Jeudi 24 avril 2008
C'était ma première réunion en tant qu'administratrice. Ayant à peu près tout à apprendre du fonctionnement de la structure, je m'étais promis d'y faire un saut en touriste, au milieu de mes vacances. J'en profiterais même pour laisser Mamzelle chez GrandMamie, et pourquoi pas faire un tour à Toulouse juste avant, ou prévoir une sortie en amoureux juste après... voire même les deux, chiche !
C'est ainsi que j'arrivai sur place, dans la douceur nonchalente de ces soirées orangées qui m'ont fait abandonner, il y a quelques années, une petite vie bien rangée. C'était presque dommage de s'enfermer dans la salle de réunion, mais nous avions tous besoin d'élire le Bureau, de parler du quotidien de l'association, des projets... Pendant que chacun prenait la parole, j'observais et faisais mentalement mon marché. Celui-là serait parfait comme Président. Je me demande bien qui osera se proposer à la Tréso, ce poste mal-aimé. S'ils insistent un peu, peut-être que je me laisserai tenter par la place de Secrétaire adjointe...
Les conversations allaient bon train. Les membres de droit, certaine récemment élue municipale, d'autres partenaires de longue date de l'association, présentaient leurs points de vue. Au fond dans le coin, les Anciens nous contaient l'Histoire de la structure, avec force détails. Des digressions courante, peut-être même incontournable, de ce que j'en vois - tous nous sommes bénévoles, il faut parfois autre chose qu'une soirée orange pour donner l'envie de rencontrer, de réfléchir, de décider. On décide au bout de plus d'une heure de procéder à ce pour quoi nous étions réunis : l'élection du nouveau Bureau, la précédente équipe ayant démissionné en masse.
Celui que je pressentais Président se lance Secrétaire. Ce qui plait beaucoup à l'élue municipale qui attend, regards appuyés, qu'une Présidente se lance après ce beau départ masculin. Je souris à ce concept simpliste et balaye la table du regard. Les nez pointent vers la table et les mouches volent. Plus un Ancien pour dire quelque chose, d'un coup. Un Vice-Président sort poussivement sa candidature. Puis il demande, personne par personne, tu ne peux vraiment pas !? Qui a un emploi trop prenant et trois enfants, qui habite trop loin et a d'autres engagements, qui n'y connaît encore rien à ce qui s'y passe (ça c'est moi)...
Plus personne ne rigole : on a un problème. Une association n'existe pas sans, au minimum, un(e) Président(e), un(e) Secrétaire et un(e) Trésorier(rière). Et cette association-là, si elle ne trouve pas une solution, licenciera le lendemain 15 personnes. Sans compter les projets d'insertion, le lien social, la dynamique du quartier, la médiation, le soutien scolaire, les ateliers, les groupes de parole... qui passeront à la trappe. Aïe.
Le candidat Secrétaire que je pressentais Président, ajoute un mot sur notre responsabilité. Et puis il se lance. Il veut bien monter Président. Qui l'aime le suive...
Le temps de tourner trois fois la langue dans ma bouche, et ma voisine me dame le pion en se proposant Secrétaire. L'élue municipale ne pipe mot : un Président c'est moins bien qu'une Présidente, un Secrétaire ç'aurait été mieux qu'une Secrétaire, mais l'essentiel n'est-ce pas, c'est d'avoir les deux. Quoi que, on s'en fiche un peu, si on n'a pas de Trésorier(rière).
Là les choses se gâtent un peu, les fronts perlent et les gestes nerveux se multiplient. Chacun répète ses impossibles. La feuille d'inscription du Bureau commence à circuler. Elle échoit dans mes mains, alors j'annonce que je me serais sentie plus à ma place comme Secrétaire adjointe, mais que je ne veux pas voir la fermeture de l'association. Et que je me propose donc comme Trésorière.
Le vote fut des plus rapides : l'unanimité soulagée. Pour les quatre élus, un peu d'inquiétude, une vague conscience du temps à consacrer, et une certaine lucidité sur nos limites... Et malgré tout, une grande motivation.
Je suis même plutôt contente d'avoir suivi le mouvement, en fin de compte...

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Mardi 22 avril 2008
Horton, c'est un éléphant qui vit dans la jungle. Et qui se promène avec une fleur au bout de la trompe. Qu'il joue, qu'il discute, qu'il fuie, qu'il se défende... jamais il ne la lâcherait, pour rien au monde. C'est que sur la fleur il y a un trésor. Un monde minuscule et ses habitants, des familles, des enfants, et toute leurs vies qui se déroulent sur un grain de poussière. Lequel est délicatement posé sur la fleur. Mais la jungle est un vaste coupe-gorge, Horton va donc essayer de mettre le grain de poussière en sûreté...
Mamzelle a beaucoup réagi à ce dessin animé, elle a ri, elle a tremblé, elle a aussi eu peu peur lors d'un passage un peu trop sombre. C'était émouvant de la sentir vibrer... en grand format ! Je choisis toujours de m'asseoir vers l'avant de la salle, j'aime avoir le sentiment d'être dans le film. J'ai eu l'impression qu'elle le vivait comme ça, elle aussi - avec sa propre sensibilité, en l'occurence beaucoup plus exacerbée que la mienne !
Pendant la séance comme sur le (long) chemin du retour, Mamzelle n'a pas lâché son ticket. Heureuse, et fière.
..

cinema.jpg
Le site sympa du film !

