Vendredi 20 novembre 2009
Ce blog est quelque peu déserté par sa tenancière depuis octobre. Une crise socio-professionnelle occupe en effet tout le temps, ou plutôt toutes les ressources. La culture se meurt par chez moi. Les associations sont consciencieusement détruites, pierre à pierre ou au cocktail molotov selon les cas. Cette fois-ci la foudre est tombée juste à côté, chez les collègues qui avaient encore les moyens, encore des missions, encore un public, encore du personnel. Et qui y ont mis tout leur coeur et toutes leurs compétences (et croyez-moi, elles forcent le respect).
Hop là, tout le monde au Pôle Emploi.
Au passage ça a bien senti le roussi chez mes employeurs aussi. Mais ils s'en tirent moins mal, qu'ils croient. Et pour combien de temps ? La question est tabou, on se contente de racler les miettes sur la nappe. On accepte de faire plus avec moins de moyens... sans demander l'avis des salariés bien sûr. On passe sur le coeur de nos engagements humains pour se raccrocher à l'illusion d'un contre-pouvoir, à la vitrine d'un collectif, à nos lambeaux de nostalgie.
Personne ne voit que si on nous a laissés passer la barrière des barbelés, c'est pour mieux nous laisser nous précipiter vers la falaise.
J'aurais préféré un CA digne et intransigeant.
J'aurais préféré qu'on navigue tous dans le même sens.
J'aurais préféré pouvoir dire ce que j'ai à dire sans avoir à les trahir au préalable.
J'aurais préféré aller avec mes collègues au Pôle Emploi. Et convoquer la presse, tracter et manifester. Porter haut les couleurs de la culture et de l'éducation populaire.
Et d'ailleurs, c'est peut-être bien ce que je vais faire...
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Mardi 13 octobre 2009
Un beau souvenir de vacances, une petite participation photographique et une grande collecte d'oeuvres au profit de Sol en Si sur le thème de

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solensi.jpgSopot, Pologne, août 2009

Ce jour-là il pleuvait tellement que les bateaux volaient parmi les oiseaux, à moins que ce soit l'inverse ? Pas de ligne d'horizon, pas de sol sous nos pieds, pas de ciel au-dessus nos têtes. L'eau pour moi c'est cela aussi, l'immersion qui prive de repères, un monde d'apesanteur où on s'étonne d'avoir une place, le temps d'une apnée.
Voilà pourquoi j'ai choisi cette photo, eau du ciel, eau de la mer, et une ville au milieu.


Merci aux organisatrices... Vous pouvez aller jeter un coup d'oeil, les propositions valent le détour. On y découvre des objets superbes, et de nouveaux talents prometteurs !

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Samedi 10 octobre 2009
Pauvres lecteurs. Je vous ai laissé de longs jours dans un suspens terrible, je suis vraiment une blogueuse sans pitié.

Comme promis, j'en reviens donc à ces séances de réunions en petit-moyen-grand comité, ça dépend des fois... Parce que, il faut le savoir, la vie d'un bénévole est celle de Madame-Monsieur Toutlemonde en cela qu'elle lui laisse parfois peu de temps pour s'investir dans les projets personnels. Et les travaux associatifs s'inscrivent naturellement dans cette catégorie-là.

Mais les rythmes minimums des réunions sont en général prévues dès la fondation de l'association, alors les réunions ont lieu même si certains seront absents, et même si (au hasard) la Trésorière broie du projet noir ou le Président est de méchante humeur. Charge aux autres membres de prendre le relais quand ils le peuvent, ou de se caser dans un coin de la pièce en prenant consciencieusement des notes inutiles. La plupart du temps, toutefois, chacun vient pour travailler et y met du sien... Réflexions pertinentes ou redondantes, questions timides, avis tranchés, tableaux nuancés et longues digressions de ceux qui ont besoin de parler.
Il n'est pas rare que les réunions s'étirent tard dans la nuit : elles commencent en général après les heures de bureau, à l'heure précisée sur les convocations (plus un quart d'heure).
Le/la Secrétaire a pour mission de prendre des notes. Le compte-rendu est LE document qui indique à tout un chacun les décisions concernant l'ensemble de la structure. Un rôle clé, et assez délicat puisque la prise de note cohabite difficilement avec une éventuelle participation au débat.

