Jeudi 18 janvier 2007

Aujourd'hui j'ai lu un texte tout droit venu du futur... écrit par un survivant des catastrophes climatiques, des guerres causées par un changement trop radical de l'économie occidentale, un homme qui a vu les siens périr, un homme revenu de l'enfer.

Il nous livre son analyse de l'attitude passée de ses parents et aïeuls. Son passé, notre présent...

(…) si, en dépit des différentes sources d'information dont ils disposaient, la majorité des Occidentaux ne savait pas ce qui se passait, c'est parce qu'ils ne voulaient pas savoir, ou plutôt parce qu'ils voulaient ne rien savoir. Il est vrai sans aucun doute que les médias sont des armes très puissantes, à laquelle il est bien difficile de résister ; mais il est également vrai que le peuple occidental, dans son ensemble, n'a pas même tenté de résister. Dans l'Occident capitaliste, les règles du savoir-vivre étaient d'un genre tout particulier : ceux qui savaient ne parlaient pas, ceux qui ne savaient pas ne se posaient pas de questions, ceux qui posaient des questions n'obtenaient pas de réponse. C'était de cette façon que le citoyen occidental type conquérait et défendait son ignorance, ignorance qui lui apparaissait comme une justification suffisante de son adhésion au système productiviste : en se fermant la bouche et les yeux, en se bouchant les oreilles, il cultivait l'illusion qu'il ne savait rien, et qu'il n'était donc pas complice de ce qui se passait devant sa porte.

Savoir, et faire savoir autour de soi était pourtant un moyen – pas si dangereux, au fond – de prendre ses distances vis-à-vis du productivisme ; je pense que le peuple occidental, dans son ensemble, n'y a pas eu recours, et je le considère pleinement coupable de cette omission délibérée.

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Seul le contexte a été modifié. Voici le texte original :

(…) si, en dépit des différentes sources d'information dont ils disposaient, la majorité des Allemands ne savait pas ce qui se passait, c'est parce qu'ils ne voulaient pas savoir, ou plutôt parce qu'ils voulaient ne rien savoir. Il est vrai sans aucun doute que le terrorisme d'Etat est une arme très puissante, à laquelle il est bien difficile de résister ; mais il est également vrai que le peuple allemand, dans son ensemble, n'a pas même tenté de résister. Dans l'Allemagne hitlérienne, les règles du savoir-vivre étaient d'un genre tout particulier : ceux qui savaient ne parlaient pas, ceux qui ne savaient pas ne se posaient pas de questions, ceux qui posaient des questions n'obtenaient pas de réponse. C'était de cette façon que le citoyen allemand type conquérait et défendait son ignorance, ignorance qui lui apparaissait comme une justification suffisante de son adhésion au nazisme : en se fermant la bouche et les yeux, en se bouchant les oreilles, il cultivait l'illusion qu'il ne savait rien, et qu'il n'était donc pas complice de ce qui se passait devant sa porte.

Savoir, et faire savoir autour de soi était pourtant un moyen – pas si dangereux, au fond – de prendre ses distances vis-à-vis du nazisme ; je pense que le peuple allemand, dans son ensemble, n'y a pas eu recours, et je le considère pleinement coupable de cette omission délibérée.

Primo Levi, Si c'est un homme, Appendice de 1976

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Le 1er février, on peut agir, se faire entendre, sans sortir dans la rue,
ni militer au porte-voix, ni se déranger d'aucune sorte.

Merci pour nos enfants...

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Jeudi 18 janvier 2007

Le 1er février 2007, dans toute la France :

Mobilisation des citoyens contre le Changement Climatique

Le 1er février sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale.

L'Alliance pour la Planète (groupement national d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention
des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l'élection présidentielle!

Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux, sur votre site Internet, dans vos newsletters...

Contact/ information : Cyrielle, Les Amis de la Terre

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Jeudi 18 janvier 2007
Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t'entoure.

Pensée Navajo
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Mercredi 17 janvier 2007
J'ai appris hier soir qu'un ami est parti. Nous nous étions presque perdus de vue, pour mille petites raisons. Mes raisons étriquées, frileuses, pas très glorieuses.

