Lundi 22 mai 2006

 

Il faisait très chaud dans les mogotes, ces collines surréalistes au milieu desquelles nos chevaux nous menaient. A leur train, lent et ponctué de pauses. C'est que la nature verdoyante les alléchait et ils ne manquaient pas une occasion de s'arrêter pour manger une feuille de maïs ou une motte d'herbe. Ils étaient si maigres !

Caballooo, caballoooooo... scandait leur propriétaire, juste derrière moi. Ses animaux ne portaient pas de petit nom.

Nous avions attribué à ma soeur la plus calme des trois montures. Je commençais déjà à fatiguer de tous les malheurs qui ne manquaient pas de profiter de sa maladresse... la veille encore, une excursion les yeux sous l'eau près d'une barrière de corail lui avaient valu une magnifique brulûre sur la cuisse gauche : des coraux merveilleux y avaient gravé leur empreinte acide. La journée avait dû être écourtée et son statut de mineure poisseuse placée sous ma responsabilité avait commencé à changer mes vacances, pourtant bien méritées, en expérience extrême au pays des parents soucieux et autres cheveux blancs...

Alors le lendemain, nous avions choisi cette promenade au pas sur les sentiers tranquilles dans la campagne de Guaniguanico. Elle devait nous mener jusqu'à une grotte au fond de laquelle un lac naturel aux eaux limpides nous aurait offert un bain providentiel. C'est à cette eau que je pensais en chassant les moustiques et en couvrant mes jambes blanches, au rythme lent des chevaux qui longeaient à présent une clôture.

Un bruit au loin... c'est un atelage, deux vaches lancées dans la descente, et derrière eux un homme sur un cheval et qui leur hurle de ralentir, en tirant de toutes ses forces sur les rennes qui leur entravent la gueule. Elles ralentissent à peine et nous croisent en trombe, agitant leur tête pour se libérer de la douleur qui doit leur scier les babines.

Ouf, elles sont passées.

Mais soudain, ma soeur fond en larmes. Des larmes, des sanglots, des hocquets, comme quand elle avait quinze ans de moins. Je n'en crois pas mes oreilles... ni bientôt mes yeux : une corne lui a entaillé la cuisse. Sur une vingtaine de centimètres, pile sur sa brûlure de la veille. La peau est bien entamée mais sans plus, heureusement.

Mamma mia, c'est reparti, j'y crois pas !

Elle hurle de douleur, dit qu'elle va s'évanouir, on la descend comme on peut du cheval, on la pose à l'ombre. Des mouches se ruent sur sa plaie pendant que des paysans, sortis comme par miracle d'un champ tout près, nous apportent de l'eau glacée. Après cette pause, nous décidons de rentrer. Elle ne peut plus plier sa jambe et pleure toujours de douleur. On la hisse comme on peut et on repart.

Le rythme lent des chevaux m'apaise quelque peu. Demain on en rira bien, va. Elle ne semble pas y croire. Au bout de quelques minutes, elle me hurle qu'on doit de nouveau s'arrêter, que la douleur est insupportable, qu'elle se sent partir...

On s'arrête donc, sous un autre arbre, on l'asseoit sur le bord de ce chemin boueux. Elle flanche, je lui renverse l'eau glacée sur le visage. Revenant immédiatement à elle, elle m'insulte et me menace.
Elle ne s'en souviendra jamais.

J'évalue mentalement la situation.

Nous sommes à une bonne demi-heure de cheval de la civilisation.

Elle est intransportable assise comme debout.

Aucune voiture ne passera sur ce chemin marécageux, où la boue atteint parfois le haut des pattes des Caballos.

Je ne vois que l'hélicoptère ! Et encore, le temps qu'il arrive, la plaie est déjà moche, nous sommes sous les tropiques, il faudrait qu'il parte de La Havane, à plusieurs heures de là... nous ne pouvons pas attendre...

J'ai besoin de souffler, je m'éloigne, je hurle tout ce que je peux hurler, je shoote dans mon sac... Je respire... je reviens.

Depuis que nous sommes arrêtés, ma soeur réclame de l'alcool pour désinfecter sa jambe. Au point où nous en sommes, autant lui en dégoter, on verra bien après.

