Je savoure depuis Noël un cadeau que l'on m'a offert : l'Art de la Simplicité de Dominique Loreau. (J'ai aussi savouré de voir la personne qui méprise notre mode de vie et nos valeurs, me l'offrir. Mauvaise fille que je suis ! :D )
J'aurais beaucoup de choses à en dire, à commencer par le fait qu'il est rédigé pour les femmes (je trouve cela incroyablement rétro, et j'assure aux messieurs ici présents qu'à mon sens, il peut concerner tout lecteur !).
Je commencerai par un chapitre lu hier et qui m'a bouleversée... Morceaux choisis, première partie.
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Réapprenez la faim
Ne mangez que lorsque vous avez faim
Adoptez un rythme de vie vous convenant. Prenez des aliments qui satisfont votre corps (...) et non votre gourmandise ! La plupart des gens mangent parce qu'ils sont anxieux ou qu'ils s'ennuient. (...) Apprenez à prendre votre temps, à ne pas être stressée, à savoir dire non et à préparer de beaux plats simples. Entraînez-vous aussi à éliminer tout ce qui est négatif. Les aliments ne sont pas nos ennemis, mais au contraire nos meilleurs médecins.
Mangez quand vous avez faim.
Savourez pleinement chaque bouchée.
Arrêtez de manger lorsque vous n'avez plus faim.
(...)
Apprenez à ne manger que lorsque votre estomac à faim ; non parce que c'est l'heure de se mettre à table, que vous vous ennuyez seule dans votre cuisine, fatiguée entre deux corvées, désireuse de vous "récompenser" après un travail stressant, bleue de dépression, verte de colère ou jaune de jalousie.
Tout cela semble simple, mais demande une prise de conscience pour exercer ses muscles cérébraux atrophiés à force d'avoir été mal utilisés. Il faut d'abord identifier la sensation de "faim", puis celle d'avoir "assez" mangé. Il faut aussi apprendre à distinguer ce que votre corps voudrait manger de ce que vos envies vous dictent. Lorsque vous voyez un gâteau qui vous tente, essayez de vous poser la question : "Est-ce que je préfère le gâteau ou un corps dans lequel je me sens bien ?" Et enfin, apprendre à vraiment goûter la saveur des aliments. Le corps est un instrument réglé avec une extrême précision, un instrument qui aime que l'on s'occupe de lui. Il possède un système autorégulateur qu'il suffit de savoir activer.
La faim vient un jour, et pas le jour suivant. Le corps et ses exigences varient selon de nombreux facteurs. Si nous ne savons pas à quelle heure nous aurons besoin de nous vider les intestins, nous ne savons pas plus à quelle heure la faim nous prendra. Il y a des jours où seule une collation vers 16h suffit, d'autres où la faim se déclare au réveil. Alors pourquoi plier son corps à des horaires ? Cette liberté de ne manger uniquement que quand vous le désirez vous donnera aussi celle de refuser toute alimentation quand vous ne le voulez pas.
Dominique Loreau, l'Art de la Simplicité, éd. Robert Laffont, 2005
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J'ai tout d'abord été choquée par le sous-titre "Réapprenez la faim". Je me rends compte que la représentation que j'ai de la faim lui associe la peur de manquer, la pauvreté, la misère, et même la maladie.
Puis j'ai réalisé qu'il n'est pas rare que je ne ressente aucune faim de toute la journée. Je prépare chaque repas par habitude, même lorsque je suis seule avec Mamzelle et qu'elle m'assure qu'elle n'a pas faim.
Comme à midi, où elle s'est attablée pour faire comme moi, et où nous avons picoré quelques feuilles d'artichaut... Elle par curiosité et par gourmandise de vinaigrette, moi parce que j'ai eu peur d'avoir faim ensuite. Du coup j'ai mangé consciemment, en me concentrant sur ce que je faisais et les goûts qui se déployaient dans ma bouche. J'ai été très vite rassasiée. J'ai tout de même terminé un plat de lentilles qui s'ennuyait depuis quelques jours au réfrigérateur (je déteste jeter de la nourriture) et malgré ma satiété, j'ai entrepris une orange, au cas où Mamzelle en voudrait aussi.
A aucun moment, mon repas n'a été pris par faim. Et je gage qu'il en fût de même pour ma fille.
Ainsi, si je ne m'attarde pas sur l'approximation des "muscles cérébraux", je trouve beaucoup de vérité et de bon sens aux propos de l'auteur. Ils sont une révélation pour moi. La suite du chapitre... c'est pire ! J'y reviendrai bientôt (en attendant, je... digère un peu ses propos).
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