Reproduire sur l'écran les fines écritures. Les laisser parler d'application, de rigueur, de loisirs, de passion et de joie partagée. Dresser les
bilans, envisager les perspectives. Deviner les enthousiasmes, les craintes, les doutes, les espoirs. S'abrutir de noir sur blanc, préparer un thé, le temps de l'avaler, voilà les premiers
manants. Des renseignements à donner, du travail à proposer. Sortir de l'univers électronique pour plonger dans l'humain, donner tout ce qu'on a de sourires, et ses mots bienveillants. Proposer
café et réconfort, un peu. Se nourrir de l'étincelle provoquée. Le tourbillon des passages s'éloigne en traîne, la porte se referme. Terminer ce qu'on avait commencé, regarder l'heure qui est
déjà passée. Tout boucler, vite. Fermer, alarme, vérifier. Enfourcher le vélo et…
La première bouffée d'air frais. Je la bois goulûment, déjà ivre. Il m'en faut encore. Ça tombe bien, j'ai quelques coups de pédale à donner avant
d'arriver à bon port. Le ciel s'ouvre pour me faire une de ses généreuses faveurs – vous ai-je raconté les délicieux rapports que nous nouons ici, lui et moi ?
Sur mon chemin, guère de voitures, vrombissement et autres feux. J'ai la chance d'avoir un immense parc entre mon logis et mon travail, et les
sillons d'une piste cyclable. Je longe la rivière et les habitations, puis le cimetière derrière la haie de bambous. Et le stade, les terrains de sport, le centre équestre, le lac, les jeux, la
piscine municipale, les friches, la rivière, le golf, les habitations, et me voilà au pied de mon immeuble. Quelques photos ont jalonné mon parcours – je suis pourtant pressée de rentrer, mais la
lumière rasante sur les rondeurs du terrain de golf… Après tout ce ne sont que cinq petites minutes gagnées sur un peu plus de liberté.



Un dernier regard en hauteur, les nuages surréalistes ont envahi l'horizon. Les formes, les contrastes, les rayons… il tombe des cheveux de rêves. Je
range le vélo et avale les marches pour voir de quoi le spectacle a l'air, de là-haut…
(J'ai trouvé mes vacances idéales : travailler où j'aime le faire, avec mon conjoint à la maison qui s'occupe de tout le reste. J'envie ceux - le plus souvent - qui vivent ainsi sur le
long terme. Et je salue le travail de celles - le plus souvent - qui restent au foyer...)
vos mots