Samedi 30 juin 2007
C'est ainsi... Rien ne dure toujours.
Heureusement qu'on peut essayer de faire durer, en se souvenant, en photographiant,
en laissant une trace, quelquepart.

Là c'était une bouteille contenant un liquide savamment et patiemment élaboré par un vigneron consciencieux.
Je n'aurai peut-être pas les mots pour en décrire les arômes,
mais on sentait bien ceux de la terre, du vent, du soleil et du temps qui passe au-dessus des vignes immobiles.

domaineduquay.jpg
Merci au magicien pour son travail remarquable, et à sa douce pour le cadeau aussi savoureux qu'inattendu :)
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Vendredi 29 juin 2007
Hop là ! Je reprends le flambeau transmis par Dam'irza pour vous raconter mes livres...

4 livres de ma jeunesse.
Il y en a eu des tonnes, alors en choisir 4 m'est très difficile.
Je passe les collections de Martine et des biblothèque rose et verte, pour m'arrêter sur mon premier livre-coup de foudre, évasion, grands espaces et délicieux frissons : La croix de Santa Anna. J'avais 8 ans et je suis devenue accro aux livres pour la vie.
Un an ou deux ans plus tard, je me souviens de Charlie et la chocolaterie. J'avais beaucoup aimé la simplicité du héros et la fantaisie de Willy Wonka. Et je me souviens avoir laborieusement déchiffré le titre original, Charlie and the chocolate factory. Mon beau-père m'avait mise au fait de sa prononciation approximative. J'avais hâte d'être au collège juste pour apprendre l'anglais...
Au lycée, c'est la série de Marion Zimmer Bradley consacrée aux légendes celtes (Les Dames du Lac, Les brumes d'Avalon...) qui a ravi mon coeur. Je lisais même en cours, c'est du propre.
Un livre mal-aimé, enfin... Ils étaient pourtant rares, et je finissais tout de même par vaincre les efforts qu'ils me coûtaient. Mais là je n'ai pas pu, je crois que j'ai développé une allergie au personnage éponyme de Madame Bovary. Pardon Gustave, mais j'ai méprisé chaque ligne décrivant ses manies gnan-gnan, considéré avec froideur sa naïveté tellement bêta qu'elle n'en était même pas touchante, éprouvé du dégoût à chacun de ses soupirs éplorés. Le seul livre de mes 20 premières années que je n'ai pas lu en entier. Dommage, c'est celui que je présentais pour l'oral du bac de Français. Bon, je m'en suis bien tirée quand même.


4 livres que je lirais encore et encore
Le Petit Prince. Découvert en cours de Français avec Soeur Colette, l'année de ma 6ème, il ne m'a plus quittée. Je veux dire, je l'ai dans le coeur - même si j'ai dû le racheter en 2002, lors de sa réédition. J'ai pleuré tout le long, tellement la reconnection était difficile. Un de mes livres-phares.
Le dictionnaire des symboles : il trône depuis des années sur ma table de chevet. Guide mystérieux et intuitif, il éclaire mes nuits - et mes jours parfois, aussi.
Dans ma pile de livres jamais refermés j'ai aussi Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi
(Michel Odoul). Parce qu'un jour je n'ai plus pu me bombarder de médicaments allopathiques pour cause de bébé dans le ventre puis au sein. Parce que j'en ai eu marre de m'exprimer en m'autodétruisant sans jamais rien y comprendre. Parce que je veux prendre ma santé en main...
Et enfin, mon délicieux, mon généreux, mon bon vieux Robert qui a encore tant à m'apprendre...


