Jeudi 30 novembre 2006

Petit à petit, insidieusement, des contenants de plastique avaient pénétré notre poubelle (qu'on voudrait bio, donc la plus vide possible !). Essentiellement des sachets de sur-emballage de biscuits et des pots de compote. J'ai bien essayé de recycler ces derniers, pour que Mamzelle les colorie, colle, empille... mais au bout de 24h maximum ils étaient déjà charpie. Déchets par vocation - triste sort pour un dérivé pétrochimique qui sera bientôt en voie de disparition...
Or on a décrété que le jetable ne passerait plus la porte. Même déguisé.

Résolution fut donc prise, puis appliquée : depuis 2 semaines, les compotes sont faites maison par moi-même. Plus les gâteaux du goûter et petit-déj. Et aujourd'hui je m'attaque aux biscuits (Vincent ne sait pas vivre sans, semble-t-il). Enfin, nous finissons nos dernières bouteilles d'eau. Et oui, même la poubelle à recyclage est au régime*.

Résultat intermédiaire :

des compotes de pomme au miel, à la banante, à la vanille, au gingembre... à presque tout ce qu'on veut,
un porte-monnaie soulagé,
la satisfaction de manger sainement,
des soirées un peu plus remplies pour moi

Une autre remarque : on mange moins des choses qu'on fait soi-même. D'abord mes compotes ne sont pas saturées de sucre (qui fait peser le produit plus lourd et incite à en manger plus) et les goûts sont intacts. C'est comme le "vrai" chocolat, le noir, et surtout le bio : il est plus rare de manger une plaquette entière d'un coup. Alors que le chocolat au lait, avec plein d'additifs, c'est sans problème...

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*(c) Mema ;)

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Mercredi 22 novembre 2006

Il y a ces jours lumineux. Le froid stimule, un rayon de soleil égaye, les actes sont suivis d'effets, les bonnes nouvelles tombent.

Il y a aussi ces jours gris et humides. Pluie fine qui vous gèle les os, il fait presque-nuit jusqu'à nouvel ordre, les interlocuteurs sont en déplacement, et on se dit que cette montagne-là est trop lourde pour aujourd'hui.

Ils se suivent et ne se ressemblent pas. Magie des rythmes qui se complètent : les jours de non-faire me reposent de la frénésie des autres. Et dans ce temps vidé malgré moi, je puise la profondeur de ma démarche, j'enracine ma volonté... et je blogue un peu ;)

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Mardi 21 novembre 2006

Sur le seuil, saisie d'une trouble hésitation - qu'y a-t-il derrière ces portes ? Certainement, une surprise. Cette fois, je me demande à quelle sauce elle me sera servie...

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Samedi 18 novembre 2006

Ca me prend 8h par jour. Mamzelle passe ses après-midi à la halte-garderie. Elle adore s'y rendre, y est reçue avec beaucoup d'enthousiasme, et tout le monde en redemande. Surtout elle. D'ailleurs elle demande au moins 15 fois par jour d'aller à l'éto'.

C'est ainsi qu'un marché fut passé : elle me laisse un peu travailler le matin aussi, ou bien m'accompagne de bonne grâce dans mes périgrinations assédicoises et ahènepéheuses, parce que si je trouve un travail, elle ira à l'éto'.

Du coup, hier soir elle s'est présentée à nous avec des feuilles pliées dans la main :

C'est mon cévé pou' aller à l'éto'.

(C'est pas triste !)

Donc en substance, on se lève à l'heure de Mamzelle, j'arrive à négocier quelques minutes de recherches le matin, puis de 14h à 18h elle est à la halte, et je travaille, puis je travaille encore le soir jusqu'à pas d'heure.
C'est motivant parce que les gens au téléphone sont intéressés par mon profil et les projets culturels de territoire, même si les postes rémunérés sont rares.
On a quand même trouvé une annonce sur le site de l'ahèneupéheu (ô miracle ! normalement dans mon milieu c'est très bouche-à-oreille et presse spécialisée), pour un emploi correspondant à 100% à mon profil. A une demi-heure de la maison, une structure dont je connais la personne à remplacer...

Mais ne nous enflammons pas : les offres sont rares, les demandes nombreuses, et c'est aussi une affaire de personnes. Cela dit, un petit entretien me ferait du bien...

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Mardi 14 novembre 2006

Tadaaaaaam...

Voilà ce qui m'a occupée ces deux derniers jours. Il faut dire que j'ai dû tout faire : les photos, le traitement, l'achat du papier (un gros grammage en couleur), la refonte du CV, apprivoiser InDesign... la prochaine maquette ira plus vite.