Mais revenons-en à ces décisions cruciales, souvent prises entre 23h30 et minuit 10.

Supposons que l'ordre du jour est simple et que la situation de l'association n'est pas difficile (schéma qui se raréfie, mais supposons). Quelques questions, de longs quarts d'heures de digression et tout le monde est d'accord à la fin, le compte-rendu comprendra une page recto, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Maintenant, imaginons que l'ordre du jour est complexe mais que l'association n'est pas sous le coup d'une menace quelconque. Les Administrateurs se sentent confortable tout de même, posent quelques questions, s'émeuvent de la difficulté d'appréhender certaines notions et illustrent copieusement le tout de leurs anecdotes personnelles. Il n'est pas rare que des petits groupes discutaillent entre eux des nouvelles du petit dernier ou du copain qu'on n'a pas revu depuis, houla.

Un exemple de ce type de réunion : l'élection du Bureau. Qu'es aquo le Bureau ? C'est un groupuscule d'Administrateurs qui se donnent pour mission de préparer le terrain des décisions. Présence sur le terrain, analyse des situations, proposition d'outils ou de solutions... A minima, on y retrouve un(e) Président(e), un(e) Trésorier(e) et un(e) Secrétaire. Dans la troupe des gentils bénévoles prompts à nous labourer un coin de terre qui fera la vie plus belle, ils sont un peu comme des experts supposés et généralement de peu d'expérience... quand ils en ont.
Et puisqu'ils se proposent de se rendre disponibles plus souvent que les autres, ça ne se bouscule pas au portillon !

Mais revenons à nos réunions de Conseil d'Administration et évoquons à présent le cas où l'association est menacée. La menace peut prendre diverses formes : suppression d'outils (subvention ou local ou personnel détaché), conflits avec les employés (ou entre eux), missions qui ne sont pas remplies... Un nuage plane sur le coin de terre patiemment manié par toutes ces énergies conjuguées. L'ordre du jour n'est alors jamais simple, les participants ne sont pas à l'aise dans leur place de décisionnaire, la peur se propage, les attitudes-réflexes se révèlent et les divergences d'opinion apparaissent.
De ce que j'ai vu (en tant qu'Administratrice voire membre du Bureau, puisque les employés sont rarement conviés aux CA ou alors à titre consultatif, donc sans pouvoir voter les décisions) l'opinion du Bureau est souvent suivie, pour peu que celui-ci prouve son expertise "terrain". Au mieux elle sera tempérée, on demandera un complément d'information et on diffèrera telle décision. Mais on peut difficilement contrecarrer d'un bloc l'avis d'un Bureau au risque de voir les démissions tomber.

Et c'est là,  amis lecteurs, que le con-s'en-sus entre en scène.

Un tel est en désaccord mais son temps est compté et il ne peut prétendre faire le travail à la place du Bureau. Au mieux il le dira, avec forces précautions. Au pire, il se renfrognera sur son fauteuil en acquiesçant à contre-coeur. Telle autre est ulcérée par des orientations contraires aux missions statutaires de l'association, mais ne veut pas affronter la personnalité ténébreuse de la Présidente.

Alors un tel et une telle rongent leur frein, se disant qu'ils trouveront bien un autre moment où exprimer leur potentiel humain pour mener à bien ce qui leur semble juste. Tel autre osera peut-être une idée audacieuse, qui fera peut-être son chemin dans les esprits, mais en attendant chut, on n'écrit rien, ça reste entre nous et on y réfléchit.

Le Secrétaire pondra, plus ou moins rapidement, un compte-rendu tout rond et sans nuance : le CA est réputé en accord avec ses propres décisions.

