Vendredi 7 mars 2008
Sur la plage. Il n'y a personne autour. Seuls les grains de sable se soulèvent au gré des rafales. Je me ramasse un peu plus sur moi-même. Mes yeux partent au loin.
Je vois... Les volutes de l'écume. Même sur cette plage abandonnée, dans ce décor gris et beige, pas un instant ne ressemble au précédent, et le suivant surprendra encore. Circonvolutions, courants, tourbillons. Rien n'est figé, je tremble. Et ferme mes yeux.
J'entends... Le vent et les vagues. Un mariage improbable, à quelques encâblures de la grève. Des échos de leur vie commune échouent à mes oreilles. Les chuchottements humides de l'eau qui se retire, ses doux grondements lorsqu'elle carambole. Tentative de rythme toujours épuisée. Les rafales fortes et courtes se succèdent, aiguillonnant les courants. La mer n'en finit pas d'essayer d'obéir aux caprices du vent.
L'attente immobile se fait insupportable, je me lève et secoue mes vêtements des grains de sable qui sont venus s'y nicher. Je vais marcher un peu. Accompagner de mes pas le temps qui passe. Ça ou autre chose... L'angoisse continuera de déferler dans ma tête, elle écrasera mon corps de ses rouleaux et me tordra consciencieusement, jusqu'au sanglot. Je serai sur la plage ou ailleurs, debout, en marche. Offerte aux moments et à leurs fascinantes évolutions. Ça ou autre chose...

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Mardi 5 février 2008
Il y a quelques jours, j'ai raconté, ailleurs, un épisode de l'époque de mon exil parisien. Le billet a disparu, mon commentaire aussi, et l'envie d'en parler m'a de nouveau saisie... Je vais vous raconter les menues douleurs de mes retours dans la ville où j'ai grandi, cette ville remplie à craquer de souvenirs qui ne sont pas doux doux, cette ville que j'appelle mienne, depuis toujours.

Ça commençait par une idée ocre et orangée, les yeux dans le vague. Les économies que je comptais et dont j'allais me délivrer dans un guichet froid. Les amis que je prévenais, l'attente que je réchauffais de ma joie. Des trajets, je ne garde que le souvenir des nuages qui s'écartent juste assez pour que l'on puisse distinguer les toits, de la couleur de la terre dont on les fabrique. Celui du ruban de l'autoroute qui, en haut du vallon, offre le spectacle de la ville effervescente. La voix assourdie qui scande "Matabiau, Matabiau. Terminus de ce train...". Et à chaque fois, mon coeur qui bondit, comme si cette surprise-là devait toujours rester entière, quel que soit le temps que je devais mettre à m'y préparer.
Je revenais toujours à Toulouse dans un sursaut.

 
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Dimanche 2 décembre 2007
(en écho à Bergere)

En ce soir de fin d'été, rien ne trouble le quartier résidentiel. Toutes les voitures sont revenues stationner devant  les maisons presque identiques, l'effervescence de la rentrée s'est apaisée, les vies ont repris leur rythme bien rodé.

Je suis assise là, sur un bout de trottoir, le regard perdu. Je me demande comment on peut accepter d'afficher des apparences si lisses, et d'où sortent toutes ces vies aux destins parallèles. J'essaie de penser à la vie des habitants, derrière les volets clos. Une vague d'angoisse me submerge aussitôt. Je réprime à grand-peine mes sanglots.

J'ai 17 ans mais mon coeur pèse plus de cent tonnes d'horreurs cachées. Il paraît que j'ai l'avenir devant moi - j'en rirais si je savais encore le faire. Je ne sais que mon quotidien de sévices, ces années d'insomnies et l'enfer qui m'attend tous les soirs en rentrant. Dans ce nulle part d'autre où aller, derrière les murs ocres de ce pavillon de banlieue-dortoir où résonnent mes cris, depuis plus longtemps que je ne sais me souvenir. Toutes ces années ont saboté les beaux moments que j'ai certainement vécu, au début.

J'ai 17 ans et je sais tout de la violence et du malheur que la vie charie. Le désespoir a fini par me dépasser complètement, emprisonnant les années d'avant, et aussi celles d'après. Il n'est plus qu'un quotidien déchiré de coups, d'humiliations et de caresses hors norme.
De la simple auto-mutilation au plan de destruction global, j'ai le corps couvert de plaies à divers stades de cicatrisation. Elles dessinent la géographie précise des celles de mon âme. Cependant, mon corps cicatrise, lui. La colère, la violence, échouent à s'exprimer dans leur horrible et majestueuse grandeur.

