Samedi 25 mars 2006

 

Nous autres, Français, sommes sacrément attachés à notre culture. De si beaux monuments, nos collections inouïes d'oeuvres d'art... Quant à notre langue, tellement raffinée... on n'a pas hésité à l'exporter. Ainsi, les élus de plusieurs pays du continent africain ne s'expriment ainsi plus qu'en Français, se coupant du peuple qu'ils sont censés représenter. Les langues "locales" devenant de fait, des langues populaires.

Pourquoi laisser ainsi mourir une langue, une culture ? Au nom de quelle idéologie ? Qui cela sert-il ?

 

Mais au fait, c'est quoi, une langue, au juste ?

Une langue, c'est la façon dont on représente le monde. Chacune est donc précieuse à l'humanité. Parce que chacune est un monde, et que la connaissance de plusieurs langues constitue en fait un élément clé de comparaison de deux systèmes de pensées... Parce que, qu'est-ce qu'il se passe lorsqu'on n'a qu'un système de pensée ???

 

Ben, en fait, on pense pas...

La comparaison est propice à la réflexion, éclaire nos choix... et participe ainsi du libre arbitre.

 

Alors c'est pas à un peuple fier et revendicateur qu'on va imposer une culture mondiale, hein.

Et puis de toute façon, avec la fabuleuse littérature produite dans notre pays, on voudrait bien voir ça.

 

Oui bien sûr... mais si on balayait devant notre porte ?

On comprend tellement le combat de nos cousins québécois ! Quel exemple d'attachement à leurs racines, en même temps que leur bilinguisme leur ouvre les frontières linguistiques comme celles des esprits...

Par contre, le Breton, le Basque, le Lorrain, l'Occitan, le Catalan... Ah ces fâcheux patois persistants ! Des siècles d'inquisition* et de dévalorisation n'ont donc pas réussi à en venir à bout !!! Ces sous-cultures, passéistes à souhait, qui ne servent à rien... c'est à se demander pourquoi elles existent encore, tiens, et même, tous ces jeunes qui reprennent le flambeau militant... Ils doivent avoir perdu la tête...

 

Et si le modèle français préfigurait ce qui nous pend au nez ? Cette fameuse mondialisation, si elle avait déjà été initiée par notre beau pays ? D'abord on tue la diversité linguistique intra muros, puis on assène "Nos ancêtres les Gaulois" au fin fond de la pampa africaine, enfin on se drape dans un élitisme francophonisant pour sauver la face après la décolonialisation...

 

En France, les cultures minorisées (pas forcément minoritaires, à la base... l'espace occitan représentant la moitié du territoire métropolitain...) sont devenues, du fait de la patiente oppression dont elles ont été l'objet, des cultures de résistance. Précieuses, certes, d'autant que rares sont les locuteurs. En tension permanente, elles sont le lieu de créations artistiques de haut vol. Elles sont les identités, le lien social, la description des lieux et de l'histoire. Elles étaient le bilinguisme des habitants du territoire français. Aujourd'hui, très peu de Français sont vraiment bilingues (c'est-à-dire ayant acquis la maîtrise de deux langues dès la prime enfance). C'est une régression culturelle.

 

Ménon... t'as rien compris Caco : nous autres Français, on est contre la mondialisation !!!

Ben oui, d'ailleurs pour contrebalancer le poids du modèle dominant, vilain mondialisateur en puissance, on a créé une communauté européenne.

Et ces pays européens, pour communiquer entre eux dans leurs nombreux échanges, ils ont décidé d'utiliser... la langue anglaise. Notez, j'ai rien contre, hein, je l'aime autant que les autres langues (bon, peut-être un peu plus, pour la pratiquer)...

Oui mais... Cela signifie tout de même qu'on choisit d'utiliser la langue, donc le système de pensée, du bloc concurrent...

N'y a-t-il pas une autre solution, qui ferait valoir nos spécificités - dont celles de respect des pays communautaires ?

Personne ne semble se soucier du fait qu'un Occitan, un Catalan, un Portugais et un Italien peuvent se comprendre... chacun dans sa langue, s'il ne la parle pas trop vite. Quelle richesse dans les échanges ! quel lien puissant entre citoyens européens...

 

Ce que j'ai décidé de faire...

