Lundi 27 août 2007

 

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Lundi 27 août 2007

Elle a passé le week-end sans rien laisser paraître - tout au plus l'enthousiasme d'arborer une trousse et un cartable. Ce matin à la maison, c'était une joyeuse anticipation : Je vais retrouver la copine que j'ai choisi !
Et puis devant l'école, quelques hésitations devant tous ces nouveaux visages. Elle serrait dans son petit poing le doudou élu pour la journée. Ce bout de tissu importé de sa chambre, jouet occasionnel et objet familier de la maison. Elle m'embrasse avant de me lâche la main, la transition entre les deux univers s'opère le temps d'attraper un entonnoir - il manque une main pour prendre le flacon et les graines. On jette le doudou sans autre cérémonie dans le bac à doudous. Une autre dépouille l'y attend.
Quant aux deux parents plantés là, ils n'ont plus qu'à reprendre le cours de leur journée...

L'Homme des bois vit bien la rentrée, pour ma part j'en suis à compter tout ce qui se déroule sans moi. Une partie de la vie de Mamzelle... Une fête que j'imagine joyeuse et douce, samedi dernier... Et chaque jour, les publications que je ne puis lire, les ponts momentanément coupés, et les mots qui m'échappent avant que j'ai pu les poser...

(Le retour de notre connection est prévue dans les 2 prochaines semaines. Espérons..)

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Jeudi 23 août 2007
Reproduire sur l'écran les fines écritures. Les laisser parler d'application, de rigueur, de loisirs, de passion et de joie partagée. Dresser les bilans, envisager les perspectives. Deviner les enthousiasmes, les craintes, les doutes, les espoirs. S'abrutir de noir sur blanc, préparer un thé, le temps de l'avaler, voilà les premiers manants. Des renseignements à donner, du travail à proposer. Sortir de l'univers électronique pour plonger dans l'humain, donner tout ce qu'on a de sourires, et ses mots bienveillants. Proposer café et réconfort, un peu. Se nourrir de l'étincelle provoquée. Le tourbillon des passages s'éloigne en traîne, la porte se referme. Terminer ce qu'on avait commencé, regarder l'heure qui est déjà passée. Tout boucler, vite. Fermer, alarme, vérifier. Enfourcher le vélo et…
 
La première bouffée d'air frais. Je la bois goulûment, déjà ivre. Il m'en faut encore. Ça tombe bien, j'ai quelques coups de pédale à donner avant d'arriver à bon port. Le ciel s'ouvre pour me faire une de ses généreuses faveurs – vous ai-je raconté les délicieux rapports que nous nouons ici, lui et moi ?
Sur mon chemin, guère de voitures, vrombissement et autres feux. J'ai la chance d'avoir un immense parc entre mon logis et mon travail, et les sillons d'une piste cyclable. Je longe la rivière et les habitations, puis le cimetière derrière la haie de bambous. Et le stade, les terrains de sport, le centre équestre, le lac, les jeux, la piscine municipale, les friches, la rivière, le golf, les habitations, et me voilà au pied de mon immeuble. Quelques photos ont jalonné mon parcours – je suis pourtant pressée de rentrer, mais la lumière rasante sur les rondeurs du terrain de golf… Après tout ce ne sont que cinq petites minutes gagnées sur un peu plus de liberté.


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Un dernier regard en hauteur, les nuages surréalistes ont envahi l'horizon. Les formes, les contrastes, les rayons… il tombe des cheveux de rêves. Je range le vélo et avale les marches pour voir de quoi le spectacle a l'air, de là-haut…