Ce soir, dans la quiétude du quartier somnolent, je contemple ces voitures. A la première occasion je sais que je pourrai les détruire. Que cela me procurera un sentiment de justice, ou de justesse, ou de quelque chose s'en rapprochant. Quand il n'y aura plus que chaos, cendres et débris de verre, quand l'horreur aura gagné le paysage, ce quartier ressemblera enfin à l'endroit où je vis.

J'ai 17 ans, je porte toutes les douleurs et l'avenir de ce monde. J'ai 17 ans et je suis une casseuse.
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Mercredi 7 novembre 2007

Nous sommes parties dans la nuit sur une impulsion, elle a démarré sans préméditation, nous avons roulé sans nous poser de questions. Au début du trajet, la lune nous clignait un minuscule bout de quartier. Presque pleine, comme pour nous indiquer la route. Lorsque nous avons glissé sur la nationale, elle s'est faite discrète, dans notre dos, éclairant chacune des grandes courbes de ce chemin en point d'interrogation.

Au long des kilomètres qui défilaient je me suis parfois demandé où nous irions en suivant ainsi sa lumière argentée. J'ai bien pensé à lui poser la question, elle qui tenait le volant. Mais il y avait toujours plus urgent à dire, à se rappeler, à relier, à narrer.

La frontière est arrivée. Et nous avons continué. Les panneaux jaunes annoncèrent ce que je devinais comme notre destination – Barcelona. La lumineuse, l'hyperactive, la colorée, la noctambule… Elle était l'évidence, cette ville qui lui ressemble tellement ! Les vitres grandes ouvertes, nous avons réussi à nous taire quelques minutes pour entendre pulser le cœur de la ville, respirer ses odeurs et deviner ses clameurs. Une fois la voiture déposée, nos pas nous guidèrent au hasard, du port et de ses bars aux Ramblas illuminés et grouillants de monde. Le catalan et le castillan chantaient partout autour de nous ; les noms des rues jouaient à cache-cache entre deux accents ; et nous ne cessions nos pépiements que pour mieux nous esbaudir de quelque spectacle inattendu, de la magie de la mer, et des reflets tremblants.

Entre la Casa Batllo et la Sagrada Familia, nos pas se sont faits plus lâches, nos mots plus lents et plus sûrs. La nuit nous avait gagnées. Le temps s'était arrêté.

Le chemin vers la voiture fut des plus intuitifs, de même que celui vers la sortie de la ville. La nuit était déjà à moitié finie lorsque nous la saluâmes une dernière fois. Le chemin du retour fut fluide et rapide. La lune nous avait attendue. Toujours clignant de son quartier manquant, elle promit de ne rien avouer à Celui qui, à l'Homme des bois ou à un enfant. De toute façon elle était trop fatiguée, elle partirait bientôt se coucher.

Lorsque nous sommes arrivées, rien n'avait bougé… Le plus silencieusement possible, nous avons regagné les quartiers du sommeil. Quelques maigres heures et de beaux rêves plus tard, le soleil s'est imposé par la baie vitrée, les gazouillis ont éveillé des elfes pressés de commencer la journée.

Et nous n'étions même pas fatiguées…
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Jeudi 11 octobre 2007
Les préparatifs finaux avaient duré une bonne partie de la journée. Chaque habitant du village avait cousu, peint, monté, porté, habillé, coiffé ou maquillé... Au crépuscule, les paniers ont commencé à se garnir et les enfants à se déguiser. Ceux des adultes qui faisaient de même s'étaient rendus invisibles, derrière les rideaux blancs crochetés des fenêtres - ces complices des curiosités vicinales.
Les portes des maisons commencèrent à s'ouvrir et les habitants à gagner la rue principale. Les parents se congratulaient les uns les autres des déguisements des enfants. On déplia les tabourets sur le trottoir poussiéreux. C'était l'heure d'attendre en sirotant un granizado ou en picorant du lomo. Les rangs se serraient petit à petit. Le défilé avait déjà plus d'une heure de retard et les jeunes enfants commençaient à ne plus tenir en place. Ici, une grenouille piétinait rageusement une aile de fée, là une abeille pleurait dans les bras d'une maman...
Et l'on attendait.

Les discussions entre voisins battaient leur plein. Untel s'était cassé la jambe en tombant du toit ; Telautre était décidément toujours en retard ; Unetelle avait bien des difficultés avec son plus jeune fils, la pauvre ; oh et vous l'avez vue ? Sa tante est revenue pour les vacances !...
Et l'on attendait...

