Aujourd'hui j'ai lu un texte tout droit venu du futur... écrit par un survivant des catastrophes climatiques, des guerres causées par un changement trop radical de l'économie occidentale, un homme qui a vu les siens périr, un homme revenu de l'enfer.
Il nous livre son analyse de l'attitude passée de ses parents et aïeuls. Son passé, notre présent...
(…) si, en dépit des différentes sources d'information dont ils disposaient, la majorité des Occidentaux ne savait pas ce qui se passait, c'est parce qu'ils ne voulaient pas savoir, ou plutôt parce qu'ils voulaient ne rien savoir. Il est vrai sans aucun doute que les médias sont des armes très puissantes, à laquelle il est bien difficile de résister ; mais il est également vrai que le peuple occidental, dans son ensemble, n'a pas même tenté de résister. Dans l'Occident capitaliste, les règles du savoir-vivre étaient d'un genre tout particulier : ceux qui savaient ne parlaient pas, ceux qui ne savaient pas ne se posaient pas de questions, ceux qui posaient des questions n'obtenaient pas de réponse. C'était de cette façon que le citoyen occidental type conquérait et défendait son ignorance, ignorance qui lui apparaissait comme une justification suffisante de son adhésion au système productiviste : en se fermant la bouche et les yeux, en se bouchant les oreilles, il cultivait l'illusion qu'il ne savait rien, et qu'il n'était donc pas complice de ce qui se passait devant sa porte.
Savoir, et faire savoir autour de soi était pourtant un moyen – pas si dangereux, au fond – de prendre ses distances vis-à-vis du productivisme ; je pense que le peuple occidental, dans son ensemble, n'y a pas eu recours, et je le considère pleinement coupable de cette omission délibérée.
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Seul le contexte a été modifié. Voici le texte original :
(…) si, en dépit des différentes sources d'information dont ils disposaient, la majorité des Allemands ne savait pas ce qui se passait, c'est parce qu'ils ne voulaient pas savoir, ou plutôt parce qu'ils voulaient ne rien savoir. Il est vrai sans aucun doute que le terrorisme d'Etat est une arme très puissante, à laquelle il est bien difficile de résister ; mais il est également vrai que le peuple allemand, dans son ensemble, n'a pas même tenté de résister. Dans l'Allemagne hitlérienne, les règles du savoir-vivre étaient d'un genre tout particulier : ceux qui savaient ne parlaient pas, ceux qui ne savaient pas ne se posaient pas de questions, ceux qui posaient des questions n'obtenaient pas de réponse. C'était de cette façon que le citoyen allemand type conquérait et défendait son ignorance, ignorance qui lui apparaissait comme une justification suffisante de son adhésion au nazisme : en se fermant la bouche et les yeux, en se bouchant les oreilles, il cultivait l'illusion qu'il ne savait rien, et qu'il n'était donc pas complice de ce qui se passait devant sa porte.
Savoir, et faire savoir autour de soi était pourtant un moyen – pas si dangereux, au fond – de prendre ses distances vis-à-vis du nazisme ; je pense que le peuple allemand, dans son ensemble, n'y a pas eu recours, et je le considère pleinement coupable de cette omission délibérée.
Primo Levi, Si c'est un homme, Appendice de 1976
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Le 1er février, on peut agir, se faire entendre, sans sortir dans la rue,
ni militer au porte-voix, ni se déranger d'aucune sorte.
Merci pour nos enfants...

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