Samedi 5 janvier 2008
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Nous avons attendu le crépuscule avant de nous mettre en route. Deux d'entre nous ne pouvaient suivre, elles sont restées ensemble, la plus jeune et la plus âgée. Les deux extrémités de la chaîne familiale allaient se tenir au chaud loin de nous, ce soir.

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Nous espérions la lune mais elle ne blanchissait qu'une lointaine nuée. Les deux accompagnateurs ainsi qu'un vaillant montagnard du cru familial se munirent de frontales. Ils ne les utiliseront qu'en cas de nécessité, nous prévinrent-ils.
Nous attachâmes nos raquettes avant de plonger dans la nuit.
Abandonnant les frêles lueurs humaines, le seul spectacle entier devint peu à peu la voûte céleste qui se dégageait des denières traînées nuageuses. Leur scintillement annonçait un lendemain ensoleillé. L'on s'arrêta quelques instants pour admirer certaines constellations , et l'immense Voie Lactée.

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Nous longeâmes le bord d'une piste avant d'arriver dans la forêt de résineux. On distinguait leurs ombres démesurées et le blanc de la neige, sous nos pieds. La sensation de froid se dissipait. Nous descendions en parlant un peu, riant de Laure et Titilou qui s'emmêlaient toujours un pinceau dans l'autre, et avaient le chic pour dénicher le moindre trou de rivière. Certain valeureux aventurier racontait ses nuits en montagne. Les abris naturels qu'il trouvait, les nuits entrecoupées qu'il y passait.

Ils ont allumé leurs lampes pour que l'on puisse voir les forêts de cristaux qui s'étalaient à nos pieds.

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Au pied d'une belle rouge, près de la lueur de la même teinte, l'ascension a commencé. Les voix se sont tues, les oreilles se sont tendues, la vigilance de chacun s'est accrue. Le chemin était serré et incertain. L'effort physique inhabituel pour beaucoup. Après un dernier éclat de frontale, les rangs se sont serrés.

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Le chemin sinuait entre les sapins. La pente était douce mais constante. La rivière toute proche approchait de ses minuscules méandres. S'y mêlaient parfois des racines, offrant un pont léger à nos pas hésitants. A mots comptés, l'on murmurait les pièges à éviter à celui qui suivait.

Après deux bifurcations rapprochées, les grands arbres se sont rangés et l'on s'est trouvés au milieu d'un grand passage au bout duquel l'on distinguait la lumière du refuge. Et les jappements empressés de la maîtresse de céans, Cannelle, un énorme dogue brun.

Nous entrions avec joie dans le cercle de lumière, et pourtant, en ôtant les raquettes, un vertige m'envahissait. Je cherchais dans les yeux vagues des autres humains du troupeau, et il me semblait lire le même dans leurs évitements.
Les lambeaux de nuit s'accrochaient à nous, tentant vainement de reflouer les sensations habituelles que la vue nous procuraient. Finalement, nous n'étions pas si heureux que cela de retrouver la chaleur d'un abri et la douceur tamisée de sa lumière. Nous étions au chaud aussi, dans cet univers tissé de nuit et de neige. Nous y voyions de toute notre ouïe, de toutes les vibrations de nos pas. Jusque tout au fond de nous.
Nous sommes restés un peu sur la terrasse gelée, remerciant nos guides en goûtant une liqueur de genépi. Les vapeurs de la nuit se sont dissipées. Nous avons cédé aux feux langoureux de la cheminée.

Après un repas copieux, nous sommes repartis. Cette fois, dame Lune s'était dévoilée et éclairait la scène de ses rayons argentés. On voyait presque aussi bien qu'en plein jour, et nous étions trop occupés à faire les idiots dans la poudreuse sous cette rare luminosité, pour prendre une ultime photo de ce désert de neige, de ses dunes étincelantes et de ses oasis de piquants.

C'était ma première randonnée en raquettes. On a recommencé, après :)



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Mercredi 2 janvier 2008
Comme certain(e)s l'ont deviné, j'ai un nouvel appareil photooooo (du calme, Caco !) et pour bien commencer l'année, zou, je vous emmène sur notre lieu de vacances.
Et c'est parti !
 

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Mardi 27 novembre 2007
Le dernier coucher de soleil pris par feu mon appareil photo. C'était sur la plage de l'Espiguette, il faisait un froid de canard et nous rejoignions le campement après une journée de sable et de vent. Je suis retournée sur la plage en courant pour attraper ce cliché, même pas sûre de ne pas avoir tremblé du bout de mes doigts froids comme des congères.
Et puis finalement non, on voit même les ailes des derniers charistes...


lespiguette.jpg

cliquez sur la photo pour la voir en plus grand...


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Lundi 26 novembre 2007
Je suis partie le sourire scotché au visage, comme une gamine qui va fêter l'anniversaire de sa copine. Privée d'appareil photo, j'ai noté d'une écriture tremblotante tout ce qui accrochait mon regard enthousiaste. Les maisons blotties contre la montagne, et leurs cheminées frissonnantes. Les épicéas immenses qui nous regardaient passer du haut de leur cîme givrée. Les chemins de forêt qui déroulaient les tapis rouges. Le brouillard en nappes sur les pentes, adoucissant les ombres majestueuses des résineux. Puis la frontière d'éoliennes, où la brume et le givre végétal poussaient leurs derniers retranchements, et où l'on discernait le tout premier coin de ciel bleu. Peu après, la route aux courbes calmes, entre les platanes noueux, et sous le soleil triomphant. Pendant que les derniers nuages s'effilochaient, nous avons croisé quelques curiosités locales - un arbre à bouteilles d'eau et des pelotons de cyclistes par dizaines (à peu près !). Puis les prémices tôlés de la ville se sont imposés. A gauche, les escaliers d'écluses du Canal du Midi, jusqu'à la silhouette grise et fine de la Cité. La ville passée, nous nous sommes amusés à errer dans les méandres des vignes rousses. Puis nous avons rejoint le Canal, traversant ses villages typés. Peut-être étions déjà dans leurs paysages familiers ?... Le temps de l'imaginer, nous étions arrivés...
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Mercredi 21 novembre 2007
 

La lumière orangée des fins de journée serait revenue. Les feuilles seraient encore presque toutes solidement arrimées, se faisant juste un peu plus translucides. La terre sous les pelouses prendrait ses coquetteries parfumées. On pourrait s'y allonger. Sentir au-dessous la fraîcheur bienfaisante et se laisser envahir par la sérénité suspendue, entre jaune et ocre.
En rouvrant les yeux, on admirerait l'horizon crépusculaire.
Retenir son souffle jusqu'à la chute, puis revenir à soi.
Se sentir frissonner un peu. Guetter les gouttes de rosée qui volent autour des lèvres.
Et résonner de cette musique à la fois proche et lointaine, intime et étrangère.
Seulement alors, on se réfugierait au coin de l'âtre.
Je veux qu'on me rende l'octobre que je n'ai pas eu...
songedautomne.jpg

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Jeudi 15 novembre 2007
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Mardi 13 novembre 2007
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