Mercredi 8 novembre 2006

Et bien oui, puisque ce qui est derrière n'est plus devant... je vais m'occuper de mon temps et de mes convictions pour trouver une activité qui nous permettra, en outre, de manger à notre faim.

Après donc une parenthèse (3 ans !) dans ma vie professionnelle, période riche s'il en fût, me voilà de nouveau en recherche d'emploi. J'écris de nouveau mais il faut savoir que je n'ai jamais eu réellement à en chercher. Non, je ne suis pas une veinarde patentée ni même pistonnée : laissez-moi vous expliquer.

 

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A 18 ans, après quelques mois de perdition en faculté, et n'ayant toujours que le bac en poche, je m'intéressai à une activité mieux rémunérée que celle d'animatrice en écoles et centres aérés. Les annonces parlaient toutes d'expérience professionnelle et de diplômes. Je me sentais comme un chien dans un jeu de quilles. Je traînai quelques temps sans envoyer un CV (qu'y mettre ?) ni entamer aucune démarche. De toute façon j'étais une "incapable", postulat que 12 ans de rabâchage avaient su me faire accepter comme l'évidence même.

J'ai voulu partir comme jeune fille au pair, très loin, le plus loin possible de Toulouse. Un petit ami sut me convaincre de rester pour m'installer avec lui. Il attendait une mutation... qui nous amena en région parisienne - plus exactement, dans le sud de l'Oise au tout début.

Là-bas, personne ne pouvait savoir à quel point j'étais minable, une pauvre cruche incapable de quoi que ce soit de bon. Pourtant, j'avais beaucoup de réticences à me lancer. Lui m'en parlait tout le temps, pourquoi je n'irais pas sillonner les agences d'intérim, c'est facile quoi.

Un matin, il me tend un numéro de téléphone : "C'est l'annonce pour participer à l'émission *jesaisplus* en tant que public." J'ai appelé, je me suis inscrite, et même j'y suis allée. C'était un nouveau jeu pour la 5ème (ça remonte ;) ) et je me trouvai placée près d'un jeune homme avec qui je discutai un peu. Il travaillait comme agent de sécurité pour une entreprise qui engageait aussi des hôtesses d'accueil. Il me mit en relation avec son patron.

Voilà pour mon premier job. Je dis bien job : attendre patiemment derrière un bureau monstrueux, le sourire scotché aux lèvres, qu'un client entre et vous salue, sans avoir le droit de lire ou rigoler avec l'agent de sécurité posté là juste à côté pendant 8h, être mal payé et toujours en retard (mais toi non, hein, si tu es en retard, tout le système de rotation de l'équipe de sécurité en pâtit)... bref, ça c'est un job, pas un métier. Même si j'étais bien contente d'y faire mes armes et mon CV. Malgré les 110 km qu'il fallait que je parcoure matin et soir, en car-RER-métro et retour.

Un an après, les grèves de 1995 me surprirent. Mon cher et tendre tout juste épousé venait de partir en pays hostile pour 4 mois. J'étais seule, dans un nouveau quartier, et je ne pouvais plus aller travailler... alors j'ai enchaîné quelques missions d'intérim, on m'a donné les plus pourries jusqu'à ce que par erreur, un 24 décembre, je remplace une standardiste dans une entreprise en pleine croissance. La standardiste allait être promue. Le poste deviendrait vacant. C'était une mission de pré-embauche mais la responsable du personnel ne l'avait pas dit à la recruteuse de l'agence d'intérim. Qui en verdit je crois :)

C'est dans cette entreprise que je suis restée 9 ans, où j'ai travaillé comme une forcenée, et qui m'a rendu ce que j'y ai investi (tant sur le plan humain que professionnel).

Quand je l'ai quittée, elle n'avait plus rien de ce qui me l'avait attachée. A part une personne - qui se reconnaîtra :). Et mon travail ne me plaisait pas - il a fallu que je l'admette, même si pour obtenir ce poste j'avais trimé 2 ans en cours du soir. Quant aux amis que je m'y étais fait, nos relations se délitaient.

Claudia est arrivée à point nommé et même si je n'avais pas prévu du tout de prendre un congé parental, il me fut impossible de retourner là-bas alors que cette toute petite avait tant besoin de moi... Impossible.

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Et si on parlait d'avenir ?

Cette bonne blague... Il y aurait erreur sur la marchandise ? Ce billet ne parle que de passé !

C'est que pour savoir où l'on va, pour y aller les yeux ouverts, il faut bien savoir aussi d'où l'on vient... Surtout aujourd'hui où je me demande pourquoi ici j'ai la conviction profonde de ne pouvoir intéresser aucun employeur, pourquoi ici je me sens incapable... Pourquoi je me bloque moi-même.

Je n'ai jamais cherché de travail, et ça me pétrifie. Pourtant il va bien falloir - outre les impératifs financiers auxquels nous sommes soumis comme-tout-le-monde, il y a ce mouvement initié il y a un an qui me tire en avant, ce territoire pour lequel je peux, je le sens, et tout ce qui a fleuri de cette période de 3 ans et que je n'ai pas le droit de laisser s'étioler juste parce que ça me fiche le blues de me regarder en face...