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Lundi 21 avril 2008
deschiffresetdeslettres.jpg

Chez GrandMamie, tout est immuable à l'heure des chiffres et des lettres. Du moins, jusqu'à ce qu'un petit lutin débarque, vous pique la meilleure place et donne le reste à son armée de poupées. "Mais c'est leur lit, elles dorment !". Le salon sera redécoré de touches roses et mauves, la table basse jonchée d'oeuvres au feutre, et de feutre aussi, d'ailleurs. Et le discours posé du présentateur sera interrompu d'une voix haut perchée : le lutin aura reconnu la première lettre de son prénom, et le chiffre qui orne la porte de son lieu habituel de résidence.
Les chiffres et les lettres, c'est quand même drôlement plus sympa en sa compagnie, moi je dis !

*

Cette semaine ¤Ju¤ nous offre un panorama de promenade et Cécile a posé ses pas sur un autre continent - il faudra repasser voir ses photos !
Bah c'est tout !? Mais !? Bande de vacanciers, va !!! ;)

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Dimanche 20 avril 2008
D'abord il y a eu des goutelettes sagement alignées. Puis ce sont des flèches que le ciel a dardé vers nous. Elles se sont heurtées aux vitres de la voiture sous les "Oh ! une grosse averse !". Nous avons accéléré comme pour les fuir, au lieu de ça elles ont joué à projeter les arbres vers nous et à peindre des paysages surréalistes au couteau, pendant que les essuie-glaces sculptaient des arcs fins sur le gris du ciel.
L'averse s'est déguisée en déluge, déformant les routes, les champs et les villages du Lauragais. Je n'en perdais pas une goutte, ni l'appareil photo non plus, bien à l'abri dans notre bocal. Ces signes qui se transforment en ombres, les jaunes qui se diluent et coulent sur les vitres, la rambarde habituellement triste qui revêtait une robe argentée, les arbres et leurs parures de printemps, désolés et indignés comme autant de mariées détrempées...
A la fin, le débit s'est quelque peu calmé. Nous arrivions près de la ville ; l'usine qui en garde un flanc semblait se désigner responsable de la conspiration météorologique.
Vous prendrez bien une rasade d'eau de pluie, pour la route ?


premier slide sous flickrSLiDR, comme conseillé par Sérénissime
tant que j'y suis, si quelqu'un sait comment mettre les photos dans l'ordre que l'on souhaite, ça m'intéresse !

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Dimanche 20 avril 2008
Papy l'Aventurier a prélevé à notre intention un peu de désert. J'ai pour mission de répartir équitablement les différents éléments du souvenir entre les membres de la famille. J'essaierai donc, avant, de réaliser une petite série de photos. Capturer quelques reflets de l'âme du désert. L'Alchimiste est parti dans ses mains à lui - échange de bons procédés ? Sinon je l'aurais volontiers cité, lorsqu'il dit calmement qu'un seul grain de sable contient le désert tout entier.
J'aurais donc de l'autre côté de l'objectif un monde de richesses. Impossible de ne pas les partager !

desert0.jpg
sable, herbe du désert, cailloux, bout de bois rongé par le sable, fesch-fesch, herbe à chameaux

*
Après ce petit cadeau de départ, toute l'équipe de Cacoandco vous dit "à bientôt". Le départ de ses correspondantes féminines pour la maison grand-maternelle de banlieue toulousaine est en effet imminent !
Retour dans quelques jours... portez-vous bien :)

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Vendredi 18 avril 2008

Ce coton-là ne se laisse pas déchirer par le sommeil. Bien... Il donne à mon teint une pâleur transparente. D'accord... Mon équilibre est toujours précaire et les moments de forme suivis de coups de massue. Bon...
Quatre pistes thérapeutiques envisageables pour l'instant, quatre thérapeutes ont donc été sollicités, provenant tous d'horizons différents. Le premier m'a déjà promis un rétablissement dans une dizaine de jours. Les autres viendront après l'échéance, puisque nous n'avons pu trouver d'adéquation plus rapide de nos agendas respectifs.

En attendant, je profite des vacances avec Mamzelle, de ses dessins, de ses livres, de ses jeux, de ses sourires, de ses colères, de ses abandons, de ses bisous verts, rouges et bleus. Aujourd'hui je me réjouis de tout ce temps que j'ai passé à ses côtés pendant ses premières années : être ensemble est simple, évident, doux et tranquille. Même si je ne suis pas aussi active que je le voudrais, même si les conditions météo ne se prêtent guère aux sorties rêvées.
On se contente de menues activités, de profiter de chaque once de temps passé à trois, de ranger, d'aménager, de préparer, et de se reposer. Le grand air, les ballons qui volent, les courses folles... tout le reste, ma foi, viendra quand il viendra !
(En attendant, je déserte quelque peu vos espaces comme le mien. Et c'est hélas indépendant de ma volonté.)


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Vendredi 18 avril 2008
De même que j'ai été surprise de la richesse des échanges qui ont suivi ce modeste billet, autant l'étonnement m'a guettée derrière un petit muret surmonté d'une petite voûte de pierre. C'était il y a quelques semaines, autour d'une ancienne chapelle restaurée par l'élan des habitants d'un hameau rural, sur les allées d'un bucolique cimetière. Le calme et la simplicité, la terre et les fleurs, les ruches et les pierres. Un véritable ressourcement...


Evidemment j'ai pensé à vous ! C'est même pour ça que j'ai sorti l'appareil photo ;)

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