4 écrivains que je ne lirai plus
Zola, parce que je l'ai tant aimé, tant dévoré, qu'il ne me reste plus grand appétit pour l'exploration de ce dix-neuvième qu'il a si bien narré.
Flaubert, parce que Madame Bovary, merci !
Stephen King : sa prolixité mystico-trash a bien collé à une période de ma vie. Je le lisais comme on s'imbibe de Contes de la Crypte : l'élaboré côtoie le médiocre, ça n'apprend pas grand-chose, c'est assez addictif, il y a beaucoup de redites et quand on arrête on se demande bien ce qu'on a pu lui trouver...
Enfin, je ne lirai plus Mary Higgins Clark non plus. Avec la diminution de mon temps de lecture, je suis devenue plus sélective. J'ai moins besoin de me distraire de ma vie aussi, maintenant qu'elle me correspond... Et je demande à mes livres qu'ils m'enrichissent.


4 livres que j'emporterais sur une île déserte
Un manuel de survie, le manuel du super reflex numérique que j'aurais pris le soin d'acquérir juste avant (je ne veux rien savoir des problèmes d'alimentation et de connection internet sur l'île déserte) et un précis de botanique tropicale (si l'île est bien tropicale, latitude qui colle a priori parfaitement avec l'idée d'île déserte) pour savoir ce que je photographie.
Et puis je prendrais aussi Histoire de l'Art de Ernst Hans Gombrich.


4 livres de ma pile à lire
Anna et Mister God, de Fynn, que je lis parcimonieusement. Entre grande proximité et découvertes fracassantes, il va me falloir du temps pour le terminer.
Les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs de Marshall Rosenberg. La communication non-violente, c'est mon chantier perso.
Mrs Dalloway de Virginia Woolf, que je pense je ne lirai jamais : les premières lignes m'ont ennuyée à mourir. Je n'ai plus le goût des longueurs, je vis trop sur un autre rythme.
Enfin, il y a celui-là en forme de porte qui ne demande qu'à s'ouvrir : La sophrologie facile du Dr Yves Davrou. Peu de mots, pas mal d'exercices, des sensations à noter. Cela fait des mois que je l'ai, et que j'envisage de suivre son chemin, et de le partager ici. Son heure ne devrait plus tarder.


~

Le questionnaire ne le demande pas mais je voulais aussi mentionner un livre terminé il y a peu et dont je partagerai quelques extraits ici prochainement : Penser l'éducation populaire (Humanisme et démocratie) de Gérard Bonnefon. Parce qu'en tant qu'être en construction, j'ai mis quelques trente années à cerner mes valeurs et à pouvoir mettre des mots dessus, et qu'un jour j'ai découvert que je n'étais pas un spécimen isolé mais que je participais d'un mouvement de pensée séculaire. Ecologie, respect de l'autre, accompagnement de mon enfant, richesse différente, besoin de créer... je n'ai rien inventé, et c'est tant mieux !

~

Comme il se doit, je passe à mon tour le relais à qui veut le prendre, je suggère Kyra ('videmment ! ;) ), @tom (y'a pas de raison !), Isolde et Aventurine.
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Vendredi 29 juin 2007
Encore un beau souvenir de samedi dernier...


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Mercredi 27 juin 2007
Derrière un bras de brume,
Sous une caresse,
Ou dans un noeud de cheveux.


Leurs rires près du pistil des fleurs,
Les cache-cache avec un rayon de lune...

Samedi, elles étaient de la fête !

 
(Et vous, qu'avez-vous vu/entendu le soir de la Saint-Jean ?)

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Mercredi 27 juin 2007
J'ai commencé un livre il y a quelques jours, un de ceux que l'on m'a offert pour Noël. Je l'ai parcouru tout d'abord pleine de doutes, puis en plissant les yeux tellement il m'a paru cru et décalé, et hier soir, dans mon lit, découvrant une vérité simple, enfantine, j'ai été comme foudroyée...  par le passage qui suit...

