peut recommencer. Oui, tout est possible, la preuve : les giboulées !
Lorsque l'été arrive, j'ai le coeur et les projets bombés comme un oeuf mûr. C'est la saison des fruits, on l'a tant attendue ! Ils défilent les uns après les autres dans le panier : le soleil ne fait pas de quartier. En été, je vois déjà la fin de ce qui me ravissait au printemps. Parce que la saison de la renaissance ne saurait durer éternellement. Parce qu'à trop s'exposer tout se crame. Il en va de même pour ces journées à rallonge, ces semaines sans pluie. La lumière est aussi une dictature fendillant mon sommeil. Trois mois sont bien assez. Lorsque septembre s'égrenne, je commence à me sentir mieux. Le crépuscule désolé se retire lentement dans les couleurs de ses regrets. La fraîcheur monte de la terre, exhaltée par le tapis des premières feuilles mortes. Une autre ère s'annonce. Elle sera fraîche, elle sera sombre. Le ciel se terre, et sous nos pieds se retire la mer.
J'aime l'automne pour tout ce qui se passe en-dessous et dont nous ne devinons que les effluves.
J'aime l'automne pour la chaleur extérieure qui se retire, nous rappelant la puissance de la nôtre.
Je savoure le mystère de celle qu'on se représente, hasard ? par une forêt...

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Jeudi 27 septembre 2007
Une réflexion maladroite, et patatras. Je sens mon visage se fermer, mon ton se durcir. Sans que je puisse entraver leur marche, les souvenirs trop frais, trop douloureux, ressurgissent. Je scande mes doléances, défends ma position, aligne mes sacrifices.
L'une chante et me caline, l'autre ouvre des yeux écarquillés.
Il se fait d'un coup un peu tard pour reconnaître mes mérites.
Pendant que la soirée poursuit son cours, la colère se dilue. A l'arrivée, une pensée pour les poètes maudits : lorsque je mourrai, on me regardera, peut-être ?


A l'heure où les larmes montent, je retrouverai mon blog et le silence, et mon tchaï me sera servi sur un plateau, avec une petite soucoupe pour recueillir ses excès.
Et si je vous racontais plutôt des petites histoires ?
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Mercredi 26 septembre 2007
jeulumiere1.jpgjeulumiere2.jpg
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