Il se trouve que mon nom est italien, mes racines maternelles espagnoles, mon coeur occitan, et ma langue, française.

L'Occitan est notre avenir, à moyen terme, puisque mon homme et moi comptons bien apprendre cette belle langue pour continuer à la faire vivre. Elle sera très probablement l'une des langues de nos enfants.

Parce que j'ai besoin de savoir qui je suis, pour échanger avec les autres. J'ai besoin de savoir d'où je viens, pour comprendre où je vais.

Ces notions sont profondément utiles (indispensables même si je veux vivre pleinement ma vie), représentent notre devenir (projet familial).

 

Et pour l'heure les artistes occitans ont envahi la maison qui résonne de leurs accents et voit la littérature dédiée touchée du miracle de la multiplication des pains !

 

 

* de la vraie de vraie. Effrayant :-o

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Vendredi 24 mars 2006

 

J'avais déjà approché des piscines. Parfois de près - jusqu'à y faire trempette en me tenant au bord.

Alors je me disais : "Trop facile. Ya ka rentrer progressivement, ne pas rester sur place une fois qu'on est dedans, et voilà, ça flotte tout seul !".

Ca pouvait même être super agréable, une fois dépassé le premier frisson.

Et puis le printemps 2004 arriva en avance... et ce fut un élan irrépressible. Le grand plongeon. J'ai mis plusieurs mois à m'orienter dans ces eaux, à trouver puis à suivre la petite lumière, au fond, à vivre des bouffées d'oxygène entre deux apnées - à moins que ç'ait été le contraire ?...

Lorsqu'enfin je pus surnager, il me restait à affronter les nageurs expérimentés, ceux qui te bousculent sous prétexte de t'apprendre à barbotter (et je n'avais rien demandé ! menfin...). J'en ai pris des mauvaises directions. Heureusement qu'il y avait la petite lumière.

Et puis voilà... aujourd'hui, je ne regagnerais le bord sous aucun prétexte...

Mais... Waah ! l'aventure !!!...

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Mardi 21 mars 2006
 

 

C'était une authentique journée de Mars. Des nuages qui couraient sur un bleu pur, un vent qui décoiffait, des gouttes aléatoires et des oiseaux qui nidaient (juste devant la fenêtre de notre chambre !). Le marronnier qui accueillait le nid et ses occupants, brandissait fièrement ses bourgeons.

Ce jour-là ne s'est pas déroulé comme nous l'aurions souhaité... pourtant il reste le plus beau cadeau que la vie nous ait fait :-)

Bon anniversaire ma petite puce...

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Samedi 18 mars 2006

 

  

Vous les attendiez.

 

 

Vous en trépigniez d'impatience.

 

 

C'est la fin de ce suspens insoutenable !

Les-horribles-après-skis-rose-bonbon

 

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Mercredi 15 mars 2006

Un drôle de nom pour un drôle de travail. Enfin, pas si drôle, vu de mon côté.

Il s'agit d'une des parties qui compose le volet professionnel de mon diplôme. A fort coefficient, donc. Le travail s'effectue en binôme, et j'ai proposé de travailler avec elle à l'étudiante qui sort d'une maîtrise sur la culture occitane. Nous allons enquêter sur les attentes des publics et partenaires d'un centre de création contemporaine occitan, encore à l'état de projet.

Nous avons un cahier des charges, une liste de contacts (une trentaine de personnes), des guides d'entretiens, une bibliographie en béton et des fiches de lecture à rédiger.

Et trois mois.

Trois mois de jours pour elle, et de nuits pour moi. Elle passe un maximum d'entretiens (je ne puis travailler que lorsque Claudia dort, ce qui ne dure pas de longues heures la journée), je m'occupe de tout mettre en forme, en plus de la recherche documentaire.

On travaille à distance, en complémentarité... et en tension : elle pense que je souhaite consacrer mon temps à ma fille au détriment du projet, et beaucoup d'autres choses que j'apprendrai peut-être par hasard aussi. Elle n'ose pas me dire, et j'ai trop de soucis et une masse de travail trop importante pour faire du social quand je l'ai au téléphone.

Quand le temps est à ce point compté qu'on n'est pas sûr de boucler, je ne m'embarasse pas d'états d'âme... j'y vais !