~

Le silence se fait. Elle ajoute alors, d'une voix basse et rauque : "Il suffit parfois de fermer les yeux et d'écouter attentivement, et la magie se produit. Tu es prêt, Randall ?
- Prêt.
- Bon. Alors, écoute. Dans ton cerveau il y a un nuage tout blanc, comme une boule de coton... Tu le vois ?
- Oui.
- Et bien... il y a une ficelle qui sort de ce nuage, n'est-ce pas ? Et si tu tires doucement sur la ficelle, tu vois plein de petits rubans de couleur, comme sur la queue d'un cerf-volant... Les rubans sont attachés les uns aux autres... Ce sont des mots... Et si tu continues de tirer doucement - oh, regarde ce qu'ils t'apportent, de l'autre côté du nuage !"
J'ouvre les yeux mais Mercedes dit en souriant : "Non, quand je dis 'regarde' il s'agit de regarder à l'intérieur, et pour ça il faut garder les yeux fermés. Bon. Alors. Maintenant la magie va se produire. Les images vont glisser de mon cerveau dans le tien. Tout ce que je dis, tu vas le voir."
Elle continue de parler, d'une voix très basse, avec des pauses entre chaque mot : "Voici... un corbeau mort... Voici... Une fée aux ailes iridescentes... Voici... un bol de porridge... Tu les vois, Randall ?"
Je fais oui de la tête parce que c'est vraiment vrai. Le silence est long et plein et je peux m'y immerger complètement, je vois le corbeau immobile dont un oeil est à moitié ouvert et vitreux, je vois un diadème qui scintille dans les cheveux dorés de la fée, je vois la vapeur qui monte du bol de céréales chaudes que p'pa me fait parfois le matin en hiver, avec du sucre roux, de la crème et même des raisins secs parfois, c'est délicieux.
Quand je rouvre les yeux, les trois adultes me regardent en souriant.
"En fait, dit Mercedes, ça se passe tout le temps. La magie, c'est d'en être conscient. (...)"


Nancy Huston, Lignes de faille, Actes Sud, 2006
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Lundi 25 juin 2007
Aujourd'hui j'ai passé ma première audition de clarinette, en compagnie des autres apprentis (ou confirmés) clarinettistes de mon école, devant un parterre de papas-mamans-petites soeurs. Moi j'avais juste amené ma douce Mamzelle, en priant pour que l'Homme des bois (déguisé pour l'occasion en Homme des villes) arrive avant que mon tour ne vienne (auquel cas je n'aurais eu aucun recours d'urgence en cas de crise majeure) (je ne suis pourtant pas quelqu'un de pessimiste, je vous assure !).
Mon professeur qui sait ce dont une petite fille de trois ans est capable (la sienne en a cinq), a décalé mon passage jusqu'à ce qu'il arrive. Mon bel Homme... J'ai à peine le temps de respirer un grand coup, que ledit prof m'appelle enfin sur l'estrade.

C'est à ce moment-là que les hurlements ont commencé. On lui a proposé de monter s'asseoir sur l'estrade avec nous, de rester près de moi, rien à faire. L'Homme des bois a dû sortir avec elle pour qu'elle puisse hurler dans le couloir. Et que je puisse jouer, devant un parterre de papas-mamans-petites soeurs. Un peu tremblante, assez gênée de la prestation de Mamzelle, mais sûrement pas assez déstabilisée pour ne pas jouer.

C'est que depuis un mois j'ai à peine touché à mon instrument, alors ce soir j'étais venue pour ça, ce duo que j'ai choisi et que j'aime, pour jouer avec l'homme qui m'a initiée à cet art et qui me donnera mon dernier cours après-demain... parce que le déménagement prochain signifie que je le quitte.

Bref, c'était simple et beau - même moi, toute crispée sur mes doigts, je l'ai entendu.
Je suis sortie rejoindre mes amours. Lui était déçu et en colère de ne pas nous avoir entendus jouer, elle était enfin calmée. Et moi, j'étais enfin déconnectée de tout ça, sur mon nuage de notes, dans un monde vibratoire, le coeur en danse.

J'ai repris mon instrument et ma soirée en est transfigurée...

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Dimanche 24 juin 2007
(Pour Cécile) autoprt.jpg
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