(J'ai trouvé mes vacances idéales : travailler où j'aime le faire, avec mon conjoint à la maison qui s'occupe de tout le reste. J'envie ceux - le plus souvent - qui vivent ainsi sur le long terme. Et je salue le travail de celles - le plus souvent - qui restent au foyer...)
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Lundi 20 août 2007
J'ai entamé la lecture de Femmes qui courent avec les loups (Histoires et mythes de l'archétype de la Femme sauvage) de Clarissa Pinkola Estès. Si on investit les différentes parties de son mental comme les pièces d'une maison, voici un livre qui montre les accès dérobés, les coins dissimulés et mal-aimés. Leurs portes sont ouvertes depuis toujours. Une bougie à la main, il suffit de s'y aventurer. Certains seuils alimentent la flamme et on découvre alors des murs dont chaque pierre raconte les étapes de sa construction, un plafond qui enferme, et de drôles de fantômes. D'autres endroits sont si grands qu'on n'y voit guère avec sa frêle lueur tenue à bout de bras... Dans certains autres, c'est un petit courant d'air qui souffle votre flamme… demi-tour, la visite sera pour un autre jour !
L'auteur explore les symboles de contes traditionnels du monde entier pour nous livrer les messages puissants de ce qu'elle appelle la Femme sauvage, archétype instinctuel résidant dans les tréfonds de chacune d'entre nous. La Femme sauvage renferme notre puissance de vie, notre créativité, l'immensité de nos possibles, notre guide initiatique. Elle est la petite voix au fond de nous qui nous met en garde de temps en temps, le rire immuable et nos hurlements silencieux.
Chaque paragraphe de ce livre est intense, émouvant, drôle ou tragiquement triste.
Je ne vous donnerai pas plusieurs extraits, comme j'aime à le faire habituellement, parce qu'ils ne livreraient qu'un puzzle de l'architecture de mon monde intérieur, et qu'il me semble réducteur de présenter ce livre ainsi. Il est bien trop riche pour cela. Toutefois, je ne résiste pas à vous en donner juste un, pour le plaisir…
 
*
 
L'idée que se fait notre culture du corps en tant que sculpture et rien d'autre est fausse. Le corps n'est pas de marbre. Son but est de protéger, de contenir, de soutenir, d'enflammer l'esprit et l'âme qu'il renferme, d'être un reposoir pour la mémoire, de nous remplir de sensations – c'est la plus haute forme de nourriture psychique. Il est là pour nous élever, nous propulser, nous prouver que nous existons, que nous avons un poids et le sol sous nos pieds. On se trompe en le considérant comme un lieu qu'il faut abandonner pour s'élever vers l'esprit. Sans le corps, on n'aurait pas l'impression de franchir des seuils, de s'élever, d'être délivré de la pesanteur. C'est lui qui nous le fait ressentir. Le corps est la fusée de lancement et dans le nez de cette fusée l'âme, éblouie, contemple par le hublot la nuit constellée d'étoiles.
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Samedi 18 août 2007
Au fil de nos promenades estivales, nous sommes retournés au Lac, histoire de le voir sous un jour différent. Entre printemps et été, les ors et les verts ont remplacé les gris, et les libellules font miroiter leurs reflets irisés. Et plus que jamais, tout autour, on croit sentir, observateur et bienveillant, l'esprit de la forêt…

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Vendredi 17 août 2007
Dès le premier soir, après le déménagement, nous avons mesuré le changement de couleurs, de lumières. Réalisé d'un coup que c'est au milieu de cela que nous allons vivre. Sur les flancs doux de ces vallons, dans ce pays mystérieux et multiple, sous ce ciel fascinant. Près, si près de l'endroit où je suis née, et aussi mes oncles, et une grand-mère, de tous côtés de ma famille.
J'en apprends tous les jours un peu plus sur les liens lointains et proches qui m'accrochent ici. Je comprends mieux ce que j’entends le soir, quand le soleil entame son lent retrait. Le fanion de mes racines est planté là, au sommet d'un mât, et juste en-dessous ondule, puissant et calme, un cœur qui bat.
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Jeudi 16 août 2007
C'était une chaude journée d'été (une des rares de cette année), un rendez-vous fixé de longtemps, une route sinueuse, un lac serein, une rencontre sous le vent.
 
Notre pétillante Mema et ses fruits du soleil, en joyeuse compagnie… :)

Mema.jpgMarius.jpgLouise.jpg



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(Les légendes ne passent pas... La première est de moi, les autres c'est Mema, et j'ai un peu retouché les 3 dernières)
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