Vendredi 8 septembre 2006
Mon quartier... c'est un peu présomptueux de l'appeler ainsi. Il se résume à quelques rues surpeuplées. En journée, ses habitants sortent presque tous. Les trottoirs généreux s'emplissent de vêtements colorés portés par des habitants originaires des 4 coins de la planète.
Tout au long de la promenade, on les croise, eux qui par quelque hasard du destin on fait un si long chemin pour venir habiter dans cet arrondissement. Le 20ème. L'ultime.
En plus des couleurs bigarrées, des effluves d'épices et des bribes de vives discussions dans des langues inconnues, jalonnent le parcours du promeneur.
J'en ai des souvenirs : j'ai vécu là 3 ans, la plus longue période au même endroit sur les 10 ans vécus en région parisienne (10 ans pour pas moins de 7 déménagements...). J'y ai rencontré la plupart de mes amis d'aujourd'hui, repris les études, aimé Vincent, travaillé encore et encore, fait la fête à ne plus savoir qui j'étais.
Alors quand je reviens, que je reconnais ce bitume tant arpenté, ces façades qui ont été témoins de tous ces moments de partage, ces gaies devantures dépareillées, je me dis toujours "Oh ! mon quartier...". Et le nez au vent de ma vie d'avant, je revisite cette période avec un bonheur retrouvé.
Cette fois, j'aurai même vécu un de ces lendemains hasardeux où le temps vous ouvre à tous les possibles et où vos pas vous conduisent irrémédiablement à un troquet quelconque, devant un café noir, musique d'autres temps, ambiance évocatrice, ai-je de quoi écrire ? En vert, ce sera très bien.
Officiellement, j'attends l'ouverture du cyber-café, en réalité j'attends que se dissipent les vapeurs de la soirée passée.
Le café aidant, je finis par ouvrir vraiment mes yeux. La petite table épaisse en faux bois. La chaise simple mais confortable. Un poème derrière le comptoir, à demi dissimulé par des bouteilles. Des photos encadrées des Amériques sur le mur blanc passé. Des billets de monnaies étrangères encadrées pêle-mêle. Le sourire et les petits mots accentués du patron maghrébin.
C'est ce genre de perles qu'on aimait dénicher : des petits troquets sans style mais au coeur ouvert. On amenait nos petits plats, notre sono... et on réveillait les voisins.
Voilà, quoi... c'était bien :-)
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