Et le CA, dans toute association, c'est le chef. Ce qui peut surprendre quand on connaît les autres structures du secteur privé : il n'y a aucun organigramme hiérarchique, les décisions relèvent toutes de ce collectif d'Administrateurs.
Au jour le jour, pour les presque 2 millions d'employés du secteur associatif français, l'équation se résume donc à :

Administrateur = Chef

C'est là que ça devient juteux... On peut croiser un nombre considérable de chefs dans une même journée, chacun donnant des directions allant de difficilement conciliables à carrément contradictoires. Et quand un chef met à mal notre travail et/ou la façon de le réaliser, il est inutile d'opposer la bouche en coeur "Mais Machin m'a demandé de faire ça c'est pour ça que je l'ai fait !". On vous renverra au compte-rendu du CA du mois n-8, ou à l'absence de ce type de travail sur votre fiche de poste...
Pareil quand on veut vous voir réaliser un travail titanesque en complet décalage avec les moyens dont vous diposez pour ne serait-ce qu'y songer sans plonger dans un moment de pure panique. On essaiera de vous avoir à l'usure avec force raisonnements, puisque tout ça c'est pour le bien commun, donc pour votre bien ; on fait appel à votre conscience du travail bien fait, voire à votre militantisme... Un jour quelqu'un m'a même dit "On l'a pas écrit mais on l'a dit !".

La mauvaise foi est polymorphe et tu n'auras jamais raison, jeune Padavoine* !
Le CA ne lèvera pas les mauvais lièvres des con-s'en-sus parce qu'il faut que le CA reste soudé, et tu en feras les frais !
Sus au con qui ne l'eût su !

Travailler dans une association c'est aussi fouiller les sous-sols peu ragoûtants d'une terre aux relents parfois nauséabonds, c'est suivre les sillons tortueux de qui ne veut pas perdre la face devant son employé.
Travailler dans une association c'est être forcément plus compétent que tes chefs.
Travailler dans une association c'est avoir une bonne douzaine de chefs, voire plus, et être souvent tout seul, voire pire**.

Travailler dans une association, c'est tout ça. Tout ça, aussi...


* (c) Mamzelle, qui a tout compris en quelques jours, elle.

** A titre d'exemple votre humble rapportrice cumule en ce moment les avantages d'un travail à temps partiel aux responsabilités élargies, d'un salaire rikiki et d'une collègue aussi délicieuse qu'une moissonneuse-batteuse.

 

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Vendredi 9 octobre 2009
pa1.jpg
pa2_81.jpg
Tisser ses doigts pour attraper un rayon, juste un dernier avant la longue route gris sombre des mois d'hiver...

Et vous... comment ces clichés vous parlent-ils ?
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Lundi 5 octobre 2009
Amis lecteurs, laissez-moi vous raconter un quotidien enviable.

J'ai la chance, le privilège, et même l'honneur de travailler pour un groupe de personnes qui ont décidé un jour de se retrousser les manches pour construire un petit coin de monde un peu meilleur. Ils labourent le coin de monde et je vaque chargée du doux poids de mes compétences, semer les graines des projets qui feront la vie plus belle. Ensuite, on passe une grande partie de notre temps à regarder les semis prendre, leur apportant nos soins amoureux en nous ressourçant au contact de leur élan de vie. Quand vient le moment de la récolte, tout le monde fait ses provisions de joie de vivre, d'humanité solidaire et d'efforts bien récompensés. Je travaille dans un monde où le soleil se lève tous les jours sur un ciel bleu, où les oiseaux chantent et où, quand la nuit s'avise de tomber, c'est pour mieux nous donner l'occasion de fêter le grand bonheur d'être ensemble à profiter de cette vie-là.

Ca, c'est le paysage que je dépeins sur mes affiches.

L'envers du décor se gagne petit à petit, et le paysage n'en est pas moins édifiant...
Je brûle, chers lecteurs, de vous raconter les petites histoires qu'on se concocte entre amis. Mais il faut d'abord que je vous explique comment ça marche, cette bête-là, j'ai nommé l'association.

