Mardi 17 octobre 2006

Plus ça va, plus je suis persuadée que c'est impossible.

On peut ressentir de l'empathie pour quelqu'un, ça oui. Les mots s'entendent, les émotions se retrouvent, les larmes se mêlent. A moins que ce soit la joie franche et crue, la mélancolie profonde, l'émerveillement soudain...

On peut retrouver chez l'autre un comportement qui nous est familier. Ou qui nous rappelle quelqu'un qui nous est proche. Cela peut être plus ou moins rassurant, jusqu'à adopter symboliquement quelqu'un, le collant à un schéma qui lui est inconnu - terrain glissant - ; cela peut également être agaçant, jusqu'au rédhibitoire - dommage, ou pas.

On éprouve pour les autres une multitudes de sentiments, et heureusement. Par contre je vais tâcher de bannir la petite phrase assassine "Je ne le/la comprends pas".

Bien sûr que je ne le/la comprends pas. C'est une évidence. Faudrait-il que l'autre ait des bonnes raisons pour être ce qu'il est, et que tout cela soit lisible par son entourage en plus ? Si cela ne l'est pas, doit-il gentiment décortiquer les détails de ses choix ?

Très peu pour moi.
(Je suis qui je suis, je ne prierai personne de m'en excuser.)

D'abord, on ne saisit pas consciemment toutes les données qui vont nous pousser à tel acte ou telle parole. Ensuite on ne saisit pas non plus tous les mécanismes qui vont y aboutir. On peut donc dire qu'on se connait, qu'on se comprend, bien imparfaitement.

Et il faudrait comprendre les autres ? Ou bien leur jeter l'opprobre ? Qu'il est tenace ce penchant à écarter de sa vue les différences de l'autre, qu'il est pervers de s'insinuer en nous à chaque fois qu'on se sent menacé, qu'il est réducteur de nous couper de qui pourrait tant nous apprendre...

Et de l'autre côté... qu'est-ce que ça fait, d'être rejeté juste parce qu'on ne nous comprend pas ?
Pas que du bien, hein...

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Mardi 19 septembre 2006

Lu dans le dernier catalogue du vendeur de mobilier suédois (pp. 42-43) :

Et si...

... Le travail manuel était davantage valorisé

Là on essaie de vous vendre un objet tout fait (déjà...) coussin brodé par une maman en Inde. C'est super valorisant pour son travail, vous croyez, de broder toute la journée pour les consommateurs des pays riches ?

... On donnait une nouvelle vie à des objets classiques

En achetant un tabouret neuf, mais avec un faux naperon dessus pour faire genre, récup personnalisée. Elle est où la "nouvelle vie" ?

... L'anticonformisme reprenait du poil de la bête

Trop fort : ils ont conçu une chaise à bascule. Si tu veux être anticonformiste, il faut ab-so-lu-ment que tu te meubles chez Ik_a !

... On arrêtait de gâcher

Là ils parlent de chutes de bois récupérées au lieu qu'elles partent à la poubelle. Parce qu'ils trouvent encore du bois à jeter, en Suède, avec tous ces catalogues distribués dans quasiment toutes les boîtes aux lettres de France (et je suppose, de tout pays possédant un magasin Ik_a) !? En parlant de gâchis, justement...

... L'art était enfin accessible à tous

"Si l'on produit de l'artisanat de qualité à grande échelle, un design exclusif peut toucher le plus grand nombre."
J'ai avalé mon thé de travers, là. Ils sont en train de nous dire que ce super vase sûrement fait main avec savoir-faire, amour patience par un artisan consciencieux, leur permet aussi de réaliser des économies d'échelle parce que l'artisan, il en a fait plein !? Comment peut-on mettre à côté l'artisanat de qualité et les économies d'échelle ? Qui dit économie d'échelle dit usinage des pièces, travail à la chaîne et ouvriers non qualifiés. Pas d'artisan à l'horizon. Encore moins d'artiste - ah, si, pardon, le designer. Ils ne mélangent pas un peu tout, là !? Nous prendrait-on pour des imbéciles ?

