Mardi 1 avril 2008
Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche,
aux alentours de minuit. C'est une drôle d'heure, ou un drôle de jour, à moins que ce soit le fait de replonger à cette heure-là ce jour de la semaine ? Toujours est-il que la conjonction de la
date, de l'heure et de l'évènement me conduisent invariablement à cette sensation amère de non-sens. J'aurais pu choisir un autre moment. Après ces cinq ans, comment ai-je pu encore ressentir le
manque et ses affres, à ne pouvoir différer ce geste tant de fois répété, qu'il est resté machinal, comme ancré dans mon corps ?
Nous sortions d'une répétition, et je terminais un week-end assez souriant pour me faire oublier la semaine grisâtre qui l'avait précédé. (Voyez, mardi, par exemple, cela aurait paru plus logique, après cette réunion désastreuse, ces mots malheureux et la porte qui se referme en claquant... mais non, j'ai bien eu une petite pensée coupable, je l'avoue, mais pas l'intention de la mettre à exécution.)
Dimanche soir après la répétition, rien n'aurait pu anticiper mon geste insensé, ce mouvement du poignet vers Alex qui sortait son paquet, son regard surpris, ses yeux navrés qui prolongeaient un "Non..." secoué de la tête... Mon regard en réponse, la moue de ma bouche. Le scénario muet s'est reproduit encore une fois, puis le frottement du briquet m'a offert ma première taffe depuis cinq ans.
Il n'y a pas idée de se remettre à fumer un dimanche soir, sous une lune ronde, alors qu'on sort d'une répétition de théâtre... Mais comme on ne sort jamais réellement des filets d'une ancienne addiction, je crois que je me suis prise au piège de mes tentatives d'évasion, de cette confiance en ma résistance qui s'est tissée après les premières semaines de sevrage, et du quotidien répétitif. J'ai baissé la garde sans m'en apercevoir, et je fumais avec délices une clope râpeuse qui allait me tatouer cette odeur honnie entre toutes pendant plusieurs heures.
Je ne suis pas fière de moi. C'est pourquoi cette fois, j'ai décidé en pleine conscience de la date à laquelle je m'autoriserai à replonger mes doigts dans un paquet et à porter leur butin à mes lèvres.
Ce sera dans cinq ans, un dimanche, et à minuit.
(Amorce 9 par Samantdi du Sablier du printemps.)
Nous sortions d'une répétition, et je terminais un week-end assez souriant pour me faire oublier la semaine grisâtre qui l'avait précédé. (Voyez, mardi, par exemple, cela aurait paru plus logique, après cette réunion désastreuse, ces mots malheureux et la porte qui se referme en claquant... mais non, j'ai bien eu une petite pensée coupable, je l'avoue, mais pas l'intention de la mettre à exécution.)
Dimanche soir après la répétition, rien n'aurait pu anticiper mon geste insensé, ce mouvement du poignet vers Alex qui sortait son paquet, son regard surpris, ses yeux navrés qui prolongeaient un "Non..." secoué de la tête... Mon regard en réponse, la moue de ma bouche. Le scénario muet s'est reproduit encore une fois, puis le frottement du briquet m'a offert ma première taffe depuis cinq ans.
Il n'y a pas idée de se remettre à fumer un dimanche soir, sous une lune ronde, alors qu'on sort d'une répétition de théâtre... Mais comme on ne sort jamais réellement des filets d'une ancienne addiction, je crois que je me suis prise au piège de mes tentatives d'évasion, de cette confiance en ma résistance qui s'est tissée après les premières semaines de sevrage, et du quotidien répétitif. J'ai baissé la garde sans m'en apercevoir, et je fumais avec délices une clope râpeuse qui allait me tatouer cette odeur honnie entre toutes pendant plusieurs heures.
Je ne suis pas fière de moi. C'est pourquoi cette fois, j'ai décidé en pleine conscience de la date à laquelle je m'autoriserai à replonger mes doigts dans un paquet et à porter leur butin à mes lèvres.
Ce sera dans cinq ans, un dimanche, et à minuit.
(Amorce 9 par Samantdi du Sablier du printemps.)



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