C'est plus facile de se dire qu'il y a un temps pour tout, que l'on s'éloigne parfois pour se retrouver, ou pas, mais plus tard. Ce plus tard est venu. Il s'est mué en en très moche jamais... On ne se retrouvera pas.
Il ne saura jamais que je le verrai toujours au milieu de ses bateaux, avec son sourire lumineux, la tendresse qu'il portait aux autres, et son humour à tout éclater sans prévenir. Il était simple, il était vrai, il était beau.

Egoïstement je regrette tout cela, que je ne puis plus lui dire. Injustement, je me sens triste. Ce n'est pas mon deuil. Il frappe à côté de moi, une femme que je ne connais pas, des enfants trop jeunes.
C'est con, la vie.

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Mercredi 17 janvier 2007

Je prends le relais proposé par Clairette. J'ai 5 choses à dévoiler, de préférence 5 vérités inavouables même sous la torture, de ce que j'ai compris.

Merci Clairette, tu es un amour. Note que je le savais déjà, c'est même quelquechose qui saute aux yeux, mais là, vraiment, je te remercie de me faire ce coup-là. Je suis enchantée d'y répondre et crois bien que je saurai te remercier par un autre palpitant challenge un de ces quatre ! :))

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1- Je suis myope comme une taupe. On note mes yeux entre -5,5 et -6. Oui, en-dessous de 0. On croit souvent que 0 aux yeux, c'est le pire du pire. Et bien non, dans la Caco family on l'a pulvérisé, le 0 - j'ai même une illustre grand-tante qui a atteint les -30. Je crois qu'après l'intervention elle n'est plus qu'à -10, enfin à peu près. Le phénomène a tendance à régresser avec les générations : Papa n'a que -7, voyez. Mais quand même... vous imaginez un peu mon angoisse le soir quand je viens d'enlever mes lentilles et que je ne sens pas l'étui à lunettes sous ma main ? Comprenant instantanément que Mamzelle est passée par là et que la liste des endroits possibles où les retrouver est assez longue pour que j'y passe la nuit !?

2- Après la taupe, je tiens aussi un peu du loir. Je fais infiniment plus de grasses matinées que l'homme des bois. Eh oui, il se trouve que depuis près de 3 ans, je travaille jour et nuit, moi. Que la lourde tâche de prodiguer des soins à notre fille et de l'accompagner au mieux, tout en tenant un minimum la maison propre et rangée, que tout cela donc se déroule à la maison, ne rend pas cela moins difficile. Ou à peine.
Enfin, le rythme nocturne ayant tendance à s'alléger, les habitudes changent aussi : nous nous partageons plus les matins paresseux de fin de semaine.

3- Je suis tout le temps malade, ou presque. Depuis mon adolescence. Je sais que mon corps parle, déjà (psycho-somatisations éprouvées, analysées, et que je canalise de mieux en mieux, bien qu'elles soient toujours présentes). Et puis, je crois qu'il faut que j'admette que j'ai la santé fragile. Est-ce une particularité innée ou acquise ? Je n'en ai aucune idée. Je sais juste que si une bronchite passe par là, elle attaquera aussi mes poumons. Que si je dors trop peu, je suis sans force aucune et à la merci de tous les microbes de saison. Que le moindre rhume m'allite plus que de raison, pendant de trop longues durées. C'est simple : je me fais l'impression d'être une mémé !

4- Je dis plein de gros mots. En fait, je crois que j'aime bien ce langage qu'on dit familier (voire pire). J'aime tous les langages, tous les mots. Je voudrais utiliser plus de jurons anciens, auxquels je trouve un charme fou. Je suis une inconditionnelle du Capitaine Haddock (enfin, surtout de son magnifique vocabulaire ! on voyage rien qu'en l'entendant jurer...). Alors pourquoi ne parviens-je pas à remplacer mes "merde", saperlipopette !

5- Ne craignant aucune contradiction, j'indique clairement et fermement à Mamzelle qu'il ne faut pas dire de gros mots. Evidemment elle s'insurge, c'est bien naturel. Alors j'essaie de surveiller mon langage, et mes tentatives en ce sens sont à peu près vaines. Au tout début je craignais qu'elle n'enseigne beaucoup à ses camarades d'école. Or le lendemain de la rentrée, elle a commencé à cracher. Donc finalement je m'en fiche. A l'école, les bonnes manières circulent vite, et bien, que saurais-je y faire !? :)

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Voilà, il est temps de boucler la boucle, et je me rends compte que j'ai encore un bon paquet de tares inavouables dans ma besace. C'est rassurant : le pire peut y rester, bien caché. Et c'est inquiétant : cette besace, je n'en vois pas le fond !

