Lundi 30 avril 2007

Nous errons dans l'obscurité. Tristes à en pleurer. Nous nous croisons parfois, le temps d'enlacer nos peines et d'y joindre nos larmes. On s'isole avec le défunt pour lui parler, prolonger le lien, et aussi, bêtement, pour s'assurer qu'il ne lui manquerait rien. Comme si on pouvait encore faire quelquechose pour lui. Comme s'il était encore là, un peu.

C'est qu'on imagine mal qu'il soit vraiment parti. Que chaque jour, désormais, se lèvera sans lui. Les murs résonnent de ses exclamations, de son rire, de son accordéon. L'air est empli de sa présence. Il allume des bougies dans nos déserts de larmes. Certains ponts détruits, timidement, pierre à pierre, repoussent. L'impensable se concrétise par un coup de fil, une visite...

Nous sommes une famille unie autour de lui.

Pour cela, et pour tout ce qu'il a su être, et nous transmettre, les mots qui hier déferlaient sur la berge, peu à peu, humblement, se retirent, jusqu'à laisser une tendre empreinte dans le sable, cinq lettres et une éternité d'amour : merci...

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Vendredi 27 avril 2007

Mes mots sont capricieux. En ce moment ils n'entourent qu'un évènement, et ne se livrent qu'à une destinatrice.

En attendant leur retour, je joue. Le jour, répétitions. La nuit, rêves angoissés de spectacles cacophoniques. Ce soir, enfin, nous avons joué avec les autres clarinettistes de l'école, puis avec l'orchestre de la ville. Peut-être les notes m'accorderont-elles, ce soir, le répit nocturne. Peut-être les mots reviendront-ils au matin.

Peut-être aussi que c'est bien ainsi - un chuchotement parle parfois mieux que les plus vigoureuses exclamations, quelques notes, plus qu'un long discours.

 

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Mardi 24 avril 2007




Avec une pensée toute particulière pour ceux qui manquent cruellement de verdure.

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Mardi 24 avril 2007

Je crois que j'ai décroché un emploi...

Pile là où nous le souhaitions, à temps partiel et aux horaires en partie modulables, dans une association culturelle et d'éducation populaire. Un CDD longue durée s'ouvrant ensuite sur un CDI (enfin, si tout va bien : ce n'est pas de mon travail dont je doute, plutôt du futur Président de notre précaire République). Payé au SMIC horaire, ce qui ne nous apportera pas plus que les minima sociaux mais peu importe. Je vais pouvoir semer ici et maintenant, le monde meilleur que je veux voir fleurir.

Je suis heureuse de travailler bientôt je l'espère, auprès de personnes passionnées (tout l'encadrement est bénévole) à qui j'ai pu parler de notre idéal de simplicité volontaire, de la valeur que nous accordons au temps, à la famille, aux arts et à l'information. Fière d'apprendre que les 4 personnes présentes à l'entretien furent unanimes au sujet de ma candidature.

Normalement, l'aventure devrait débuter le premier juin.

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Mais nous sommes sur Terre, pas dans un dessin animé se déroulant sur un nuage avec des personnages aux couleurs chaudes. Je ne sais toujours pas si j'ai droit au CAE que l'employeur m'offre. Les ANPE du département jouent au ping-pong avec mon cas. En réalité, ils ne savent pas eux-mêmes. C'est du grand n'importe quoi...

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Edit 21h11 : J'y ai droit !!! Youpitralala !!! :D

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Et il y a surtout tout ce que je ne dis pas. Ce à quoi je dois renoncer pour concrétiser mon avenir et mes aspirations professionnelles, notre sécurité financière. Une erreur qu'un jour, peut-être je me pardonnerai.

(Joie, doutes, ombres et froid... la vie quoi...)

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Lundi 23 avril 2007

Hier soir, nous n'étions pas bien fiers.

Sur le petit écran, ces gens qui discouraient, qui s'opposaient. Le maître mot ? Le changement. Il semblerait que chaque camp s'en réclame détenteur. Moi je ne voyais que gauche et droite s'affrontant. Comme toujours.

Cette fois, il y a la droite "sortante", qui annonce haut et fort que son candidat changera la face de la France. Outre que je ne doute pas de cette promesse, pour une fois, et que les changements proposés par ce candidat-là me font frémir de peur et de honte, je me demande comment l'on peut investir le créneau du changement pour se faire, quelquepart, réélire. Parce que Sarkozy est déjà au pouvoir, ne l'oublions pas... Au Ministère de l'Intérieur depuis 5 ans. Ses petits copains disséminés dans les institutions clés du pays.

