Vendredi 9 juin 2006

Moments forts de cette journée...

Celui-ci se tient fièrement à l'orée de la forêt.

Celui-là se tapit au détour d'un sentier. Timide, il cherche à se fondre dans le paysage, mais c'est sa délicatesse extrême qui le distingue.

Au pied de ce vieux chêne, on a placé une stèle. Il est tombé au maquis... trop jeune. "1944". Depuis, le lierre qui enserrait l'arbre s'est figé.

 

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Jeudi 8 juin 2006

Ici, les fleurs sortent des pierres. C'est tout le charme de la cité cordaise, des pierres partout, et ces vifs jaillissements côtoyant les façades défraîchies. On peut y trouver une ambiance médiévale, s'extasier de toutes ces couleurs qui jamais ne jurent, être ému par les pas de porte aux teintes passées...

Puis soudain, une dame ridée et souriante se glisse dans l'embrasure pour vous adresser un commentaire bienveillant. C'est le moment à saisir : celui d'une conversation souriante sur l'air du temps, d'un bout de dentelle entr'aperçu sur une table, et cette atmosphère réchappée d'une autre époque qui vous gagne, l'espace d'un instant.

Puis la porte se referme, l'une poursuit son chemin, l'autre retourne à ses activités quotidiennes, au son de la comtoise, derrière les rideaux sépia.

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Mercredi 7 juin 2006
Mon statut de nomade est avéré : même sur mon lieu de stage, je dois constamment changer de bureau !
Hier matin, je suis à la boutique, sombre et humide mais où je peux passer la musique que je veux. Je me sers donc dans la médiathèque et voyage avec de la musique cajun.
Hier après-midi, le bureau lumineux de L. : bureau de passage, dépersonnalisé, sobre, peu accueillant finalement. Trop ouvert à tous vents.
Ce matin, le cocon d’A. Photographies au mur, dessins de sa fille, cartes postales, numéros utiles et raccourcis clavier… le tout sous la bienveillance d’épis de blé qui portent chance. Accrochés à l’écran, des personnages en plastique ou en pâte à sel. Sur le bureau, sous-main, pots à crayons agrémentés de plumes multicolores… Ce matin, A. m’accueille chez elle.
Seulement voilà, la pièce comporte deux bureaux, et ma voisine provisoire apprécie peu la compagnie. Au bureau d’I., on attend avec enthousiasme le mercredi pour pouvoir travailler tranquille, sans les bruits et mouvements qui entravent la concentration…
Et ce matin, horreur malheur ! la stagiaire s’est incrustée ! On grommelle, on souffle, on fronce les sourcils (qu'un violon, au loin, se fasse entendre et c'est l'indignation !).
Je suis contrainte de regarder le bureau d’I. de loin : on dit qu’elle craint que l’on tombe sur les salaires des autres employés. C’est un peu étrange, quand on sait que tout le monde ici (je suis dans une association loi 1901) est payé au SMIC. Et surtout que je me fiche éperdument de qui gagne quoi !
Avant-dernier étage : je m'assois au bureau de V. D'un coup, je me retrouve au cinéma, premier rang. Peu d’autre choix que de plonger dans l'écran gigantesque qui occupe toute la place : même la pauvre souris peine à se frayer le chemin de ses minuscules tribulations. Juste derrière, dans la même pièce, celui de N. est plus éclectique, matériels divers, sources d’inspiration graphique, brouillons d’une créativité débridée, restes d’éclats de rire, à l'étroit entre ces quatre murs.
Enfin, la pièce d’en face abrite les bureaux des chefs.Ambiance feutrée et confortable, mobilier et boiseries sombres. Même s’ils sont absents, on est toujours un peu dans ses petits souliers lorsqu'on pénètre dans l'antre.
Les objets conservent la trace des hommes.
 
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Mercredi 31 mai 2006

On décroche silencieusement l'exposition "Mémoires photographiques" de la salle communale. Au passage, je jette un œil aux instruments de musique traditionnels, aux barques à fond plat qui traversent la rivière, aux enfants tout de blanc vêtus.

Un à un, chaque cadre rentre dans son compartiment de bois. Les murs blancs se dépareillent peu à peu de ces visages expressifs, des paysages d'autrefois. Il revient à sa position neutre de mur blanc pour disparaître à présent derrière le nouveau décor de la salle.

Déjà, tables et chaises sont en place, attendant leurs nouveaux visiteurs. D'autres objets ont pris possession des lieux – des cartons de jeu vert et blanc un peu fanés, de jetons de bois sagement disposés sur un pupitre et des paniers garnis.

Dans quelques instants les joueurs arriveront, parlant fort, riant et se tendant dans l'attente du nouveau tirage. On plaisantera, on hurlera des "Quine" et "Carton plein" jubilatoires, on s'invectivera d'avoir volé la victoire, enfin on se félicitera des chances éphémères.

Pour l'heure, les lourdes caisses chargées de souvenirs nous attendent. Entre passé et présent, nous les chargeons dans le fourgon. Entre présent et futur, nous replaçons les chaises indisciplinées.

Enfin nous refermons derrière nous, la tête emplie de clichés anciens et les oreilles résonnant du silence de la salle des fêtes.

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Lundi 29 mai 2006

 

[En toute objectivité, bien sûr. Vous me connaissez ;-) ]

Je l'ai donc (re)trouvée.

La preuve en couleurs !

 

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Lundi 22 mai 2006

 

 

 

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Jeudi 18 mai 2006

 

Buter contre l'arbre après une course effrennée ;

Invoquer la fraîcheur des sous-bois en jugulant son souffle affolé.

Se remplir jusqu'à plus soif de l'odeur des fûtaies,

Le tout en restant au tronc enlacé.

 

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