Lorsque la musique commença retentir, il faisait nuit noire.
Les danseurs d'un soir entamèrent une gaie procession. Un premier tableau vivant nous donnait à voir évoluer des tigres et des lions, d'une moyenne d'âge de dix ans. Ils approchaient dangereusement la foule attendrie malgré leurs "rrrroooaaah" toutes bouches ouvertes et le
s sourcils sauvagement froncés. Puis vinrent des clowns bedonnants avec leurs énormes fleurs de crépon multicolore. Ils apostrophaient leurs voisins venus là les admirer, et tout le monde riait. Un premier char avança. Des vagues aux courbures exagérées et au bleu brillant portaient un Dyonisos souriant et une jeune fille en robe de mariée qui avait bien douze ans. Fièrement campée sur un trône surplombé d'un rouleau d'écume, elle regardait droit devant elle. Aux applaudissements fournis, elle tourna lentement son profil princier vers les manants et les remercia d'un fin sourire. Toute en retenue, elle n'osa pas le signe de la main. Le char passa lentement dans un fracas de machine. Derrière lui, un authentique, terreux à souhait, vrombissant et fumant... tracteur ! Au volant, un homme costaud et jovial, aussi fier que s'il était le père de la princesse. D'ailleurs il l'était peut-être.

Derrière le premier char, une équipe de danseuses de flamenco et de leurs noirs cavaliers. Un second char, une seconde fillette, ou adolescente, ou entre les deux, sertie dans sa robe blanche, ses bijoux et ses paillettes, juchée sur un trône de carton-pâte. Propulsé par un second tracteur. Derrière lui, des filles de joie, vulgaires à souhait dans leurs bas-résille troués et leurs rouges aux lèvres, toutes chairs dehors, faisaient mine de racoler les hommes assis autour d'elles. Les épouses chassaient bruyamment ces pies avec de grands gestes de la main, dans une étrange allégresse. Et d'un coup, on vit partir les dames dans de petits cris : ce qui ressemblait à des dockers les sermonnaient vertement de leurs infidélités. Une fois les allumeuses éloignées, ils firent rouler les muscles de leurs bras devant l'auditoire amusé.

Sans transition, passa derrière eux un autre char princier - une colombe gigantesque portant une jeune fille maquillée et en robe blanche. Puis le tracteur, suivi un peu plus loin par des doyennes en costumes traditionnels. Puis un autre char, un autre décor, une autre enfant déguisée, un autre tracteur, une autre procession...
Le spectacle était à la mesure de l'attente qui l'avait précédé : démesuré !
Les petits costumés, sur le bas-côté, dormaient dans les bras de leurs parents qui leur raconterait le spectacle le lendemain et essuieraient le chagrin d'avoir tant attendu pour rien leur grande soeur, ou leur tonton, au volant du tracteur...

Le dernier char rassemblait les trois dauphines de ce qui semblait être aussi un concours de beauté. Dans un carosse mauve, rose et bleu, derrière le tulle et les volutes, elles distribuaient, souriantes et détendues, des saluts de la main. La gagnante emporterait le diadème pour le reste de l'année, le temps que les habitants du village se remettent des efforts fournis, le temps qu'ils aient de nouveau envie, le temps qu'ils contactent les amis, le temps de joindre les villages alentour à la liesse, le temps que de nouveaux chars soient construits, réparés ou réaménagés, le temps aussi que les forains se souviennent qu'il y aura chalands à attirer, le temps de préparer les costumes et les fausses mariées...

Les spectateurs prirent le chemin du retour. Quelques-uns tentèrent de prolonger l'éblouissement dans le vacarme de la fête foraine. D'autres la boudèrent, préférant garder intact le souvenir des bals d'antan, des chanteuses truculentes et des sévillanes.
Et les parents, doucement, glissèrent leurs précieux fardeaux encore costumés dans les lits douillets.
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Samedi 6 octobre 2007
Elle avait pensé qu'elle pourrait oublier cette journée, qu'elle travaillerait de toute façon, et que sa journée achevée elle s'enfermerait dans une pièce obscure pour voir la vie en grand d'autres personnages, qu'elle rentrerait fatiguée et se laisserait glisser dans le sommeil avec un bon livre dans la main.
Mais à son réveil il faisait froid et gris, elle avait eu du mal à s'extraire de sa nuit, de ses rêves où elle pouvait être autre et habiter une autre vie. Elle pensa encore à celui qui manquait dans son lit, à ceux dont les babillements ne la réveillaient pas, à tout ce qui lui manquerait encore aujourd'hui. Et au moment précis où son pied toucha le parquet, elle s'était dit "Merde. Ça y est, j'ai quarante ans."