... Nos différences nous réunissaient

(dans un tissu à motifs culturellement éloignés)
Nos différences nous réunissent, et c'est un peu grâce à Ik_a : on peut maintenant faire fabriquer à des gens du bout du monde tout plein de jolies choses pour nos maisons douillettes. Le distributeur fait produire ses articles par des fournisseurs sur lesquels ils peuvent faire pression à volonté (parce qu'ils achètent encore moins cher que le prix qu'ils revendent, soyez-en sûrs !) tout en fermant les yeux sur le type de main-d'oeuvre employé. Ainsi, sur tout textile, toute table, toute cuisine, il y a peut-être un peu d'un pauvre hère sous-payé pour les 100h qu'il travaille par semaine, le travail fin de doigts d'enfants, etc...

Ca m'a énervée, vous l'aurez deviné, parce que la vague sur laquelle ils surfent exploite des valeurs qui me sont chères, comme à beaucoup. Et que

la valorisation des activités manuelles (rémunérées ou pas, tout n'est pas marchand dans la vie ! si ?),

la récup,

l'originalité,

le rapprochement des peuples, l'amour des différences,

la démocratisation culturelle

et tant d'autres...

n'ont rien à voir avec une virée shopping chez Ik_a, ni avec la politique de cette entreprise, ni avec ce salon que j'ai vu chez un tas d'amis.

Grrr.

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Jeudi 14 septembre 2006

J'ouvre une nouvelle catégorie

fallait pas l'énerver

Parce que, caractère oblige, quand ça ne sort pas oralement, il faut que ça sorte par écrit. Ou bien ça finit par me faire du mal.

Alors n'éteignez pas votre moniteur, allez plutôt vous faire chauffer une tasse de thé, parce que ça commence tout de suite ;-)

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Jeudi 14 septembre 2006

Témoignage de ma soeur.

Si je me souviens de Marie-Elisabeth* ? Oh ça oui alors ! Tu ne te souviens pas que dès qu'elle arrivait à la maison, je me réfugiais dans ta chambre ? Je ne pouvais déjà pas la supporter.

T'ai-je raconté le jour où elle m'a baffée ?

Je devais avoir 6 ans. Nous nous promenions avec Maman, toutes les 3. Je marchais à côté d'elle et elle n'arrêtait pas de me dire

"Arrête de me coller, mais marche plus loin bon sang !"

et en voulant me repousser elle m'a brûlée avec sa cigarette. J'ai hurlé de douleur, et j'ai commencé à pleurer.

Et elle à me hurler dessus :

"Mais quelle comédienne tu fais, toujours à geindre ou pleurer, tout le temps, arrête un peu, je te dis, MAIS TU VAS TE TAIRE OUI ?"

Et elle m'a balancé une monumentale giffle. Et Maman n'a rien dit.

Et là, je m'en souviens comme si c'était hier, j'ai réalisé d'un coup qu'on abusait des enfants juste parce qu'ils sont plus petits, et que c'est dégueulasse.

J'en ai les doigts qui tremblent sur mon clavier. Et moi, la grand soeur, si je la croise à Toulouse, cette horreur de bonne femme, je fais quoi ? Je ne la baffe pas, parce que c'est répréhensible par la loi ?

Est-ce que je peux lui cracher dessus ?

______________

* Ce n'est pas un pseudo. Et je me demande pourquoi je ne donne pas son nom, aussi. C_nasse.

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Jeudi 24 août 2006

Après relecture et quelques menues modifications, elle est partie hier !

Non mais...

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Dimanche 13 août 2006

Hier nous avons eu affaire à ce que l'immobilier a de mieux :

la super vendeuse

Nous sommes tellement émus de cette rencontre et des échanges qui en ont découlé que je pense qu'on va se fendre d'un petit courrier. Dont voici le contenu :

Agence immo N.

Mme X.

n, route N.

81xxx St-A. S.

Objet : Championne du monde !

Madame,

Le 12 août courant, vous nous avez permis de visiter un bien sis hameau de P. B.

