Mardi 21 mars 2006
 

 

C'était une authentique journée de Mars. Des nuages qui couraient sur un bleu pur, un vent qui décoiffait, des gouttes aléatoires et des oiseaux qui nidaient (juste devant la fenêtre de notre chambre !). Le marronnier qui accueillait le nid et ses occupants, brandissait fièrement ses bourgeons.

Ce jour-là ne s'est pas déroulé comme nous l'aurions souhaité... pourtant il reste le plus beau cadeau que la vie nous ait fait :-)

Bon anniversaire ma petite puce...

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Mercredi 15 mars 2006

Un drôle de nom pour un drôle de travail. Enfin, pas si drôle, vu de mon côté.

Il s'agit d'une des parties qui compose le volet professionnel de mon diplôme. A fort coefficient, donc. Le travail s'effectue en binôme, et j'ai proposé de travailler avec elle à l'étudiante qui sort d'une maîtrise sur la culture occitane. Nous allons enquêter sur les attentes des publics et partenaires d'un centre de création contemporaine occitan, encore à l'état de projet.

Nous avons un cahier des charges, une liste de contacts (une trentaine de personnes), des guides d'entretiens, une bibliographie en béton et des fiches de lecture à rédiger.

Et trois mois.

Trois mois de jours pour elle, et de nuits pour moi. Elle passe un maximum d'entretiens (je ne puis travailler que lorsque Claudia dort, ce qui ne dure pas de longues heures la journée), je m'occupe de tout mettre en forme, en plus de la recherche documentaire.

On travaille à distance, en complémentarité... et en tension : elle pense que je souhaite consacrer mon temps à ma fille au détriment du projet, et beaucoup d'autres choses que j'apprendrai peut-être par hasard aussi. Elle n'ose pas me dire, et j'ai trop de soucis et une masse de travail trop importante pour faire du social quand je l'ai au téléphone.

Quand le temps est à ce point compté qu'on n'est pas sûr de boucler, je ne m'embarasse pas d'états d'âme... j'y vais !

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Mercredi 8 mars 2006

Oyez, oyez !

J'ai enfin trouvé comment on créait des catégories, du coup j'ai pu classer les articles.

(La liste des catégories se trouve en haut à droite de l'écran, sous le calendrier.)

Prochaine quête : classer les liens dans des catégories aussi, passque j'en ai plein en réserve, mais si je les mets comme ça, c'est un peu fouillis !

Bonne navigation, n'hésitez pas à laisser un commentaire si le coeur vous en dit :-)

 

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Mardi 28 février 2006

L'attrait pour l'Occitan et sa culture resta en dormance pendant quelques mois.

Mois que j'ai employés à envisager une nouvelle carrière professionnelle, explorant toutes les directions qui me venaient à l'esprit.

Quelle sensation de liberté j'ai eu alors... toutes les possibilités étaient envisageables, je me suis laissée aller à l'idée que je pouvais faire tout ce que je voulais... tellement que je n'avais même plus envie de choisir, pour ne pas me priver du reste !

La filière culturelle s'est pourtant imposée à moi comme une évidence, tout à la fin de mon bilan de compétences. Et les conditions d'inscription et d'acceptation de ma candidature étaient tellement improbables que j'ai fini par croire que j'avais vraiment quelquechose à faire à... Rodez !

Oh la la !!! Mais c'est loin ! et gris, et moche ! et tout ce bruit et toutes ces vapeurs bleutées d'échappement !!! (je n'avais pas encore goûté au frimas et brouillard hivernaux...)

 

Puis la rentrée arriva. La première personne avec qui j'entame la conversation est Elodie, qui en se présentant avait précisé qu'elle avait réalisé un mémoire sur la culture occitane. Durant tout le premier semestre universitaire, nous passames la plupart de nos midis ensemble.

Et dans le cadre de nos travaux universitaires, j'effectue avec Nico une recherche documentaire : "La culture aujourd'hui, à vous de délimiter le sujet, 7 documents minimum, majoritairement des articles de presse".

[La prof, tranquille, met à jour ses connaissances en la matière à peu de frais ! ]

C'est ainsi que je "tombe" à la médiathèque d'Albi sur un Courrier International consacré à la diversité culturelle, et que tout naturellement je photocopie les articles traitant des langues. Notamment un article coup-de-poing de Bétéo D. Nébié qui déplore - et dénonce - qu'au Burkina Faso "les élites ne parlent pas le langage des peuples". Puis une recherche internet offre à ma lecture un article qui me parle, ô combien ! (http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/CASSEN/11819)

Je convaincs mon binôme, le sujet est arrêté : "La culture aujourd'hui... Diversité culturelle, diversité linguistique". D'un panorama mondial nous zoomons sur l'Europe, la France, l'Occitanie. De là, réouverture sur le monde, où la langue occitane bénéficie d'une reconnaissance égale à celle de toute langue romane - avec une carte étonnante qui recense les chaires d'Occitan en France et sur le globe...