(Elles sont bien finies mes vacances automnales...)

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Lundi 30 octobre 2006

J'étais enceinte. Discussion avec un membre de ma famille. J'annonce que je ne mentirai pas à mon enfant, fut-ce pour sacrifier à la sacro-sainte tradition de Noël.

"Oh là là, mais tu ne te rends pas compte du cadeau que c'est, transmettre la magie de Noël, et les yeux de ton enfant qui s'illuminent de bonheur, non, franchement, tu ne pourras pas priver ton enfant de tout ça..."

C'en est resté là... je verrais sûrement lorsque mon tour sera venu, c'est bien connu, les théories on les a avant d'avoir les enfants...

Nous y sommes. Et je ne mens toujours pas à ma fille, Noël est une tradition qui peut être aussi belle qu'elle peut être vile, je lui explique le mythe géant, si prégnant que tout le monde se prête au jeu et y croit, pendant quelques semaines.

Une partie des cadeaux sera faite de nos mains. Dont les siennes. Je ne lui cacherai que ce qu'on lui achètera, pour que la surprise soit au rendez-vous (comme pour ses cadeaux d'anniversaire). Le bonheur n'est-il pas aussi dans la confection de présents pour ceux que l'on aime ? Dans l'anticipation des retrouvailles ? N'est-ce pas leur ôter une part de la fête que de les priver de joyeux préparatifs ?
Et le merveilleux n'est-il pas justement dans le fait qu'on s'oublie un peu pour penser mieux aux autres ? La surprise de recevoir n'est-elle pas mise en relief par l'esprit de don désintéressé qui accompagne (ou qui peut accompagner) la période de Noël ? Il me paraît logique que les enfants soient au centre de l'attention... après tout, ils détiennent entre leurs petites mains, la magie de notre quotidien. Mais pourquoi les priver du don, pour ne leur réserver que la réception ? Ils sont fait comme nous, apprécient tout autant de donner, de passer du temps, de concevoir une surprise pour l'autre...

Vincent et moi avons des points de vue différents sur la période de Noël et ce que l'on doit dire aux enfants. C'est ainsi... Je viens de lui expliquer ce que j'ai récemment dit à la demoiselle qui me questionnait. Sa version sera certainement le reflet de ce que cette tradition évoque en lui. C'est ainsi... et j'ai envie de dire que c'est tant mieux :) Après tout il n'y a pas de réponse juste aux questions de croyance. Le thème, dans la diversité qu'il soulèvera, sera certainement le point de départ d'échanges très riches.

On n'a pas fini d'en apprendre sur le père Noël, je vous le dis ;)

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Samedi 28 octobre 2006

"Cette maison n'a d'intérêt que lorsqu'elle est peuplée."

C'est vrai qu'elle est si grande, et toute cette verdure autour... c'est bien simple, l'autre fois (les 30 ans du petit frère) nous étions près de 50, et à l'aise, petits comme grands...

C'est sûr, ce sera mieux lorsque Maman guérira. Si elle guérit. Mais les nouvelles sont bonnes, alors le moral suit :) On peuple et on rit. Ce soir revient l'Homme des bois, avec notre nièce de 7 ans : les vacances seront riantes aussi !

(peut-être des photos, au retour)

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Lundi 23 octobre 2006

Je suis arrivée en retard au cours de solfège. Les plus débutants avaient déjà un mois de pratique, certains pratiquent solfège et instrument (l'un, l'autre, voire les deux) depuis déjà quelques années.

Bref, je suis la novice des bleus.
Question d'habitude.

La prof, une femme adorable et débordante d'énergie, m'a donné du travail de rattrapage à la maison : un livre pour apprendre, note par note, clé par clé, la langue magique de la musique.

On y va gaiement en mixant clé de sol et clé de fa, pendant plusieurs pages. Fiou. Ensuite on approfondit la clé de sol. Puis celle de fa. (On oublie les clés d'ut, hein, super, merci madame.)

Puis on les mélange de nouveau, mais avec des subtilités rythmiques pas piquées des vers.

J'ai compté. 27 pages à décrypter, répéter, pour finalement les lire - enfin les entendre et les chanter.

27, comme l'alphabet. Somme toute, c'est une langue qu'on apprend. C'est d'ailleurs ce que je me suis dit lorsque la prof a interprété au piano un morceau de Mozart, juste comme ça, parce qu'elle nous passait un CD et qu'elle avait la partition sous les yeux :

"Ca doit être sa langue maternelle..."

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Samedi 14 octobre 2006

Problématiques de départ :

  • 1- notre famille est en partie déchirée par une brouille ;

2- nous aurons peu d'argent à consacrer aux cadeaux ;

  • 3- par contre nous avons un peu de temps pour les commencer maintenant ;

4- nous voudrions éviter les repas gargantuesques, épreuve rituelle douloureuse, non-sens éco-nomique et -logique, et tue-le-goût à force ;

  • 5- et aussi éviter les pauvres jouets en plastoque, si moches et inutiles qu'ils me feraient pleurer, et que je pourrai taxer des mêmes qualificatifs que la grande bouffe annuelle ;

6- enfin utiliser du matériel de récupération pour emballer tout ça joliment.