Notre guide choisit son cheval et part ventre à terre. Je me demande comment une bête visiblement si mal nourrie peut courrir aussi vite. Il mettra une dizaine de minutes à revenir, muni d'une toute petite fiole qui sent le rhum. Je la vide sur la jambe de ma soeur. Le soulagement semble instantané... Ô miracle, nous pouvons repartir !

C'est ainsi que, fourbues mais heureuses, nous regagnâmes la maison de notre hôtesse. Celle-ci se trouvait être une ancienne infirmière, elle s'occupa de ma soeur comme si elle était sa fille.

Elle était furieuse contre notre guide qui nous a mises en danger, elle qui doit répondre de l'accueil et de la sécurité de "ses" touristes, par-devant un gouvernement qui ne rigole pas avec ça...

Sur cette terrasse en bois, ce soir-là, elles ne parlèrent pas que de cela, avec la voisine. J'écoutais sans beaucoup comprendre, me remplissant de l'odeur de la nuit, de ses bruits, bercée par le rocking-chair. Ma soeur dormait à présent, je pouvais penser tranquillement au ciel qui est partout pareil la nuit, et à moi qui suis toujours là, où que j'aille.

On a des drôles de pensées, la nuit, dans les terres rouges des mogotes.

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Lundi 22 mai 2006

 

 

 

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Dimanche 21 mai 2006

 

 

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Vendredi 19 mai 2006


Un midi, je suis allée chercher le meilleur endroit où poser mes lamentations.

Il y avait des ruelles défoncées, des chats somnolents sur des perrons ensoleillés, des insectes volants et bourdonnants, des iris déployés, des coquelicots offerts, des massifs de rose odorants... et un escalier de pierre qui m'a offert une retraite ombragée.

Là, dans le silence ponctué de bruits d'hommes et de bêtes, j'ai pu me confier aux arbres qui me faisaient signe, de loin...

De ce mal insidieux qui finit par nous gagner de ne pouvoir nous fixer dans cet endroit qu'on appellerait "chez nous".

Des incessants déménagements, des variations de climat.

Des rencontres qui nous semblent éphémères à force de se multiplier.

De nos racines qui butent contre les murs de cet appartement humide et qui nous fait tousser.

Nous sommes comme trois plants en pot. Comme eux nous étouffons dans nos limites artificielles, comme eux nous désespérons de retrouver le terreau originel, comme eux notre mémoire capricieuse nous tire vers un souvenir inconscient de terreau matriciel.

Comme eux, mélancoliques.

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Jeudi 18 mai 2006

 

Buter contre l'arbre après une course effrennée ;

Invoquer la fraîcheur des sous-bois en jugulant son souffle affolé.

Se remplir jusqu'à plus soif de l'odeur des fûtaies,

Le tout en restant au tronc enlacé.

 

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Mercredi 17 mai 2006
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

D'habitude, je n'aime pas les tests de personnalité.

D'abord parce que je n'ai pas le temps,

Ensuite parce que ça vient en général derrière une couverture accrocheuse du genre "Perdez 7 kilos en 7 jours",

Enfin parce que c'est tellement réducteur.

Mais je me suis laissée séduire en voyant ici le résultat en couleurs.

Alors je laisse le lien, même si c'est réducteur, même si c'est en anglais...

J'aime bien le résultat (comprendre : je trouve ça joli) même si je ne suis pas sûre de me reconnaître ! (créative réservée, mouais...).

Et vous ?

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Mercredi 17 mai 2006
 

Au menu, du Pan Con Tomates : j'en avalerais des litres.

Il faut :

de l'ail

des tomates

de l'huile d'olive

du sel

du pain

(optionnels : basilic, mozzarella, ou autres)

Mettre ail (quantité selon goût), disons 3 tomates, 4 cuillères à soupe huile d'olive et une pincée de sel dans un robot (le b*by-c**k va très bien). Mixer jusqu'à ce que soit un peu mousseux.

Tremper le pain dedans. Ajouter éventuellement du basilic ou de la mozza ou skonveut

Déguster !

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