L'attrait pour l'Occitan et sa culture resta en dormance pendant quelques mois.
Mois que j'ai employés à envisager une nouvelle carrière professionnelle, explorant toutes les directions qui me venaient à l'esprit.
Quelle sensation de liberté j'ai eu alors... toutes les possibilités étaient envisageables, je me suis laissée aller à l'idée que je pouvais faire tout ce que je voulais... tellement que je n'avais même plus envie de choisir, pour ne pas me priver du reste !
La filière culturelle s'est pourtant imposée à moi comme une évidence, tout à la fin de mon bilan de compétences. Et les conditions d'inscription et d'acceptation de ma candidature étaient tellement improbables que j'ai fini par croire que j'avais vraiment quelquechose à faire à... Rodez !
Oh la la !!! Mais c'est loin ! et gris, et moche ! et tout ce bruit et toutes ces vapeurs bleutées d'échappement !!! (je n'avais pas encore goûté au frimas et brouillard hivernaux...)
Puis la rentrée arriva. La première personne avec qui j'entame la conversation est Elodie, qui en se présentant avait précisé qu'elle avait réalisé un mémoire sur la culture occitane. Durant tout le premier semestre universitaire, nous passames la plupart de nos midis ensemble.
Et dans le cadre de nos travaux universitaires, j'effectue avec Nico une recherche documentaire : "La culture aujourd'hui, à vous de délimiter le sujet, 7 documents minimum, majoritairement des articles de presse".
[La prof, tranquille, met à jour ses connaissances en la matière à peu de frais ! ]
C'est ainsi que je "tombe" à la médiathèque d'Albi sur un Courrier International consacré à la diversité culturelle, et que tout naturellement je photocopie les articles traitant des langues. Notamment un article coup-de-poing de Bétéo D. Nébié qui déplore - et dénonce - qu'au Burkina Faso "les élites ne parlent pas le langage des peuples". Puis une recherche internet offre à ma lecture un article qui me parle, ô combien ! (http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/CASSEN/11819)
Je convaincs mon binôme, le sujet est arrêté : "La culture aujourd'hui... Diversité culturelle, diversité linguistique". D'un panorama mondial nous zoomons sur l'Europe, la France, l'Occitanie. De là, réouverture sur le monde, où la langue occitane bénéficie d'une reconnaissance égale à celle de toute langue romane - avec une carte étonnante qui recense les chaires d'Occitan en France et sur le globe...
Une synthèse, un peu de mise en page, une citation de Kofi Annan, une conclusion sur l'utilité de comprendre la langue locale quand on est "Agent de développement culturel en milieu rural"...
On est près de boucler, lorsque Alem Surre-Garcia réalise sa vibrante intervention à la fac. J'entends une autre version de l'Histoire de France, celle d'un historien occitan. Il nous parle aussi des valeurs portées par la culture occitane, transmise par les trobadors et trobairiz.
[Au Moyen Age, dans ce qu'on nous a enseigné être la France, existait donc un domaine où les femmes avaient leur place, au même titre que les hommes... le féminin de troubadour n'a jamais été traduit, bien sûr... ]
J'hallucine ! On se situe avant le XIII° siècle, et ce que j'entends est d'une incroyable modernité !
Puis le fantastique bonhomme nous passe des extraits de musique. Traditionnelles profondes comme créatrives et métissées. C'est magnifique. A plusieurs reprises, j'en ai les larmes aux yeux. L'expérience est presque insoutenable lorsqu'on sait la place qu'a la culture occitane sur le territoire français. Quel gâchis ! et surtout, comment les gens du cru passent-ils ainsi à côté de tant de richesses !? comment ne voient-ils pas le trésor qu'ils ont sous leurs pieds - comme en chacun d'eux !?
Alors, pourquoi l'Occitan !?
Ben parce que !!! ;-)
Parce que c'est juste là et maintenant, parce que c'est énorme et qu'il faut bien que quelqu'un le dise...
Voilà ! ;-)
vos mots