Toizans, comme tu dis... toizans de paysages tour à tour lumineux, neigeux, nocturnes et brumeux, de fleurs des champs, cailloux piquants et flocons de neige, de vents violents et de douceurs soudaines.
Tu ressembles au mois de ta naissance, Mamzelle toizans, et personne ne saurait comme toi nous apprendre à cueillir l'instant.
Bon anniversaire ma toute douce...


Dans le village de mon enfance,
Souvenirs doux-amers, retrouvailles, discussions gaies, graines de regrets, airs de musique, promenade avec les enfants qui grandissent...
Et le coucher de soleil, et ce ciel toujours pareil... Dans tout ce qui reste, on va essayer de prendre soin les uns des autres. Puisqu'on a la chance de savoir le faire. Puisque c'est le bonheur qui coule entre nous.
Et puisque certains semblent être sur le point de partir, déjà.
Nous n'avons pas touché terre de vendredi jusqu'à hier soir. C'était bien, c'était doux, c'était beau. Toutes les photos le disent, d'ailleurs.

Cathédrale Sainte-Cécile, Albi
Et puis, vous savez, les giboulées... les beaux navires blancs dans le ciel finissent par se défaire et tomber bêtement par terre. Dans un doux cliquetis, un crachin glacial ou un fracas de foudres et de poudres, ils tombent toujours, à la fin.
Il paraît même que c'est grâce à cela que les arbres poussent.
(Ma plume, en tous cas, la giboulée ne l'hydrate pas. Je vous souhaite une nuit de franches constellations, de vents porteurs et de rêves colorés...)
Vous imaginez certainement que je vais y aller de mon couplet anti-télévision, et que mon titre est gonflé d'ironie. Et bien, pour cette fois, non... J'ai eu hier soir de grands moments d'émotions devant un petit écran. La dernière fois, c'était juste avant la naissance de Mamzelle. Alors je n'allais sûrement pas passer cela sous silence !
J'ai donc atterri par hasard devant mon petit écran. Arte infos proposait une petite enquête sur une entreprise de menuiserie togolaise dont le patron expliquait que les tarifs que la France exigeait d'eux, ne pouvait lui permettre de faire travailler ses employés dans des conditions décentes. Toute l'exploitation Nord-Sud était résumée dans le dilemme de ce chef d'entreprise : plier boutique, se soumettre aux diktats du pays occidental en compromettant la qualité de ses produits, en dévaluant sa main-d'oeuvre, en sous-payant ses salariés, ou bien se battre en dénonçant, en montrant ce qu'il se passe dans son pays...
Après les informations culturelles dont je n'ai rien entendu pour cause de babillages sonores à mes côtés, un doku-soap (feuilleton documentaire) présentait le parcours de deux familles qui venaient d'accueillir des triplés. Doux et réaliste. Enfin un oeil simple sur les touts-petits, la vie de famille, et la vie tout court, d'ailleurs... Très émouvant.
Après un film très sensible de David Lynch, (The Straight story - Une histoire vraie), j'enchaînai sur un documentaire présentant l'aventure d'un vieil homme qui avait toujours rêvé d'un voyage au Maroc. C'est son petit-fils qui lui offrit de partir avec lui, en voiture, en nomades... Beau comme le jour qui se lève, les sourires qui s'ouvrent si grands, les possibles qui se déploient, les moments inoubliables.
J'ai éteint avant la fin, ayant un virus à couver. Ma nuit fut longue et douce. Merci Arte !
Aujourd'hui chez Veuve Tarquine, quelques vers de Lise Mathieu que je vous retranscris :
Les choses qu'on ne dit pas
Se relèvent la nuit
Et parlent toute seules
Faible remuement
De remords
De colères
Et de vieilles casseroles
Dans le secret du temps
Toutes ces choses tues
Se relèvent
Et nous tuent
Lise MATHIEU, Le bonheur ne dort que d'un oeil
~
Ces mots qui tombent à pic... Un vieux démon m'a visitée ce jour. Comme à chaque fois qu'il le fait, tout a été dévasté. L'entrain a déserté, les minutes se sont fait éternité, le calme de hurlements silencieux a résonné.
Ce n'est pourtant pas faute de l'avoir nommé, exorcisé et enfin répudié. C'est du moins ce que je croyais. Ça avait bien fonctionné, pendant un temps il m'avait laissée en paix.
Un long temps délicieux. Et de nouveau, un jour il est revenu. J'avais pourtant cru le dire tout entier, l'exposer, nu, à ma vindicte, mon amertume. A cette rage que sa violence m'avait transmise. Il s'était recroquevillé, le monstre tentaculaire, enfin vaincu. Il avait fui. Je me suis tue.
J'avais pourtant cru...
vos mots