Cette visite faisait suite à une première rencontre, au cours de laquelle vous nous avez expliqué que le couple qui nous avait précédé dans la visite s'apprêtait à signer un compromis. Rompue aux techniques de vente de pointe, vous avez très habilement tenté de nous convaincre de la visiter tout de même - et ce, devant ledit couple.

Ayant refusé, et le couple s'étant finalement rétracté de la vente, nous avons donc eu le plaisir de fixer un nouveau rendez-vous. Les humbles futurs acheteurs que nous sommes comprirent bien sûr le silence à propos de votre retard, probablement imposé par vos obligations si nombreuses.

C'est ainsi qu'enfin, nous pûmes apprécier vos compétences immobilières. Durant la visite, nous apprîmes qu'une fosse sceptique "moderne" se passait d'entretien. Que la cave d'un bien entrait dans le compte de la superficie habitable, de même que les combles au plafond inférieur à 1m80. Que la superficie d'un terrain comprend celle de la maison qui est posée dessus, de même que celles de la remise et du patus communal. Que nous sommes "grands" * et que si nous tenons debout dans la cave, c'est que l'on peut y vivre. Que Claudia pourrait avoir son espace sous les combles (peut-être ne dépassera-t-elle jamais le mètre, comment n'y avons-nous pas pensé nous-mêmes !?).

Vos prédispositions à l'anticipation nous révélèrent de même que, personne n'étant éternel, le décès prochain de la voisine occupant les deux bâtiments mitoyens de la maison, nous procurera bientôt l'opportunité d'une possible extension.

Enfin, nous avons aussi pu admirer la vue imprenable que vous vantiez. Quel dommage que cette maison n'ait que deux fenêtres !

Comme vous le souligniez le prix du bien est bas, et nous ne sommes pas sûrs de vouloir spolier les propriétaires en leur donnant si peu d'argent pour un bien de premier ordre. Vous comprendrez que comme nous ne pouvons pas offrir plus, nous préférons laisser la vente à des acheteurs plus fortunés. Nous n'avons aucune inquiétude quant au sort de ce bien : des acheteurs de "partout" se déplacent pour le visiter et les propriétaires qui ont baissé le prix de 30% en trois mois ne sont pas pressés de vendre.

Et puis, les gens aiment bien qu'on se paie leur tête. Avec un peu d'entraînement vous pourriez facilement prétendre à un titre immobilier planétaire. Si, si : vous avez un profil de vainqueur.

Recevez, Madame, nos salutations les plus sincères.

M. L & Mme F.

Vincent veut attendre avant de lui envoyer cette lettre écrite à 4 mains. Moi pas. En cours de discussion, donc...

_________

* pour ceux qui ne nous ont jamais vus, nous mesurons 1m74, 1m58 et 85cm !

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Mercredi 10 mai 2006

 

Haaaaaa...

Il manquait un volet à la trilogie des peites-trahisons-ordinaires (ou Caco à Trouduculand, ce merveilleux pays où les coups bas pleuvent et où même c'est bientôt mon poing dans la gueule, le prochain coup qui part) (mais oups, je m'égare).

Résumé des épisodes précédents :

N'allant plus en cours, je dois me contenter des informations que daigne me donner la seule étudiante avec qui j'ai travaillé ces derniers temps, et que je harcèle d'ailleurs copieusement.

Alors aux dernières nouvelles de ce début de matinée, on ne savait de l'épreuve d'Anglais, qu'il s'agissait d'écrire un article journalistique en langue anglaise, à destination d'un public anglophone.

Cétou.

"Espérons qu'on en saura plus avec le cours de ce matin" conclue ma binôme-cheval-de-course.

Fin du cours : on n'en sait pas plus. Sur ma lancée, je dérange notre illustre prof d'Anglais dans son bureau pour lui demander quoi qu'il veut de nous au juste pour le modique délai de demain, et là il me renvoie un bien sec :

"Je l'ai dit plusieurs fois en cours, il fallait venir. Je vais pas répéter 10 fois."

(je reste plantée là bouche bée)

"Un article comme ci pour des gens comme ça, vous vous aidez des interventions de journalistes en cours, la copie doit faire une page."

Merci Monsieur.

Et merci, chameau !

 

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