Vendredi 3 juillet 2009
Le moment de se quitter... Cette année je ne l'ai pas vu arriver. Pourtant il précède de peu l'espoir du repos mérité... C'est peut-être que je n'ai pas envie de décroiser mes mains autour de certains doigts. Peut-être que je ne veux rester dans les couleurs de cette année-là qui aura tant vu grandir ma petite fille. Peut-être que j'ai un peu peur, aussi, des bousculades de la classe d'après, après le cocon du premier cycle qu'elle dépasse sans un regard en arrière, traînant sa mère qui se serait bien attardé, elle, juste un moment, une minute, s'il te plaît... Pouvoir entendre encore les bâillements de chatons des plus jeunes après la sieste, pouvoir m'asseoir un moment al canton quand on arrive un peu en avance et décrypter devant un parterre d'yeux écarquillés un livre en lenga nòstra... L'imaginer encore, à l'heure des repas séparés, entourée de livres et de gros coussins dans la pièce à part qui sert de cantine aux plus petits, loin du fracas des couverts et des hèlements du réfectoire où se groupent les autres enfants, juchés sur des chaises de grands, sur ces mêmes tables où l'on prend des notes lors des réunions de parents... Laissez-moi ce pincement au coeur qui ne durera pas devant ce mot tout neuf à déballer, juste avant le mot "section", celui qui peu à peu collera à celle que je verrai toujours comme "ma petite" et à qui va entrer dans une classe dite "de grande...", nantie de bureaux et d'un grand tableau, juste à côté des copains et copines, pas tout à fait les mêmes, pas tout à fait différents, et qui apprendront à lire et à compter dans deux langues. Garder un peu en bouche le goût de rose passée de la nostalgie, avant de laisser la vie pétiller de nouveau sous la langue et nous entraîner dans sa vie joyeuse de bientôt "grande".

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Publié dans : vagues d'âme, bruissements d'aime
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Samedi 27 juin 2009
Il nous aura tous !!

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Bon fin de semana a totes :)

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Mardi 23 juin 2009
Une pause, le moment de faire une, voire deux choses qui me tiennent à coeur. Je commence un dessin pour Mamzelle - en ce moment, je m'essaie aux fées et aux princesses à colorier, pour notre plaisir partagé. Et je décroche le téléphone, une maman de l'école avec qui j'aime discuter, et qui a franchi quelques-unes des barrières de ma féroce timidité. On discute, on s'interroge, on partage, on rigole. Tout va bien. La princesse sourit sur mon dessin, je lui plante un décor de rosiers. Et puis au détour d'une anecdote, sans prévenir, voilà les mots d'amitié qui se froncent. Ses questions qui vérifient, puis qui accusent "Non mais tu te rends compte !?". J'acquièsce. Décision provisoire, je sais ce que je sens, où est ma place, celle de chacun. Son ton qui prend son pli professionnel d'éduc spé pour commencer de me faire la leçon. Moi qui aiguise mon verbe. Qui la raille ouvertement "Tu devrais appeller la DDASS !". Mon trait sur le papier qui se crispe. Les délicats pétales de mes marguerites, à peine sortis et déjà tout froissés. Enfin, son jugement. Clair, précis. Un jet de pierre en pleine tête. J'ai brutalement interrompu la conversation. Son jugement, quel qu'il soit, je le respecte : il ne m'appartient pas, à elle d'en faire ce qu'elle veut. Mais il ne regarde qu'elle, et je refuse qu'elle me le hurle tout en se bouchant les oreilles. Je n'accepte de rendre de comptes à personne d'autre qu'à ma fille (et peut-être un jour à son père mais il y a encore du travail). Nous sommes passées à autre chose, mais je n'ai plus eu l'énergie de terminer mon dessin, douchée de la vague de reproches que je n'ai pas vu arriver, brisée en pleine déferlante créative par le raz-de-marée des reproches séculaires. Parce que ça m'est revenu d'un coup, j'avais presque oublié - je ne suis qu'une mère indigne, qu'on me pende haut et court !
J'accepte pourtant de réfléchir à ce que je fais. Je me penche sur mes décisions, avant, pendant, après. J'évalue, je teste, je m'adapte... Ca fait 5 ans et quelques, et si je n'ai jamais prétendu être une mère irréprochable, si je n'ai jamais tu mes difficultés, je dénonce une fois de plus les violences que l'on se permet de perpétrer sur les mères. C'est comme si depuis Dolto et Alice Miller, on avait intégré qu'il faut pas faire du mal aux enfants. Mais que fait-on aux enfants quand on lamine leur mère ? quand on participe de la méfiance ancrée dans tant de regards, quand on laisse s'échapper des réflexions qu'on tairait peut-être devant un débile mental, quand on dévalorise, quand on soupèse chaque réaction par le menu, quand on balance ses déjections verbales sur quelqu'un qui, somme toute, n'a rien demandé à personne !?
Pas touche aux enfants, les taper c'est mal, leur crier dessus c'est pas bien du tout.
Haro sur les mères, ça nous défoulera, à la place !
Après tout, c'est pour le bien de leurs enfants...
Publié dans : fallait pas l'énerver
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Samedi 20 juin 2009
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Publié dans : un pas après l'autre
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Vendredi 19 juin 2009
J'ai 8 ans et tous les jours, attablée devant une table de formica parmi mes camarades de classe, je regarde au travers d'un verre orange ou transparent, l'âge qui me fera rêver pendant les minutes précédent le service du repas. Mes copines font pareil, et la plus âgée du jour flambe un peu. Etre grande : un état mystérieux qui nous fait un peu rêver. On ne sait pas ce qu'on fera, mais c'est sûr, on ne se regroupera plus dans cette salle bondée et bruyante, entièrement soumises aux ordres que les grosses dames de la cantine nous aboient comme pour rameuter un vulgaire troupeau de moutons. Le temps est bien long à nous grandir, et celle que le hasard a élu par un nombre plus important, on a un peu l'impression qu'elle sera grande avant nous, qu'elle se tirera de là des millénaires avant que nous puissions nous échapper aussi de notre condition d'enfant. Parfois on tombe sur un petit chiffre minuscule avec un pincement au coeur : on s'imagine régresser jusque cet âge que l'on ne connaît plus que par l'intermédiaire des frères et soeurs - les siens propres, ou ceux et celles des autres. On annonce piteusement son score, ajoutant bien vite que c'est pas possible. On ne peut que grandir - tous les adultes nous l'ont confirmé un jour ou l'autre.