Une synthèse, un peu de mise en page, une citation de Kofi Annan, une conclusion sur l'utilité de comprendre la langue locale quand on est "Agent de développement culturel en milieu rural"...

On est près de boucler, lorsque Alem Surre-Garcia réalise sa vibrante intervention à la fac. J'entends une autre version de l'Histoire de France, celle d'un historien occitan. Il nous parle aussi des valeurs portées par la culture occitane, transmise par les trobadors et trobairiz.

[Au Moyen Age, dans ce qu'on nous a enseigné être la France, existait donc un domaine où les femmes avaient leur place, au même titre que les hommes... le féminin de troubadour n'a jamais été traduit, bien sûr... ]

J'hallucine ! On se situe avant le XIII° siècle, et ce que j'entends est d'une incroyable modernité !

Puis le fantastique bonhomme nous passe des extraits de musique. Traditionnelles profondes comme créatrives et métissées. C'est magnifique. A plusieurs reprises, j'en ai les larmes aux yeux. L'expérience est presque insoutenable lorsqu'on sait la place qu'a la culture occitane sur le territoire français. Quel gâchis ! et surtout, comment les gens du cru passent-ils ainsi à côté de tant de richesses !? comment ne voient-ils pas le trésor qu'ils ont sous leurs pieds - comme en chacun d'eux !?

Alors, pourquoi l'Occitan !?

Ben parce que !!! ;-)

Parce que c'est juste là et maintenant, parce que c'est énorme et qu'il faut bien que quelqu'un le dise...

Voilà ! ;-)

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Lundi 27 février 2006

J'ai bien été en mal de répondre à la question de Daniel Loddo lors de mon entretien de candidature au stage...

Parce que ce que j'en vois et entends - alors même que je n'y comprends intellectuellement rien - ma plaît, voire me fascine ? Et d'ailleurs, quelle est la teneur de ce ressenti au fait ? Plaisir esthétique, artistique, résonnance identitaire ? La dernière hypothèse me paraît la moins probable : mes aïeuls ont toujours parlé Espagnol ou Français devant moi, jamais Occitan - ou bien, quelques bribes : qu'es acco, pas trop (en prononçant toutes les lettres), a visto de nas (dont je ne suis même pas sûre de l'orthographe !)...

Rien de très prégnant, rien qui ait laissé une empreinte profonde, a priori.

Flashback...

Il y a bientôt un an, nous investissions notre nouveau nid, une nouvelle ville, une nouvelle vie. Depuis que j'ai envisagé pour la première fois un retour dans ma région d'origine, je me suis dit que je ne reviendrais pas juste pour faire la même chose qu'ailleurs. Que ce retour s'accompagnerait d'un investissement particulier, d'un don de moi à ce pays qui m'a vue naître et grandir.

Je n'avais (et n'ai toujours !) aucune idée de la teneur des activités qui seraient (seront !) miennes sur place. Même que cela m'effrayait parfois, je me sentais prédestinée à revenir (malgré mes réticences... encore sensibles !) pour faire quelquechose de précis... quelquechose qui me correspondrait exactement et qui présenterait une cohésion avec cet endroit, celui que j'ai fui, celui que j'aime.

Forcément, tout cela ne me pressait pas de "redescendre". Pas facile d'aller au-devant de sa vie, de la regarder en face. Ca donne le vertige, on préfère les paysages plats et rassurants du quotidien qu'on s'est construit pour oublier nos peurs .

Puis le papillon a décidé de sortir du cocon. Et de se poser à Albi. Dès notre arrivée, j'ai ouvert grand mes yeux, mes oreilles, les pores de ma peau, toutes les portes que j'ai trouvées. Cette ville fabuleuse s'est laissée apprivoiser tendrement, et nous a conquis pour toujours.

Donc dans notre vie de tous les jours, le programme était : promenades, discussions avec le badaud lorsqu'il y était enclin, admirer le ciel bleu, respirer l'air du jardin... profiter du magnifique Parc Rochegude, se repaître de la couleur brique (qui m'avait tant manqué), écouter la radio locale...

Ecouter la radio locale...

