Mardi 8 avril 2008
Je dois ralentir l'allure de mes pas et tempérer les exigences de mes projets. Réfléchir avant de prendre la voiture et prévoir les aides dont je vais devoir m'entourer dans les jours qui viennent. Diminuer le nombre de mes sorties même si je crève d'envie d'y être. Regretter amèrement ces forces qui me fuient et me laissent tout juste bonne à fixer le mur face à mon lit. Savourer le sommeil lourd et les songes lents, sourire au réveil qui m'en extrait, à la belle journée qui s'annonce. Se lever avec un vertige qui rappelle que tout va encore aller trop vite, supplier Mamzelle de ne pas, ne pas, ne pas, non, pas aujourd'hui, par pitié. Penser à l'allure de mes pas, et recommencer depuis en haut à gauche ce petit billet de malade qu'en a marre d'avoir l'impression d'être toujours en train de se remettre, de couver ou de subir les aléas de sa pauvre petite santé.

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Lundi 7 avril 2008
Une fois n'est pas coutume, je poste aujourd'hui une photo d'hier soir...

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Parce que le lundi commence un peu le dimanche soir, avec les petites affaires du lendemain à préparer ; parce qu'on fait durer les moments à trois, encore un peu, allez ; parce qu'aujourd'hui était un jour de grande fatigue, tout cotonneux, un peu comme là-haut, sauf que je n'ai pas pris une seule photo.

*

Cette semaine, Cécile nous conte
la nostalgie de ses dimanches, Mema nous entraîne dans un courant vif et entraînant, Nath nous sert un bout de bagarre à la banane et ¤Ju¤ nous présente un copain de jardin :)

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Samedi 5 avril 2008
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Pour la toute première séance de Mamzelle, nous avons choisi de l'emmener dans le plus petit cinéma du monde. A partir de l'idée un peu farfelue d'un cinéma dans une roulotte, des artistes de chez nous se sont retroussé les manches, et... ils ont réalisé leur rêve.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils nous l'ont fait partager. Alors, merci...

Ils ont aussi réalisé un très beau film retraçant leur aventure :


Le bal des fous, la genèse
envoyé par bebertnokill
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Samedi 5 avril 2008
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(clic)

Le brouillard du petit matin, le nuage lissé du soir, les arbres au plumage de printemps, les façades éclatantes sous un rayon de soleil... Ces jours-ci je ne vois que le blanc...

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Vendredi 4 avril 2008
Le sable de mes histoires est reparti tournoyer dans un coin de ma tête.
Les mots se terrent mais la musique m'a reprise.
L'agenda se remplit tout seul. Résultat, j'ai l'impression d'apparaître partout pendant un très court moment.
L'ordi ne me reconnaît presque plus, les commentaires sont en attente de réponse.
Le temps clément permet de nouveau les courses bi-cycles tout contre la rivière.
Et dans tout ça, mon corps supplie - demain matin, repos promis... (Et un petit tour par chez vous, ce serait bien, aussi :) )

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Mercredi 2 avril 2008

Je ne sais pas où il est, je ne sais pas qui a eu cette brillante idée ni qui a pris la photo, mais si je savais où le trouver, j’y courrais derechef. Retrouver ces couleurs pour de vrai, enliser mes pieds dans le sable jusqu'à ce que mon souffle court ralentisse mes jambes. Me jeter sur le sable frais, y enfouir mes doigts. Laisser mes cheveux au vent, comme la dernière fois. Je comprendrais que là, le désert ne s'arrêterait pas sur le déferlement des vagues. Le ciel s'épaissirait  au soleil couchant, juste comme sur la photo. Les voiles pressées me dépasseraient dans un sifflement, sans me voir. Ce serait l'heure où les hommes juchés sur leurs chars rejoindraient le campement. L'heure incertaine où ils chercheraient la voile têtue montée au zénith, avant que la nuit les suprenne, et avec elle le froid, la peur, la solitude sacrée du désert. Il en resterait peut-être un pour s'allonger sur un carré de la toile qui l'aurait porté d'un souffle d'air jusque-là. J'imagine sa reconnaissance, ses tremblements, la faim qui tenaille, la nuit entrecoupée, le silence envahissant et la chapelle du firmament. Sous le bivouac, tous les autres, la discussion qui se veut rassurante, on le retrouverait bientôt, demain à l'aube, s'il le faut on partirait tous azimuts chercher le compagnon égaré. Foin de la course, on n'est pas si futile, la nuit au milieu du désert. J'imagine le repas qui plombe, les yeux qui piquent un peu, le feu qui réchauffe les doigts une dernière fois, le sac de couchage et les respirations qui s'assoupissent les unes les autres.
Alors non, je ne sais pas qui a pris cette photo, je ne sais pas qui a pensé ce périple... Mais je voudrais bien d'une téléportation suivie d'une pastille bleue qui me ferait caméléon. Me transformer en tas de sable frais sous le vent, juste pour ce soir, dans ce crépuscule vécu en pensant à Papa, au fin fond de son désert, sous sa voile, ou bien dessus, peut-être...

(Humeur du soir et sablier de printemps, amorce 10 et dernière signée Samantdi... merci, merci, merci...)

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Mardi 1 avril 2008
Si vous vous souvenez bien, je vous avais promis des nouvelles des beaux joyaux sertis au creux de mes reins. En fait il y en a surtout un pour attirer tous les regards vers lui. Demain matin une machine va l'éclater en mille morceaux et le spectre d'une nouvelle crise pourra s'estomper quelque peu. Le moral est plutôt bon ici, l'Homme des bois me charrie avec mes "électrochocs", les index sur les tempes avec la tête qui tremble. Gros malin, il ferait moins le fier s'il était à ma place ! Ce n'est pas tant l'intervention qui se pratiquera sans bistouri ni gadget invasif, mais plutôt la drogue qu'ils vont m'administrer et dont bien entendu, je ne sais rien. "Mince, j'ai oublié de demander" - c'est ce que je me suis dit hier en sortant du bureau de l'anesthésiste. Trop occupée à lui expliquer que le prochain bonhomme en blanc qui fait mine de se diriger vers mon dos avec une aiguille dans les mains risque un mawashi réflexe dans la tête, j'ai oublié de lui demander comment il allait me faire partir. Et avec quoi, surtout. Et dans quelle étagère je me retrouverai au retour... Je sens qu'il va être épique, mon dernier billet de sablier...
Si vous avez un encouragement en réserve à me prodiguer... vous pouvez y aller !
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