Et finalement, à part la journée de travail, morne et prévisible, rien ne s'était déroulé comme prévu.
Le chat était malade, le repas au restaurant d'entreprise (parce qu'ils osent appeler cela un restaurant) était goûteux, la fille du service du personnel lui avait souhaité son anniversaire (ces informations devraient être classées secret professionnel et la fille du service du personnel devrait être moins spontanée, heureusement que l'information avait pu être circonscrite dans l'enceinte de son bureau, il n'aurait plus manqué que tous ses collègues s'y mettent !) et Cédric, grippé, avait téléphoné pour reporter leur sortie ciné alors qu'elle cherchait à se garer...


22h35
Elle referma la porte derrière elle. Là, dans la cuisine, seule au milieu de ses ustensiles, les éclats de joie parvenant du salon lui feraient peut-être un peu moins mal.

Elle leur était reconnaissante d'être là, pourtant. Elle devinait sans peine qui avait été l'instigateur de cette fête d'anniversaire surprise - il n'y avait que Papa pour déployer une si grande énergie à rassembler tout le monde, il n'y avait que lui pour se pencher encore vers cette petite fille qui avait été et qui resterait toujours entre eux.
Rien n'avait percé des préparatifs, personne n'avait commis d'impair. Cédric était là, bien sûr. Il était déjà chez elle, avec toute la troupe, lorsqu'il lui avait téléphoné. Lorsqu'elle était rentrée chez elle, sa main était encore posée sur l'interrupteur de l'entrée, quand ils avaient entonné en coeur "Joyeux anniversaire". Et elle avait fait passer ses larmes sur le compte d'une prétendue joie...

Elle se servit un verre d'eau. Rempli à ras bord.
Elle entendait les nouvelles s'échanger, juste à côté. Quelqu'un avait mis un de ses disques, un air à danser. Dans un instant, elle les rejoindrait. Elle avait juste un truc à évacuer, entre l'évier contre lequel elle s'appuyait et le verre d'eau qu'elle tenait dans sa main.
Un truc sur une vie vide et pleine le même jour, sur l'oubli et la commémoration, sur soi et sur l'autre, sur le vertige et les garde-fous.

Elle noya ses yeux dans son grand verre et avala d'un trait la rasade de ses sanglots.
Elle sortit de sa cuisine en laissant la porte ouverte. La musique allait l'entraîner, elle allait discuter et danser, et demain sa trentaine inutile serait oubliée.

Et enfin, elle rejoignit ceux qu'elle n'avait pas invité.



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Mardi 2 octobre 2007
Il vivait une existence tranquille. Dans la douceur d'un quotidien rassurant, entouré de ceux qu'il reconnaissait depuis toujours, lui semblait-il, et sans jamais rencontrer d'obstacle à la satisfaction de ses besoins.
Dans son environnement calme et prévisible, il était juste bien. Oh, certes, l'ennui arrivait parfois à percer ses jours. On ne peut pas toujours s'étonner de tout et il n'était pas sûr de vouloir tout changer pour un peu d'inconnu. C'est inquiétant finalement, l'inconnu. Comment maîtriser ce dont on ne sait rien ? L'attente, elle, est plus facilement maniable. On l'habille de ses rêves, on y écoute le temps qui s'écoule, on s'y berce.

Pourtant, depuis plusieurs jours déjà, trois jours et autant de nuits pour être précis, il sentait que quelque chose se préparait. Les bruits semblaient plus vifs. Une pulsation, dans ce qu'il avait de plus profond, allait crescendo. Inaudible de ses oreilles pourtant si sensibles. Invisible dans son quotidien tranquille.
Ainsi, il ne dormait plus que par bribes. Il avait attendu tout ce temps un inconnu qui arrivait. Dans une joie impatiente dont il ne pensait même pas à s'étonner, son éternité allait rencontrer un premier toujours.

Il y eut des changements de rythme, des mouvements, des hurlements.
Une épreuve, un parcours
Et la fin de tous ses temps.

C'est ainsi que le miracle eut lieu et que le plus fragile franchit les portes les plus robustes, celles qui séparent l'enveloppe d'une femme des entrailles de la mère.
C'est ainsi que l'enfant naquit.

La lumière tamisée était encore assez forte pour ses yeux vierges du jour. Sur sa peau, la chaleur et la douceur. Dans sa bouche, dès qu'il l'appelait, le nectar de son cocon sacré. Il entendait des sons, aussi. Il se souvint de ce lien qui furent deux puis une multitude : il avait déjà rencontré ces voix amies. Il devinait aussi l'inédit, les promesses de couleurs, la folie du rire, la musique des mots...

C'était beau. Puissament beau. Des années plus tard il pourrait dire "trop beau", mais "trop" est un mot inconnu, dans l'éternité.
Toutefois, une éternité ayant déjà abouti, il évaluait ses risques. Histoire de ne pas en manquer une miette, il décida donc d'arrêter de dormir... ;)



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