J'ai 18 ans et je continue discrètement de scruter le fond de mon verre. Autour de moi, d'autres enfants grandis ont choisi de jouer les prolongations, veillant au bon déroulement des repas. Avec un peu plus d'humanité que le lot qui nous avait été attribué des années auparavant. Nous sommes plus nombreux à assurer cette tâche, nous sommes plus conscients peut-être aussi. Des étudiants, des mères de famille qui arrondissent leurs fins de mois... Pour la plupart d'entre nous, encore tournés vers cette vie à conquérir loin du fracas des couverts dans les salles collectives.

J'ai 27 ans et il m'arrive par périodes de déjeuner au restaurant d'entreprise. Mes collègues autour de la table ont beau être triés sur le volet, les assiettes s'entrechoquent toujours, le brouhaha se répercute sur les murs nus et mon regard se perd dans le monde gris-bleu, au-delà de la transparence du verre où plus aucun âge ne s'inscrit. Il y a encore plus de monde, il y a encore plus de bruit que dans les cantines d'antan. Toutes ces vies qui fuient leur activité à la même heure pour se retrouver, chacun au milieu de tous dans cette absurde promiscuité. La foule m'oppresse vite ; je retourne au bureau des RH pour rendre ma carte contre des tickets-restaurants.

J'ai 34 ans et mon activité me permet toute latitude pour ce qui touche au lieu et aux autres modalités de l'exercice de mon appétit. J'ai déserté les masses froides pour un endroit quelque peu solitaire - du moins aux heures où je l'investis. J'ai fui un mouvement global et puissant qui avait fini par m'engloutir toute entière. Je suis un peu plus libre, et un peu plus contrainte en même temps. Mais les contraines sont différentes, et je trouve là l'espace dont j'ai besoin pour me mouvoir, respirer, manger, dormir... sereinement. Je n'interroge plus le fond de mon verre : j'ai l'âge de regarder la vie par où bon me semble, et parfois même de la trouver belle.
Publié dans : les yeux ouverts
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Lundi 8 juin 2009
On se permet parfois un détour en semaine, et on traîne un peu autour d'une table. Des petites mains papillonnent, l'ombre poudrée des fées volète dans la pièce, et les discussions s'engagent dans les petits rires...

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Publié dans : saisons
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Samedi 6 juin 2009
Au rayon des moments volés, quelques photos en stock à partager...
Une halte toulousaine, après avoir dévalisé Ombres Blanches (mais on n'a pas fini, il faudra revenir ; c'est que l'entreprise est ambitieuse !) et cherché un piano que l'on n'a pas trouvé.
Les jambes se délassent, les bras se décrispent, les livres s'ouvrent et les scènes se multiplient dans ce petit théâtre permanent de l'humanité.
Et le soleil en profite pour se coucher doucement.
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Publié dans : les petites histoires
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