Et bien oui, puisque ce qui est derrière n'est plus devant... je vais m'occuper de mon temps et de mes convictions pour trouver une activité qui nous permettra, en outre, de manger à notre faim.
Après donc une parenthèse (3 ans !) dans ma vie professionnelle, période riche s'il en fût, me voilà de nouveau en recherche d'emploi. J'écris de nouveau mais il faut savoir que je n'ai jamais eu réellement à en chercher. Non, je ne suis pas une veinarde patentée ni même pistonnée : laissez-moi vous expliquer.
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A 18 ans, après quelques mois de perdition en faculté, et n'ayant toujours que le bac en poche, je m'intéressai à une activité mieux rémunérée que celle d'animatrice en écoles et centres aérés. Les annonces parlaient toutes d'expérience professionnelle et de diplômes. Je me sentais comme un chien dans un jeu de quilles. Je traînai quelques temps sans envoyer un CV (qu'y mettre ?) ni entamer aucune démarche. De toute façon j'étais une "incapable", postulat que 12 ans de rabâchage avaient su me faire accepter comme l'évidence même.
J'ai voulu partir comme jeune fille au pair, très loin, le plus loin possible de Toulouse. Un petit ami sut me convaincre de rester pour m'installer avec lui. Il attendait une mutation... qui nous amena en région parisienne - plus exactement, dans le sud de l'Oise au tout début.
Là-bas, personne ne pouvait savoir à quel point j'étais minable, une pauvre cruche incapable de quoi que ce soit de bon. Pourtant, j'avais beaucoup de réticences à me lancer. Lui m'en parlait tout le temps, pourquoi je n'irais pas sillonner les agences d'intérim, c'est facile quoi.
Un matin, il me tend un numéro de téléphone : "C'est l'annonce pour participer à l'émission *jesaisplus* en tant que public." J'ai appelé, je me suis inscrite, et même j'y suis allée. C'était un nouveau jeu pour la 5ème (ça remonte ;) ) et je me trouvai placée près d'un jeune homme avec qui je discutai un peu. Il travaillait comme agent de sécurité pour une entreprise qui engageait aussi des hôtesses d'accueil. Il me mit en relation avec son patron.
Voilà pour mon premier job. Je dis bien job : attendre patiemment derrière un bureau monstrueux, le sourire scotché aux lèvres, qu'un client entre et vous salue, sans avoir le droit de lire ou rigoler avec l'agent de sécurité posté là juste à côté pendant 8h, être mal payé et toujours en retard (mais toi non, hein, si tu es en retard, tout le système de rotation de l'équipe de sécurité en pâtit)... bref, ça c'est un job, pas un métier. Même si j'étais bien contente d'y faire mes armes et mon CV. Malgré les 110 km qu'il fallait que je parcoure matin et soir, en car-RER-métro et retour.
Un an après, les grèves de 1995 me surprirent. Mon cher et tendre tout juste épousé venait de partir en pays hostile pour 4 mois. J'étais seule, dans un nouveau quartier, et je ne pouvais plus aller travailler... alors j'ai enchaîné quelques missions d'intérim, on m'a donné les plus pourries jusqu'à ce que par erreur, un 24 décembre, je remplace une standardiste dans une entreprise en pleine croissance. La standardiste allait être promue. Le poste deviendrait vacant. C'était une mission de pré-embauche mais la responsable du personnel ne l'avait pas dit à la recruteuse de l'agence d'intérim. Qui en verdit je crois :)
C'est dans cette entreprise que je suis restée 9 ans, où j'ai travaillé comme une forcenée, et qui m'a rendu ce que j'y ai investi (tant sur le plan humain que professionnel).
Quand je l'ai quittée, elle n'avait plus rien de ce qui me l'avait attachée. A part une personne - qui se reconnaîtra :). Et mon travail ne me plaisait pas - il a fallu que je l'admette, même si pour obtenir ce poste j'avais trimé 2 ans en cours du soir. Quant aux amis que je m'y étais fait, nos relations se délitaient.
Claudia est arrivée à point nommé et même si je n'avais pas prévu du tout de prendre un congé parental, il me fut impossible de retourner là-bas alors que cette toute petite avait tant besoin de moi... Impossible.
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Et si on parlait d'avenir ?
Cette bonne blague... Il y aurait erreur sur la marchandise ? Ce billet ne parle que de passé !
C'est que pour savoir où l'on va, pour y aller les yeux ouverts, il faut bien savoir aussi d'où l'on vient... Surtout aujourd'hui où je me demande pourquoi ici j'ai la conviction profonde de ne pouvoir intéresser aucun employeur, pourquoi ici je me sens incapable... Pourquoi je me bloque moi-même.
Je n'ai jamais cherché de travail, et ça me pétrifie. Pourtant il va bien falloir - outre les impératifs financiers auxquels nous sommes soumis comme-tout-le-monde, il y a ce mouvement initié il y a un an qui me tire en avant, ce territoire pour lequel je peux, je le sens, et tout ce qui a fleuri de cette période de 3 ans et que je n'ai pas le droit de laisser s'étioler juste parce que ça me fiche le blues de me regarder en face...
(Elles sont bien finies mes vacances automnales...)


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