Alors comme le veut la tradition, je fais suivre à 5 (ex- ?) copines : KaMaïa, Kyra, Mema, N-talo, Agnès... et les autres amateurs éventuels, servez-vous et surtout, laissez votre adresse en commentaire !

(Les filles, pardonnez-moi ! je vous embrasse fort !)

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Mardi 16 janvier 2007

Mamzelle n'est point seule à en former.

D'ailleurs en est-il pour échapper au vent de renouveau de ce mois singulier ?

Moi, il m'a saisie par surprise, alors que je lui tournais consciencieusement le dos... Il y a tellement de choses à faire cette année, tellement d'aboutissements à concrétiser, que j'aurais bien fermé les yeux, encore un peu...

Mais non. Ça a commencé par de sourds martellements, le soir. Puis j'en ai rêvé la nuit. Alors j'ai cherché des alternatives douces, avant de me résoudre aux grands moyens. S'ensuivit une courte période de transition où je dus accepter l'inévitable...

Je me suis enfin mise en quête de la bonne adresse, en vain. Comme j'étais décidément seule sur ce chemin, j'ai appelé le praticien le plus proche de chez moi. Je lui ai demandé s'il était compétent et doux, il m'a promis en souriant qu'il s'attèlerait à la tâche, s'il le faut avec son confrère.

Voilà comment j'ai décidé, cette année, de soigner mes dents.

Je me suis même rendue à un premier rendez-vous. L'année sera ponctuée de consultations dentaires... Je le savais. Gros chantier....

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Et puisqu'on en est aux travaux de façade, je me suis résolue à m'occuper d'une autre friche : mes cheveux qui poussaient anarchiquement depuis près d'un an et demi...

(La tentative d'égalisation des pointes par l'homme des bois ne compte pas. Peut-être même qu'elle a contribué au bucolique aspect de jachère. Voulait-il faire de moi une femme des champs ? C'est bien probable !)

Voilà comment, hier, je suis allée chez le coiffeur.

Mes longs cheveux sont devenus mi-longs, c'est plus léger (donc moins plat, ma mère dirait que je ressemble moins à un oeuf), plus structuré (est-il utile de le préciser ?).

(Et au passage, en feuilletant les livres de modèles, je suis tombée sur une coupe courte sublime. Alors un jour, peut-être...)

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Mardi 16 janvier 2007

Ce week-end... visionnage de photos post-naissance.

Ento' les photos à l'hôpita !

...

Je veux ento' les photos de moi à l'hôpita' !

...

Je veux voi les photos... soplait...

Il fut difficile de limiter les demandes à une séance par jour : malgré leur nombre nous finissons par en connaître les moindres détails par coeur !

Bien sûr les premières visites des albums photos furent commentées. Toute l'histoire de sa naissance est revenue.

L'occasion pour moi de découvrir que l'évocation de la césarienne ne me rend plus triste. C'est arrivé, ce n'est pas le scénario que j'aurais voulu voir jouer, je sais combien j'en ai souffert, et pourtant, plus rien n'entâche désormais le bonheur que j'ai à évoquer l'ensemble de l'évènement, et ce qui s'ensuivit. Là encore... miracle de la parole...

Et elle, quelles sont les réminiscences que ces photos lui évoquent ? Se souvient-elle de ces premiers jours à la maternité ? De la jolie chambre chaleureuse, à l'écart des allées et venues, des bruits importuns, l'arbre et son nid devant la fenêtre...

Ces jours-ci, elle a plutôt l'air de tout découvrir, avec sa mine réjouie. Je me demande dans quel recoin de nos mémoires capricieuses nous rangeons les images de nos premiers regards.

Cette période, j'en garde pourtant un grand souvenir, moi... toute une semaine choyée par un personnel dévoué, patient et disponible, compétent devant mes maladresses d'allaitante débutante... L'assistanat complet épargnant à mes chairs meurtries ces mille gestes quotidiens qui me seraient longtemps douloureux.

Le bonheur s'est donc accompagné de souffrances. Mais les souvenirs des moments difficiles me demandent du temps à refaire surface. Ils arrivent un par un, en traîne, nimbés d'une lueur pâle et douce. Derrière le merveilleux qui les a finalement éclipsées.


 

3 jours

 

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