Ecouter la radio locale !?

Je ne comprends pas tout ce qui se dit lorsque ça parle occitan mais cela m'émeut particulièrement d'entendre les enfants de l'école bilingue conter des légendes séculaires ou déclamer une poésie.

Chaque jour a son dicton, en Occitan puis traduit en Français. Chaque jour est l'anniversaire d'un moment historique local, qui se remémore dans les deux langues.

 

Je trouve que cette langue a une sonorité délicate et chantante en même temps, moins roulée que l'Italien, moins puissante que l'Espagnol, et beaucoup plus proche d'eux que du Français en tous cas. L'Occitan me surprend en même temps qu'il me semble plutôt proche - pas comme une langue étrangère.

Il faut dire que c'est celle du pays de mes racines, celle que parlaient les paysans qui travaillaient cette terre, les ouvriers qui construisaient ces villes, les enfants dans leurs foyers et leurs cours d'école. C'est donc elle qui a façonné le paysage et la culture que j'ai toujours connus.

 

Elle participe donc incontestablement de ce que je suis.

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Dimanche 19 février 2006

Et voilà, le premier semestre de cette année universitaire est terminé...

Je ne pensais pas en réchapper. Lorsque j'ai eu sous les yeux l'emploi du temps et la liste des UV à valider début janvier, cela m'a paru tellement irréalisable... 25 à 30h de cours par semaine avec 3h en tout de trajets par jour, 2 soirs seule avec la petite et 5 à 7 nuits hachées par semaine, un homme qui ne rentre qu'à partir de 19h30 - quand il rentre... j'arrête là, j'ai déjà de quoi jouer au loto ;-)

Bref, les exams de janvier étaient devenus un but ultime et inaccessible.

A présent que le temps est quand même passé et que j'ai quand même survécu (non sans séquelles hélàs) et que même j'ai eu des résultats dépassant toute espérance...

Je fais quoi maintenant ???

Faudrait après ça que je relance la machine, à fond les ballons, nuits blanches à bosser, week-ends à rechercher, coups de fil à passer ?

Finalement, le temps s'est suspendu pour que je puisse me remettre physiquement de tout cela. Et maintenant, il va bien falloir que je continue à cheminer et que je me décide à rencontrer peut-être LA voie, celle que je cherche depuis des mois, celle qui m'attire et m'effraie, dont je rêve, qui m'appelle et semble m'échapper lorsque je crois enfin la tenir...

Lundi, début du stage (part one).

A suivre...

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Samedi 17 décembre 2005

Sur mon chemin, la nature s'est figée : blocs de glace, géants de dentelle, parterres immaculés…

Dans la brume matinale où mon esprit mal réveillé essaie d'émerger, je pousse le chauffage en frissonnant. Ca roule doucement, risque de verglas. Mes pensées s'envolent vers ma petiote, bien au chaud au coin d'un feu ou près d'un sapin scintillant, jouant avec Théo et "Essann" – à moins que le réveil l'ait surprise trop tôt et qu'elle se soit rendormie ?

Puis je me tourne vers la journée qui m'attend… dans quelques kilomètres je retrouverai ma classe, de plus en plus clairsemée au fur et à mesure que les vacances et leur lot d'échéances approchent. On se retrouve à une douzaine dans cette classe frigorifiée, de plus en plus baillants et cernés.

La journée passera vite, on aura même de quoi s'occuper entre midi et deux (discussions sur des travaux à effectuer en groupes, débriefing des cours…) et je courrai vers la voiture pour refaire le trajet dans l'autre sens.

Le paysage est toujours blanc, j'ai plein de trucs à lui raconter. Dommage que je ne puisse pas écrire en conduisant… tant pis pour les mots qui se forment dans ma tête, je les dissémine tout du long – et au passage, pardon de vous toiser sans jamais m'arrêter, bien au chaud derrière mes vitres, avec tant de bruit et de vapeurs d'échappement. Je vous saisirais bien dans une image en noir et blanc, arbres, bocages, vallées, villages… mais l'heure tourne, je vais retrouver ma fille, elle voudra téter, goulûment, comme chaque fin de journée que nous n'avons pas passé ensemble, et ses doigts tout doux caresseront ma peau et je n'aurai pas assez de mots pour lui dire combien ces retrouvailles remplissent mon cœur.

Et ce sera déjà le soir et ses rituels précipités, ses crises d'énervement réciproques récurrentes, l'endormissement de la petite qui me laissera KO, tout juste capable de lancer une machine avant de me coucher à mon tour.

Vivement les vacances…

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