Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire
~
Aujourd'hui, l'attente plane. Sans que nous sachions comment nous détourner d'elle. L'un prend soin de son matériel, l'autre passe de blog en site web, sur des pages barbouillées d'inquiétudes et de crues réalités. Heureusement que Mamzelle apporte un peu de joie de vivre dans le panier familial, sans elle nous ferions triste figure. Déjà que...
(L'est si fait, avè sa trontronneuse ?)
(Dans le bureau de vote, elle choisit deux bulletins et une enveloppe, et se promène nonchalament le petit poing fermé brandissant ses bulletins, recto et verso "SEGOLENE ROYAL")
([répétant après moi, qui commente le budget de la Défense] C'est ramatique !)
Des idées pour tromper cette attente si lourde ? :/

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