Jeudi 14 septembre 2006

Rendez-vous de préinscription. La dame au téléphone avait dit

"Surtout, soyez à l'heure, je vous prends entre deux rendez-vous."

Un peu en avance donc, on nous propose de patienter dans la salle de jeux. Nous y sommes accueillies touts sourires dehors par un personnel qui, soit sniffe du coquelicot en salle de sieste, soit a appris à sourire quelles que soient les circonstances (ptêt' qu'il faut ça pour passer ses journées enfermées avec une quinzaine d'enfants de moins de 6 ans?).

On m'explique gentiment que la halte, c'est chouette, ça prépare l'enfant à l'école.

"On leur apprend bien à se lever de table tous en même temps, tout ça. Après c'est plus facile pour eux."

Là je commence à me demander comment réagira ma petite.

Mais je veux y croire. Et puis les dames paraissent si gentilles... Jusquà ce que la Demoiselle, de colère, jette une fausse tomate par terre. La blonde toute douce sort alors ses yeux renfrognés et sa grosse voix

"Ah non ici on ne jette pas !"

Elle comprend bien ce qu'on lui dit, ma fille. Elle n'a plus jeté. Elle a commencé à hurler.

J'ai réussi à esquiver la colère et la crise d'opposition (certains enfants dormaient juste à côté, ça m'aurait ennuyé qu'elle déclenche une émeute) en lui suggérant le toboggan.

Voilà.

On verra bien comment ça se passe.

De toute façon c'est Mamzelle qui décide (eh oui, autant se rendre à l'évidence tout de suite).

Elle nous tiendra au courant, juste.

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Mardi 12 septembre 2006

Nous voilà de retour à la bonne vieille formule traditionnelle : Papa travaille et Maman reste à la maison pour s'occuper de la progéniture.

Chouette.

A moi les heures au parc, la poussette ou le petit vélo (j'ai dit ou, Claudia), les crises de frustration/colère/désaccord majeur infranchissable/..., les négociations (le harcelement ?) sur l'heure et la quantité de prises de bonbons, les puzzles en bois, la peinture à doigts...

Et comme on ne peut pas uniquement s'amuser du matin au soir, à moi aussi

La cuisine le matin, la cuisine l'après-midi, le rangement, les chiffons, les lessives, l'aspirateur, la serpillière (vite, que quelqu'un m'invente la machine qui fait les deux en même temps, parce que devoir faire l'un pour mieux le refaire avec l'autre, c'est d'un exaspérant...), les papiers, la banque, les démarches, les recherches, les batailles administratives...

Le pire, c'est que je suis contente parce que j'aurai en prime

Les nouveaux mots en exclusivité mondiale, les fous-rires, les réflexions dont elle seule a le secret (Ménan, CA FOUFIT Maman !), sa fierté quand elle découvre que ça aussi elle sait le faire, les câlins, les blagues, les premières conversation...

Et aussi, il faut le dire, un homme compréhensif quand il rentre du boulot

(T'as rien fichu pendant sa sieste ? Ben t'as raison, ça fait du bien !)

Merci l'épisode homme-au-foyer...

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Lundi 11 septembre 2006

Ou comment deux parents héberlués apprennent par hasard que leur fille répond à la question "Quel âge as-tu ?"

Sciés, on est.

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Samedi 9 septembre 2006

Jeudi, je m'étais donné pour objectif de boucler mon rapport. Histoire d'avoir un week-end de 3 jours avant la reprise de Vincent.

Déjà, j'aurais dû travailler un peu mercredi mais j'ai rien fichu. Du coup j'avais encore des annexes à terminer, en plus de la relecture globale.

J'ai donc commencé à imprimer vers 18h30...

  1. ~ Découvert qu'il n'y avait plus d'encre noire. Presque plus de couleur.
    ~ Changé avec mes deux mains gauche la cartouche noire.
    ~ Constaté qu'il n'y avait plus de cartouche couleur. Prié pour que ladite cartouche tienne jusqu'à la 122ème et dernière page du premier exemplaire.
    ~ Commencé à photocopier ledit exemplaire.
    ~ Découvert qu'il n'y avait plus d'encre dans la photocopieuse.
    ~ Inauguré une autre photocopieuse.
    ~ Appris qu'elle est plus lente que l'imprimante - et que si, c'est possible.
    ~ Essayé une imprimante N&B.
    ~ Fait bugger l'imprimante N&B et lâchement éteint le poste rattaché en me disant qu'avec un peu de chance, ça ira mieux au redémarrage.
    ~ Finalement réussi à rassembler les 3 exemplaires minimum requis.

Terminé à seulement 21h30.

Tout ça sans stresser une seule minute.
 Comment je fais ?

Déjà, j'ai déjà terminé des dizaines de dossiers et autres présentations dans l'urgence, et au-delà...

