Il y avait les départs en week-end prolongé, un match décisif de la saison de rugby, et une circulation d'enfer. On est restées
coincées au moins une demi-heure dans la voiture, un record depuis que nous vivons, travaillons et nous activons diversement dans une seule et même ville !
Et puisqu'on y est, voici le point de la situation en matière de transports polluants...
Nos déplacements les plus longs sont de 16km (aller), la distance entre la ville voisine et celle où l'on vit, nous y allons deux à trois fois par mois. Lorsque nous allons à Toulouse, le plus
souvent nous empruntons le train. Je laisse croire que Mamzelle a moins de 4 ans (c'est mal, demain j'arrête) et pour ma part j'ai opté pour une carte de réduction. Nous rechignons de plus en plus
à prendre la voiture, les distances nous paraissent plus grandes maintenant qu'on ne parcourt plus que quelques rares kilomètres... La moyenne annuelle était, depuis l'achat de la voiture il y a
plus de 3 ans, de 35000 km... soit beaucoup trop, même avec une machine anorexique !
L'Homme des bois covoiture depuis décembre. La petite voiture que nous avions achetée d'occasion (très d'occasion, en fait) avait un moteur déficient que nous avions dû changer (contre un moteur
d'occasion mais quasi neuf) l'an dernier. Le "nouveau" moteur a encore cassé. La voiture a été vendue une misère pour ses pièces détachées. Forts de cette expérience, nous avons décidé d'attendre
que son installation de travailleur indépendant se concrétise pour faire le point de nos besoins. Et ce soir nous apprenons qu'une voiture de la famille (achetée par l'Homme il y a 6 ou 7 ans,
cédée pour rien à sa soeur il y a 3 ans) devrait de nouveau être disponible. Attention attention, nous allons bientôt nous pavaner dans une Mercedes beige intérieur jaune et marron typique des
années 80. La grande classe ! (Mais au moins, ce matos là, il dure longtemps...)
Comme quoi, c'est pas mal de prendre le temps de réfléchir avant d'acheter...
En écho (un peu lointain) à Cécile, qui
n'hésite pas à reléguer ses enfants aux fourneaux ! Nous, on met notre progéniture au garage et on prend tranquillement des photos en attendant que ça brille !
Puis elle a dit :
Et bé tu sais, mes doudous ils adorent cette chanson.
Et moi aussi.
... Et par association d'idées, me voilà réfléchir aux ressemblances et aux rébellions.
Mais si elle me ressemblait vraiment, est-ce que je ne comprendrais pas mieux ce qui se joue ?
Et comment fait-on pour se rebeller contre un parent lui-même rebelle ?
(Et comment on arrête les questions qui tournent en boucle ?)
D'un coup de baguette magique, me voilàreplongéedans les équilibres à retrouver, les clés de
répartition à calculer et les tableaux de bord à inventer. Les réunions sont redevenues productives : avec ces nouveaux collègues du hasard, le travail court d'un point à l'autre, sans pause,
fluide et entraînant. Un drôle de courant qui me mène par mouvements alternatifs de la source - plan comptable et factures à l'appui - au fleuve - sur les berges des réflexions stratégiques.
Dorénavant, j'envisage dans le calme la boulimie de mon agenda et l'adoption future d'une des montres qui se meurent depuis 4 ans dans une jolie boîte en bois. Entre deux rendez-vous, je cherche
l'angle de communication propice pour le jour de la rencontre avec les financeurs.Dans mes moments de lucidité, je me
demande comment je parviens à revenir dans ce moule-là, et pourquoi j'y trouve la satisfaction qui me faisait tant défaut quand j'étais payée pour ce travail exactement.
Quoi qu'il en soit, on a beau être motivés, la route sera longue. Enfin, on en est à l'espérer...
... Et qui sous ses yeux fatigués retient un timide demi-sourire : ce soir, elle dort avec Maman. Ce qui n'est plus qu'un souvenir lointain revient caresser ce soir
l'étoffe de notre nuit. Le sommeil partagé que l'on surnommait entre adeptes le cododo. Cette merveilleuse façon de partager le dernier tiers de sa vie tout
contre la respiration de son petit, cet oubli particulier qui contiendra gestes tendres et oreilles aux aguets, chaleur et songes entremêlés. Je me souviens du temps d'avant ce changement majeur
pour nos conceptions du sommeil. De nos résistances grignotées nuit par nuit par la fatigue et par la manifestation évidente de ce qu'il nous faudrait accepter comme un besoin de notre fille, tout
simplement. De l'étrangeté soudaine de nos trois corps alignés. De la peur de manquer de place, d'air, de silence. Des positions qui peu à peu se sont trouvées, des bruissements qui ne faisaient
que nous conforter dans le cocon de nos rêves, de l'abandon tranquille qui a pris le pas sur les nuits trop blanches.
Et finalement, de l'indicible lien, de cette conscience palpable de notre complétude.
A 4 ans, elle a passé maintenant près de la moitié de ses nuits sans nous. Sa place reste toujours un peu vacante, je m'endors moins sereinement, je m'inquiète un peu dans la nuit et mes réveils
sont plus soudains. L'oisillon a quitté ce nid mais les fondations sont restées. Et l'instinct de la protéger continue de planer
au-dessus de la tête du lit, ses serres crispées dans une dentelle craintive qui effiloche mes rêves.
*
Hier ¤Ju¤ lézardait entre deux nuages, et Cécile nous emmenait, d'un saut dans le temps et dans l'espace, dans une lointaine
ville où défilait son précédent dimanche... pour nous faire profiter ensuite, sur la pointe des pieds, despremières tenues d'été! Mardi, Mema partage avec nous un bout de vie de famille, unepromenade entre fillesau petit goût de fraise du jardin :)
Waouh !
Et merci...
vos mots