~

Point 4 : on pense sérieusement à inviter tout le monde à la maison. Enfin, à l'appart. Dans notre petit appart. On se débrouillera bien, va (dans une autre vie, j'ai fait des fêtes à 30 personnes dans 20 m². Même pas peur.)

*

Point 2 et 5 : je pense qu'on achètera seulement des cadeaux pour les enfants. Pour les grands, nous offrirons des choses à déguster qu'on a déjà commencé à acheter, et qu'on veut transformer... Du coup, le budget "cadeaux" sera plus conséquent et nous permettra la qualité, les matériaux naturels, voire biologiques.

*

Point 1 : en invitant beaucoup de monde, ceux qui n'ont pas envie de se rencontrer trouveront facilement d'autres personnes de qui se rapprocher. Je sais que l'ambiance sera conviviale et festive (malgré les ressentiments, j'ai la chance d'être entourée de bons vivants), peut-être qu'à la faveur d'un bon repas et d'échanges souriants, la joie simple gagnera un peu les coeurs pincés. Et même si les personnes brouillées ne tombent pas dans les bras les uns des autres, peut-être qu'un souvenir agréable d'un moment passé ensemble dans la même pièce, saura ouvir les esprits à un possible avenir relationnel...

*

Point 6 : j'ai fait quelques essais avec mes livres. Je ne suis pas entièrement convaincue.

(et si vous me donniez votre avis ? Voici une photo)

(papier journal de récup - journaux gratuits dans les supermarchés asiatiques ou périmés dans les boutiques de même vocation, et souvenirs d'un vol au long cours. Petits carrés de papier et dorure achetés quelques sous à Belleville, pour cacher les illustrations moches et accueillir le nom du destinataire)

*

Point 3 : au boulot Caco, qu'est-ce que tu fiches ? ;)

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Vendredi 13 octobre 2006

 

J'ai découvert dans mes cartons des livres que j'ai aimé. Parce qu'ils m'ont fait voyager, parce qu'ils ont été des compagnons de voyage, parce qu'ils sont de beaux objets. Parfois tout ça à la fois. Pourtant, je ne les relirai pas. Pourtant je rechigne à les offrir : on n'offre que du neuf pas vrai ? pas vrai... non, pas vrai ! Lorsque j'étais Parisienne, tous les ans je commençais mes achats de Noël à la braderie de Lille...

Je n'ai jamais offert un livre d'occasion mais j'en ai reçu un en cadeau, un jour. Le Seigneur des Anneaux, les trois tomes réunis dans un livre. "C'est la seule maison d'édition qui l'ait fait d'un seul tenant, et il n'a pas été réédité, alors je l'ai acheté d'occasion", m'a-t-il précisé, comme pour s'excuser ("S'excuser pour un cadeau que l'on offre, en voilà une drôle d'idée !", me suis-je dit).

Et pour dire vrai, j'ai aimé savoir (ou plutôt constater, à chaque fois que je l'ouvrais) que ce livre ait déjà été parcouru par d'autres mains, aimé d'un autre lecteur... et lu jusqu'au bout ;) (un peu impressionnant, le pavé...)

D'un autre côté, je trouve qu'il est très difficile d'offrir un livre - combien de fois ai-je longuement erré sans inspiration dans les allées des librairies ? Alors que lorsque je tiens un livre déjà lu dans les mains, me rappelant de la texture de sa couverture, de la forme de ses caractères... il arrive souvent que, spontanément, je pense à une personne. Ca, c'est de l'inspiration ! Et ça me plaira de vérifier sa justesse...

Mes réticences sont vaincues, je vais offrir mes ex-livres à mon entourage, et je commence mardi à gâter la petite soeur !

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Jeudi 12 octobre 2006
  1. Plus de temps pour regarder autour de soi
  2. Envie de ranger son petit nid
  3. Plus de temps pour ranger son petit nid
  4. Plus de temps pour lire ou étudier

Et c'est aussi

  1. Plus se partager l'ordinateur
  2. Donc moins de temps pour moi devant l'ordinateur (vu que ce n'était pas moi, devant la télé ;) )

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Sinon j'ai fouiné dans mes cartons de livres et retrouvé des merveilles !

    1. Le livre avec lequel j'ai appris les rudiments de la cuisine (Les fiches-cuisine de Elle, La cuisine mijotée ; il y a encore les marque-pages... et des recettes écrites à la main, avec mon écriture d'il y a 12 ans - qui n'a pas changé d'ailleurs)

    Un autre livre de recettes, à réaliser avec les enfants (La cuisine des enfants, des soeurs Schwartzbrod)

    1. Le guide Gallimard "Istanbul" (il y a 4 ans je m'étais dit "Chouette, avec l'approche thématique de ce guide, j'aurai plaisir à replonger dedans, longtemps après notre retour !"... et bien on y est !)

    Deux autres livres de recettes de... magie blanche ! délicatesse, poésie et frissons !

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Sympa le programme, non ?

 

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