Et en face, dans sa tranchée, les candidats de gauche. Réunis par l'adversité, et un sentiment d'urgence que je partage avec eux. Ça m'a fait plaisir de voir une gauche unie. Non que je sois de gauche ou d'ailleurs, je me fiche bien des étiquettes. Simplement, j'entendais enfin un discours riche, parce que pluriel.
Et encore, on me parle de changement. Mais arrêtez avec ça ! Une grande partie d'entre vous était au pouvoir que j'étais encore en couches-culottes...

Par contre, vous savez quoi ? Ça a tendance à me rassurer aussi, finalement, cette armée d'éléphants assagis par les aléas de la vie politique. Vous avez manoeuvré, vous avez semé et récolté, vous avez échoué, de plus en plus souvent, vous avez creusé la dette nationale, vous avez dissimulé, distribué, ruiné, mais de mémoire d'homme, je ne crois pas qu'on vous ait vu insulter le peuple, organisé des rafles, tenu des propos radicaux...

Je peux me tromper (un éléphant, c'est bien connu...). J'ai pu ne pas savoir. Mais quand même, touts imparfaits que vous êtes, je vous y vois assez mal, dans le rôle de facho. Je n'en dirais pas autant d'un certain candidat.
Et je sais, je vois, que vous êtes rassemblés derrière Royal : ce n'est pas pour elle mais contre l'autre que je voterai, ce n'est pas pour elle mais avec vous que mon choix se forme.

Je suis triste aujourd'hui. On dit que certains électeurs d'extrême-droite se sont ralliés aux valeurs républicaines. J'aurais aimé qu'on laisse ces mots tranquilles. L'idéal à sa place, quitte à l'enfermer dans un musée. Annoncer honnêtement "On a essayé, et puis on a changé d'avis".
Il n'y a plus de droite, elle a glissé vers l'extrême-droite. La gauche aussi a glissé à droite. Cela transparaît clairement dans les propos de Royal.
Le problème c'est que devant ce changement-là, bien réel à mon sens, la remise en question des partis en présence ne s'est pas opérée. On prend les mêmes, on recommence. Sur un terrain inconnu et mouvant. Miné de partout.

Tout bien considéré, je pense en effet qu'on peut se targuer de changements imminents. Et cela ne me rassure pas...


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Samedi 21 avril 2007

Vous tondriez, vous ?

(moi pas ! mais l'Homme des bois...)

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Samedi 21 avril 2007

Je savais déjà que je prenais des risques en changeant de région et de secteur professionnel en même temps. En prenant le temps d'un bilan de compétences (2 mois), d'attendre la rentrée universitaire (3 mois), de choisir un cycle assez long (12 mois) pour obtenir un diplôme m'ouvrant au secteur pas très porteur des arts et de la culture.

J'avais 23 mois d'indemnités, alors nous avons essayé de les capitaliser un peu. Pour les faire durer au-delà, le temps de décrocher un emploi.

Arrive la fin de droits, il y a quelques jours. Je ne la remets pas en question, du tout : je suis même très mal à l'aise d'avoir dû vivre dessus pendant près de deux ans. Même si c'était mon droit le plus strict, et que j'ai copieusement cotisé pour ça dans mon ancienne vie.

Il n'empêche, j'ai eu la surprise d'une nouvelle pour accompagner mon nouveau statut.
Quand on n'est plus indemnisé, les contrats aidés (ouvrant droit à des subventions ou exonérations de charges pour l'employeur, et portant les petits noms de CAE, CIE, Contrats d'Avenir...) ne nous concernent plus. Le pire étant pour ceux n'ayant droit ni au RMI ni à l'ASS ni à rien.
C'est logique : si les ASSEDIC rémunèrent, l'Etat a tout intérêt à vous faire sortir du chômage au plus vite. Vous êtes prioritaire sur ceux qui ne perçoivent rien ou presque rien. Moins vous percevez, moins vous avez de possibilités d'avoir un contrat qui intéresse l'employeur (outre le handicap du chômage longue durée). Moins vous serez aidé(e) aussi si vous prenez un travail loin de chez vous (l'aide forfaitaire est près de 10 fois inférieure...).

Alors je sais, tout ça coute de l'argent, la dette nationale, etc. N'empêche que cela laisse peu de place aux erreurs de parcours. Que cela précarise toute une frange de la population ayant "peu travaillé" (eh oui, ce n'est pas mon cas, mais je pense à mes copines qui élèvent leurs enfants depuis longtemps).
Je comprends mieux la notion de spirale de la précarité.

Au passage, tout ça risque de me mettre bien dans la mouise : dans ma branche (le travail associatif), la quasi-totalité des postes sont des contrats aidés.

Alors je veux bien entendre que plus c'est dur de se réinsérer et moins on t'aide, simplement j'aurais voulu l'apprendre avant d'être au pied du mur...

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