Ca se présente tout d'abord ainsi, avec mes travaux de l'année dernière : un encart pour les recherches universitaires, un autre pour les projets "en dur" (le stage et le projet tuteuré).

Et puis... juste derrière : le CV proprement dit.

Et voilà le travail...

Yapluka... Faire la lettre de motivation

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Mardi 14 novembre 2006

Amis lecteurs, merci de vos encouragements qui portent leurs fruits. J'ai commencé la prospection téléphonique, et ce n'est pas du tout comme il y a... 14 ans :) On m'a déjà demandé d'envoyer un CV et une plaquette des projets que j'ai mené cette année !

Ainsi j'accède à la demande quotidienne de collectivité de Mamzelle. Etant plutôt pas du matin du tout, ce sont les après-midi qui y sont dévouées. Comme elle dort deux bonnes heures, le temps ne devrait pas lui paraître long...

Je retourne à mes bidouilles InDesign (ce qui ne me change guère de Photoshop vu que je cumule les deux en insérant des photos bidouillées) et je vous montre le résultat final après...

Encore merci ! :)

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Vendredi 10 novembre 2006

Un jour un ami m'a fait remarquer que j'utilisais souvent cette formule. On en a longuement discuté, il m'a fait prendre conscience du danger qu'il y a de croire que seules les épreuves rendent fort.

Depuis, je m'en méfie à chaque fois que je la croise (assez souvent). Et je m'interroge : dit-on cela comme pour trouver une justification, une sorte d'emploi à ce qui peut nous arriver d'injuste, d'abherrant, voire abominable ? Ou cela tient-il d'un préjugé hérité des valeurs judéo-chrétiennes ? Pourquoi répète-t-on à l'envie que tel traumatisme nous a rendu plus fort, pourquoi n'entend-on jamais "l'amour de mes proches me rend plus fort" ou "j'ai la capacité de rire de tout, ça m'arme contre les difficultés quotidiennes" ou encore "j'aurai toujours la possibilité d'un moment de bonheur en prenant une photographie, je me sens forte de ça", etc...

En tous cas je n'entends jamais rien de tel. Il semblerait que seules les épreuves soient assorties a priori d'une faculté de devenir plus fort. Plus fort, d'ailleurs, ça ne veut pas dire grand-chose. D'abord en tant qu'être humain, on est forcément fragile devant les "forces" qui nous entourent (le feu, la mer, la montagne, le vent...). Alors admettons que l'on circonscrive l'espace à son enveloppe charnelle. On va même oublier la maladie pour s'intéresser juste à notre équilibre psychologique. Que se passe-t-il là-dedans lorsqu'un évènement douloureux nous frappe ? D'abord les réflexes de survie et de fuite se mettent en branle. On n'y peut rien, le coeur s'accélère, le sang déserte le visage pour se concentrer dans les jambes, on se tend tout entier vers l'évènement pour y répondre. Ensuite (parfois longtemps après), l'état de choc, l'hébétude plus ou moins intense. Puis la phase de digestion, celle ou l'on "réalise" ce qu'il s'est passé. La colère, la haine, le sentiment d'injustice... de quelques instants à plusieurs années, en fonction de la profondeur de la blessure, le processus semble identique. Celui de l'acceptation, de l'intégration. Et puis on revoit la lumière. Elle nous dit qu'on est encore vivant.

J'ai l'impression que la seule chose qui change, entre avant et après une épreuve, c'est ce point qui finalise la durée de l'épreuve en signant un renouveau vital : avant, on pensait ne jamais pouvoir accepter telle chose ou même y survivre, après on sait qu'on est toujours vivant, palpitant, sensible...

Mais en quoi est-on plus fort ? En quoi le traumatisme suivant (petit ou grand) sera-t-il plus facile à surmonter ? Et si ces "épreuves", les grandes, celles qui changent le cours de nos vies, si elles étaient juste les seules qui ne se laissent pas balayer par l'achat d'une nouvelle paire de chaussures, les seules qui aient le pouvoir de nous enfermer dans le noir en face de nous-mêmes, sans répit, jour et nuit ? Et si elles nous offraient juste le moyen d'aller tout au fond de notre humanité pour y chercher l'étincelle qui fait notre feu ? La force qu'on a tous, depuis des milliards d'années, depuis les débuts de la vie sur Terre, ses improbables et ses fragilités ? Et si, dans les travaux de fouille et le chemin vers la surface, on apprenait à mieux se connaître ?

Finalement, être plus fort, cela pourrait-il être juste "plus soi-même" ?

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