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Lundi 13 mars 2006

 

En prévision du dernier séjour aux sports d'hiver, j'ai équipé Mamzelle d'une paire d'après-ski. Les moins chers possibles, vu la durée dudit séjour et la certitude qu'ils ne serviront pas l'an prochain... Les moins chers, ça veut dire les rose bonbon qui pètent, là, en plastique doublé de fausse fourure synthétique.

 

Donc on les utilise au ski, puis un peu aussi à la maison, pendant les 3-4 jours de neige.

De temps en temps, sa propriétaire les réclame. Puis elle se rend compte qu'elle peut les mettre et les enlever toute seule...

 

C'est là que ça se gâte.

 

Elle ne veut plus porter que ces machins, même par 15° sous un soleil comme ça... comme aujourd'hui, où, de sortie courses, je sens (ou crois sentir) des regards circonspects genre "Elle n'a que ça à se mettre la pauvre petite" et gnagnagni et gnagnagna...

 

Du coup, décision fut prise d'inaugurer la carte bleue au magasin de chaussures X.

 

Là nous tombons nez à nez avec une superbe paire de chaussures mi-saison en promo, la miss l'essaie, un peu juste, dommage (vraiment vraiment vraiment dommage !!! rhaaaa !!!).

Au passage, on essaie une paire de bottes en plastiques pour les jours pluvieux. Et hop on embarque. Puis on retourne voir les chaussures pas en promo et là une maman avec ses deux enfants qui regardent hagards ma petite commenter, désigner, toucher... chaque chaussure exposée ou presque.

Un peu gênée des trucs roses qu'elle a aux pieds, je jette négligemment "Une fois qu'on aura trouvé celles qui te plaisent, les après-skis je les range une bonne fois pour toutes, hein".

 

Qu'est-ce que j'ai pas dit.

 

Elle n'a plus voulu essayer aucune chaussure d'aucune sorte (elle dont "chaussures" fut le 4° mot après Maman, Papa et Néné !!!).

Ca donnait :

 

(Moi)       Oooooh, tu as vu, comme elle est belle celle-              ci !

(Elle)       Oooooh !!!

(Moi)       Tu l'essaies ?

(Elle)       Non !!!

 

Et voilà...

 

Je me lasse avant elle et lui propose d'aller au magasin Y. Elle acquiesce. Dont acte.

 

Au magasin Y, quelle chance, elle voit des modèles qui lui plaisent. Tiens c'est étrange lorsque je lui propose sa pointure, elle s'en détourne et file vers un autre coin du rayon...

Ca dure un petit moment, j'ai même fait mine d'essayer de lui passer une chaussure en pointure 18, pour voir si ensuite elle ne passerait pas à autre chose... Mais non !

Quelle patience, ma fille, avec sa mère qui ne comprend toujours pas qu'elle se fatigue pour rien !!!

Quelques mètres plus loin, une petite lueur s'est enfin allumée dans mon esprit fatigué... ma petite chérie protégeait avec toute son ingéniosité de petite maline, son horrible paire d'après-skis rose bonbon !!!

C'est-y pas mignon...

A paraître prochainement, en exclusivité mondiale : l'horrible-paire-d'après-skis- rose-bonbon en photo

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Dimanche 12 mars 2006

Nous avions un peu de retard. Il nous attendait déjà.

 

Le regard présent et lointain en même temps. Nos 5 minutes lui avaient laissé le temps de regarder ce paysage où il avait grandi, de le laisser l'absorber... Souvenirs, temps présent, saisons qui s'entremêlent à la faveur d'un climat changeant... et toute cette eau qui coule...

Entre Tarn et Aveyron, nous sommes tout au bord de la rivière du Viaur.

"Vous savez, c'est un endroit particulier... vraiment très spécial."

Je le sais. J'y passe souvent. La lumière y est toujours différente. Bien souvent, le temps aussi... une ambiance qui vous prend même à 110 à l'heure et les vitres fermées.

Alors là, juste sur la berge... évidemment...

Son regard est revenu à la surface au fur et à mesure que nous montions vers la maison.

L'entretien a pu commencer.

C'était un Monsieur très particulier, dans un coin de terre et d'eau et d'arbres très particulier...

Saint-Just-sur-Viaur, 11 mars 2006

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