Il y a d'abord les bénévoles. Certains sont "simples" adhérents et ont envie de temps en temps de donner un coup de main, pour le plaisir d'aider, pour améliorer ce lieu convivial, ou pour les yeux de la belle qui le leur a demandé. Pour la plupart, ces bénévoles ont intégré plus ou moins rapidement ce qu'on appelle le Conseil d'administration (CA pour les intimes), une poignée plus ou moins grosse de gens qui se réunissent et prennent toutes décisions sur la conduite de l'association, ses missions, la gestion des emplois lorsqu'il y en a, etc. Un CA est ouvert à tous les adhérents, pour peu qu'ils se soient présentés lors de l'Assemblée générale annuelle et que les adhérents présents aient accepté leur candidature. On les appelle à ce titre les membres élus. Au CA il y a aussi des membres de droit - représentants d'autres associations, élus municipaux... Leur présence aux réunions est importante, on ne manque jamais de les inviter. Les élus du peuple ne s'y trompent pas, qui se targuent souvent de soutenir telle ou telle famille associative. Mais dans les faits, là où je suis en tous cas, on les voit rarement en-dehors des périodes de campagne électorale.
Les réunions du CA se déroulent donc le plus souvent entre "membres élus", ces gentils petits bénévoles laboureurs de terre fertile. Il y a parfois des choses à se dire et des susceptibilités qui grincent, mais les réunions franchement houleuses sont rares parce que les bénévoles sont tous plus ou moins copains, ou voisins, ou cousins du meilleur ami de la belle-soeur, et que ça ferait vilain de se facher. Et puis on n'est pas payés pour ce qu'on fait, alors on va pas en plus s'enguirlander.
Donc on consensusse.
On quoi !?
On con-s'en-susse.

Amis lecteurs, je sens que vous brûlez d'impatience de m'entendre décrire les con-s'en-sus associatifs par le menu.
Mais l'heure tourne, je ne pensais pas avoir autant à en dire, il me faudra donc vous narrer la suite un autre jour...

 

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Vendredi 2 octobre 2009


Il y a eu toutes ces années où je me demandais ce que je faisais là, et pourquoi j'y étais, et de quel droit d'abord.
Celles qui ont suivi, où j'aurais préféré crever plutôt que d'avoir eu à naître. Balançant à la moindre occasion que "j'avais rien demandé".
Et puis les années d'ombres derrière lesquelles je me cachais, demandant à mon psy "à quoi bon" ?
Celles où je me suis oubliée dans l'hyperactivité, parce que c'était somme toute bien plus confortable.
Les années où je me suis plu à croire que la vie c'est merveilleux, la preuve, ma toute petite.
Enfin, merveilleux, chez les autres surtout. C'est bien, les autres, ils sont plein et on peut toujours faire quelque chose pour eux. Ne serait-ce qu'un sourire, un mot gentil... et voir naître une couleur, une étincelle...
Tout en regardant sombrer son beau navire à la moindre trace de nuage à l'horizon. Et sans une larme - on a appris à se tenir.
J'ai 35 ans aujourd'hui et il m'est toujours aussi douloureux de vivre. Enfin, de temps en temps. Ce qui change, tout petit peu par tout petit peu, c'est la nature et la longueur de ce que je mets entre deux temps. Avec l'intensité de mes battements de coeur, au fil de mes gammes, majeures comme mineures.
Et si je trouve toujours qu'il est épuisant de vivre, je me surprends enfin à en jouer, aussi. A me dire que c'est quand même moins pire qu'avant.
Et que certains jours, je suis bien contente de les avoir vécus. Me surprendre à savourer un souvenir comme un grain de raisin bien sucré, la larme à l'oeil et le sourire imbécile accroché.
Et l'instant d'après me regarder avec indulgence, un peu, en pensant à me préserver, à poser aux autres les limites qui sont miennes pour mieux continuer.
Comme si j'avais envie de me ménager.
Comme si ça pouvait durer encore longtemps, cette foire.
Comme si j'étais pas loin de le souhaiter...

 

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Mardi 29 septembre 2009
Depuis le temps que je n'ai plus pratiqué ce petit exercice, voilà que me revient l'envie de rouvrir les portes de la petite fabrique de bannières !
Voilà comment ça marche : si l'envie de changer de bannière vous titille mais que vous n'avez pas le temps ou l'envie de vous y mettre, je peux le faire pour vous. Envoyez-moi une photo que vous aimez, et si vous avez une idée de ce à quoi vous voulez que votre bannière ressemble, expliquez-moi ça comme il faut...
Cela dit si vous préférez me laisser toute liberté ça me va aussi !
Vous me précisez tout ça en commentaire, et hop c'est parti :)

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