~ Recompté des centaines de pages.
~ Acquis une technique de pointe de reliure express de dossiers.
~ Travaillé jusqu'à 3 du mat' pour une présentation commençant quelques heures plus tard.
~ Immolé plusieurs imprimantes.
~ Interrompu les soirées de mes copains informaticiens.
~ Outrepassé les limites d'un certain nombre de photocopieuses.
~ Fouillé toutes les armoires ouvertes pour trouver les transparents qu'on n'avait pas prévus.
~ Pleuré de rire à plusieurs reprises tellement on était tous sur les nerfs.

Finalement, les remises de dossiers n'appellent que des bons souvenirs : on s'en sort toujours, et c'est même drôle, après coup... 

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Jeudi 17 août 2006

Sur la route, entre Gaillac et Marssac... la ligne droite compte très exactement 11 km.

11 km en ligne droite, en vélo, c'est long. Surtout quand il commence à faire chaud.

Tu as le choix entre compter les platanes ou les voitures qui te doublent. Tu repères un arbre pas trop comme les autres et tu te dis que quand tu seras arrivé là, tu auras le temps de trouver un autre arbre différent à atteindre. Tu gardes en tête qu'à un moment donné, tu auras ces 11 fichus km derrière toi...

J'étais presque au bout de cette longue route quand je vois au loin une équipe de gendarmes avec un radar mobile. En passant à leur hauteur, une petite dame m'annonce d'un air guilleret :

- Vous êtes à 24 km/h !

Et là, j'avoue, j'ai vraiment failli lui répondre un truc pas très gentil, genre :

- Ta G=%*£¤ Cµ9>&²#

Mais je suis un gentleman alors j'ai juste dit :

- Ah ben je vais accélérer !

Depuis lors, le vélo sommeille dans la remise...

[ça c'est la place pour la photo de moi en tenue de cycliste que j'ai censurée]

[Chuis gentil mais faut pas pousser non plus]

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Mardi 15 août 2006

Nez bouché,

yeux embrumés,

gorge chatouillée,

éternuements cadencés,

tête encabinée...

Fichues allergies !

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Lundi 14 août 2006

15h.

On s'active déjà, en cuisine. L'espace jeux s'aménage, l'atelier de fabrication d'instruments de musique se met en place.

Ensuite les gens sont arrivés, avec eux les manèges qui ont tourné. Il faisait un peu froid lorsqu'on restait assis. Alors on a fabriqué des sifflets avec des pailles et des mirlitons avec des tubes en carton. Les enfants riaient et moi aussi. Juste à côté, se jouaient le quilh* et le lancer de béret. On venait attendre les scores en sifflant. Les gens se retournaient : même l'animateur au micro avait du mal à se faire entendre. Puis le jour a lentement décliné sur les champs alentour. La lumière s'est faite douce, les nuages se sont dessiné sur le bleu assombri du ciel. Les manèges se sont vidés. Sous la paillotte, en cuisine, l'effervescence régnait toujours - la pastasciutta tardait à cuire.

Alors la clarinette et l'accordéon ont résonné. Quelques pas de danse pour se réchauffer, puis le repas avec les musiciens. Plaisir de les revoir. Regrets d'avoir croisé Fabrice à l'atelier, où je n'ai donc pas pu essayer sa clarinette. Détente aussi en cuisine aussi : les plats enfin servis, la pression peut retomber.

Le bal. Une ambiance très conviviale, tout le monde danse, petits, grands, très grands. La piste ne désemplit pas, j'en profite pour attraper des images (le réglage du temps d'exposition ne m'est pas encore très familier, je prends 3 photos pour une seule valable).

(Ce qui est mieux qu'aucune, vu mes précédents résultats.)

Restant disponible après le concert pour donner un coup de main, Fabrice m'a prêté sa clarinette ! Je n'en revenais pas de l'avoir enfin dans les mains...

Elle est plus petite dans mes mains que sur scène. Toute légère. L'ébène est si lisse, si douce. Les clés d'argent amorties par des tampons. Premier contact tout en douceur.

"Vas-y, souffle !"

J'y vais façon flûte à bec.

Rien.

Un proche de Fabrice me fait signe de pincer les lèvres.

Je prends une bonne inspiration, pince mes lèvres, appuie sur quelques touches au hasard, souffle bien fort. L'anche vibre sous ma lèvre, contact inattendu, puis l'instrument se réveille...

Et sort un son affreux !

Moi qui rêvait d'une note lisse et veloutée, je crois que j'ai du pain sur la planche. Et un souffle à travailler...

Cette soirée m'a rechargée, je suis une pile, aujourd'hui je me suis levée super tôt pour aller travailler mon rapport à l'association (parce qu'à la maison, je sais que ce sera dur).

Et c'est reparti pour presque deux semaines de recherches, discussions, rédaction.

Je savais que ça viendrait...

_________

* Jeu traditionnel d'adresse où il s'agit de faire tomber le quilh, un petit bâton, avec des palets de métal.

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